Nice: bra­quage ex­press et vague d’ef­froi à TNL

L’ir­rup­tion, dans la ga­le­rie com­mer­ciale de Car­re­four TNL, d’une mo­to et d’un scoo­ter avec des hommes ar­més qui ve­naient piller une bi­jou­te­rie a fait craindre le pire, hier, aux pre­miers clients

Monaco-Matin - - Côte D’azur - GUILLAUME BER­TO­LI­NO gber­to­li­no@ni­ce­ma­tin.fr

Le bra­quage ex­press, réa­li­sé, hier, par trois in­di­vi­dus ju­chés sur une mo­to et un scoo­ter à l’ou­ver­ture du centre com­mer­cial TNL, à Nice- Est dans le quar­tier Ri­quier-Ré­pu­blique, a re­plon­gé pen­dant un ins­tant les Ni­çois qui s’y trou­vaient dans les heures les plus sombres de l’été der­nier. « On a cru qu’il s’agis­sait d’un attentat… » ex­plique une jeune fille qui tra­vaille dans la phar­ma­cie. Elle se trouve face à la bou­tique His­toire d’Or, la vé­ri­table cible des trois mal­fai­teurs qui ont fait main basse sur le ma­got en moins de cinq mi­nutes.

Les mo­tos entrent dans le centre

Il est dix heures. Le centre com­mer­cial vient d’ou­vrir. Les bou­tiques at­taquent dou­ce­ment leur jour­née. Sou­dain, dans un va­carme ter­ri­fiant, une mo­to de grosse cy­lin­drée et un scoo­ter font ir­rup­tion dans le centre par l’en­trée si­tuée bou­le­vard Del­fi­no. Les pneus crissent. Les mo­teurs ru­gissent. Les gens ont peur. « De quoi s’agi­til ! » Hurlent les uns. « On nous at­taque » , s’in­quiète la grande ma­jo­ri­té. « Quand j’ai vu l’arme, j’ai cou­ru à toute vi­tesse vers l’ex­té­rieur » re­con­naît cet em­ployé de la phar­ma­cie qui,

dans le même temps, ferme son ri­deau mé­tal­lique et pro­tège ses clients. Même ré­ac­tion dans les bou­tiques voi­sines. Pas à His­toire d’Or, la bi­jou­te­rie si­tuée juste en face. C’est elle qui at­tire les trois in­di­vi­dus, en­ca­gou­lés et cas­qués. Alors qu’un pre­mier in­di­vi­du des­cend de sa mo­to, une masse à la­main, un se­cond met en joue les gens qui courent dans tous les sens. Le troi­sième rafle les bi­joux qui se trouvent sur

un pré­sen­toir. D’après plu­sieurs té­moins, les mal­fai­teurs semblent ner­veux. Ils crient de se « dé­pê­cher » à ce­lui qui est char­gé de rem­plir le sac. Moins de cin­q­mi­nutes plus tard, ils dé­talent sur leurs en­gins par là où ils sont en­trés.

Ils fi­nissent à pied

Sur le bou­le­vardDel­fi­no, ils tracent tout droit en di­rec­tion de la rue Ab­bé-Sal­vet­ti, 250 m plus loin.

Là, ils aban­donnent les deux- roues. C’est à pied qu’ils fi­nissent leur course. Se­lon un té­moin : « Je me suis dit que quelque chose d’anor­mal se pas­sait. Ils por­taient des ca­goules, des dou­dounes et des sacs. Ils criaient. Ils vou­laient par­tir vite en di­rec­tion des rues Bar­be­ris, Fon­taine-de- laVille ». Ce se­ra la der­nière trace des au­teurs d’un casse qui a pro­vo­qué une belle pa­nique dans l’aile sud du cen-

tre com­mer­cial. « On est tous sous le choc. On a en­core en mé­moire ce qu’il s’est pas­sé le 14 juillet. Quand on a en­ten­du ces bruits de mo­teurs… Mon dieu, j’ai cru qu’ils al­laient tous nous tuer » sou­pire cette autre em­ployée en train de se re­mettre de ses émo­tions quelques mi­nutes après. Pour cette re­trai­tée qui s’est re­trou­vée face aux mal­frats en re­mon­tant du par­king par les es­ca­la­tors: « Je suis res­tée fi­gée. Je ne sa­vais pas quoi faire, il avait son arme dans ma di­rec­tion. Et puis ils sont par­tis. J’ai eu si peur » . Hier, en fin de jour­née, la po­lice ju­di­ciaire, sai­sie de l’en­quête et qui n’a pas sou­hai­té pré­ci­ser le mon­tant du bu­tin pour des rai­sons de sé­cu­ri­té, di­sait pour­suivre les consta­ta­tions. Les trois in­di­vi­dus n’étaient tou­jours pas lo­ca­li­sés.

Vague de peur et casse ex­press, hier ma­tin à l’ou­ver­ture du centre com­mer­cial Nice TNL.

(Pho­to J.-F. Ot­to­nel­lo)

C’est rue Ab­bé-Sal­vet­ti, à deux pas du centre com­mer­cial, que les deux en­gins ont été aban­don­nés par les au­teurs du casse.

(Pho­tos Fran­çois Vi­gno­la)

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.