Nos lec­teurs ont la pa­role

Tous les quinze jours, Var-ma­tin vous pro­pose de par­ti­ci­per à un dé­bat sur un thème d’ac­tua­li­té. Le su­jet du jour: in­hu­ma­tion ou cré­ma­tion, un choix dif­fi­cile?

Monaco-Matin - - Nice Matin C’Est Vous -

Prendre la dé­ci­sion entre in­hu­ma­tion ou cré­ma­tion est sou­vent dif­fi­cile pour les proches, prin­ci­pa­le­ment si le dé­funt n’a pas ex­pri­mé ses vo­lon­tés. La dé­ci­sion d’in­ci­né­rer ou d’en­ter­rer fait ap­pel à des convic­tions in­times, mais aus­si à des pra­tiques cultu­relles, re­li­gieuses ou par­fois éco­no­miques.

◆ Vous avez dé­jà pris cette dé­ci­sion pour un de vos proches ?

◆ Vos convic­tions vous ont dé­jà per­mis de faire un choix pour vous-même entre in­hu­ma­tion et cré­ma­tion ?

◗ La cré­ma­tion pour évi­ter le mau­vais en­tre­tien des tombes

Pour moi, le choix est évident. Je trouve ab­surde de voir dans notre ré­gion les ci­me­tières dou­bler leur sur­face pour ac­cueillir les tombes des nou­veaux ve­nus. La plu­part de ces nou­veaux ha­bi­tants n’ont comme moi pas de fa­mille pour en­tre­te­nir les tombes. Lais­sons la terre aux vi­vants ! J’ai choi­si la cré­ma­tion avec dis­per­sion des cendres. CH­RIS­TIAN ELUDUT

◗ L’in­ci­né­ra­tion est moins chère

L’in­ci­né­ra­tion est pour moi la meilleure so­lu­tion car l’autre re­vient trop cher. Sou­vent, la fa­mille, les en­fants ou autres proches ne montent pas au ci­me­tière, ce qui n’em­pêche pas de pen­ser au dé­funt. GEORGES POSNIC

◗ Un choix dif­fi­cile sans les di­rec­tives préa­lables du dé­funt

En fait le choix est dif­fi­cile se­lon que l’on est ce­lui qui part ou bien ce­lui qui reste. Faire le choix de l’in­ci­né­ra­tion peut être dif­fi­ci­le­ment vé­cu par ceux qui res­tent en vie, sur­tout si les cendres sont ré­pan­dues. Ceux qui partent veulent que leurs cendres in­tègrent un bel en­droit, afin aus­si que leur sou­ve­nir soit as­so­cié au site où les cendres ont été dis­per­sées. Ceux qui res­tent ont par­fois la né­ces­si­té d’un lieu de re­cueille­ment pour que, mal­gré l’ab­sence, quelque chose de ma­té­riel leur reste. Et puis pour tous ceux qui ne mar­que­ront pas l’his­toire, une belle pierre tom­bale si­gnée d une belle épi­taphe se­rait-elle la der­nière ga- rante de notre pas­sage sur terre ? NA­THA­LIE FRICHET (NICE)

◗ Un choix iden­tique dans toute la fa­mille

Per­sonne n’ayant le moindre sen­ti­ment re­li­gieux dans ma fa­mille ni dans celle de mon épouse, nos pa­rents ont été in­ci­né­rés et leurs cendres dis­per­sées sans au­cune cé­ré­mo­nie. Il en se­ra de même pour nous. MAX LOM­BARD

◗ L’in­hu­ma­tion pour se re­cueillir quelque part

Il y a des an­nées, ma ma­man s’est de­man­dée si elle de­vait être in­ci­né­rée ou in­hu­mée. Au dé­tour d’une conver­sa­tion, étant très proche d’elle, je lui avais de­man­dé d’être in­hu­mée, pour pou­voir me re­cueillir à un en­droit où je sau­rais que son corps re­po­se­rait. Elle est dé­cé­dée bru­ta­le­ment le 22 fé­vrier der­nier, et elle a été in­hu­mée dans le ca­veau fa­mi­lial à La­gou­bran ( Tou­lon) qui était jus­qu’à pré­sent vide. J’ai en­suite per­du mon pa­pa le 31 août, soit 6 mois après elle. Il a été in­hu­mé avec elle. C’était une évi­dence pour mes deux soeurs, mon frère et moi. Ils re­posent tous les deux en­semble main­te­nant et il au­rait été hors de ques­tion de pro­cé­der à une cré­ma­tion parce que je consi­dère qu’il ne reste rien, pas même un en­droit pour se re­cueillir. Un en­droit comme une tombe ou ils sont réel­le­ment et phy­si­que­ment. Un en­droit où je peux me re­cueillir et al­ler les « voir » aus­si sou­vent que pos­sible. LO­RIS LOMBARDI

◗ L’in­ci­né­ra­tion pour tour­ner la page après la mort d’un proche

Je pense qu’il est utile de se dire que notre vie est unique. On peut avoir des pro­blèmes dif­fé­rents, mais le plus im­por­tant c’est d’être en vie ! De ce fait, les sou­ve­nirs que je lais­se­rai à mon gar­çon, ce sont des images qu’il au­ra dans sa tête et qui lui ser­vi­ront à avan­cer. Je ne veux pas que mon gar­çon vienne se re­cueillir sur une tombe où se­rait en­ter­ré son pa­pa. Non. Je pense que de­ve­nir pous­sière, cendre est in­dis­pen­sable pour dire « Pa­pa n’est plus là, avance » . Voir une urne est trau­ma­ti­sant mais c’est là où on se dit : « ça y est, c’est fi­ni ». CÉ­DRIC BRUNETEAU-TRINH

◗ La cré­ma­tion par convic­tions fa­mi­liales

Tout d’abord dans ma fa­mille nous avons tou­jours par­lé de la mort avec sim­pli­ci­té, sans ta­bou et sans com­plexe. La cré­ma­tion sui­vie de la dis­per­sion des cendres en mer est dans nos convic­tions fa­mi­liales. Notre choix est ba­sé sur l’amour de la mer et de la na­ture. Nous re­tour­nons à la mer. Je vais al­ler plus loin dans le dé­bat car je suis pro­fes­sion­nel du fu­né­raire. Avant de m’oc­cu­per des ob­sèques d’une per­sonne, je dis­cute lon­gue­ment avec la fa­mille du dé­funt. Si le dé­funt a fait un tes­ta­ment ob­sèques, nous res­pec­tons ses vo­lon­tés et nous sommes là pour ac­com­pa­gner les fa­milles à l’ac­cep­ta­tion des choix de son dé­funt. S’il n’y a pas de vo­lon­té, j’écoute lon­gue­ment les gens afin de leur pro­po­ser la meilleure so­lu­tion et la plus adap­tée à leurs voeux, à ce­lui du dé­funt et à leur bud­get. Le choix entre la cré­ma­tion et l’in­hu­ma­tion ne doit pas être une ques­tion d’ar­gent, mais une vo­lon­té et une convic­tion. Il faut res­pec­ter les sen­si­bi­li­tés de cha­cun. Ce­la me pa­raît d’une ex­trême im­por­tance. SAN­DRA CAISSOTI

◗ L’in­hu­ma­tion par choix re­li­gieux

J’ai choi­si l’in­hu­ma­tion et j’ai si­gné une conven­tion ob­sèques au­près de ma banque pour que mes des­cen­dants aient le moins de frais pos­sible. J’ai pris cette dé­ci­sion car je suis ca­tho­lique non pra­ti­quant, étant éle­vé par des pa­rents chré­tiens. Je ne suis pas prêt pour une cré­ma­tion. IRÉ­NÉE EU­GÈNE

(Photo doc Var- ma­tin)

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