« Ac­com­pa­gner la so­cié­té qui avance»

Monaco-Matin - - Face À La Rédaction -

Les en­quêtes d’opi­nion vous cré­ditent de  % des votes au pre­mier tour. Croyez-vous en­co­re­pos­si­blede ren­ver­ser la si­tua­tion, ou bien cette course est-elle dé­sor­mais pour vous le seul­moyen de faire connaître vos idées?

Vous pour­riez ci­ter celles qui me donnent à  % ou à  %, ce se­rait plus sym­pa! Mais re­gar­dons les choses en face: j’ai lan­cé ma cam­pagne bien après les autres. Il y a d’abord eu six mois de dé­bat sur l’en­jeu des par­rai­nages, du­rant les­quels on a bien sen­ti que cer­tains can­di­dats se­raient vo­lon­tiers res­tés entre eux. Ce n’est que de­puis quelques se­maines que je peux par­ta­ger mon pro­jet avec les Fran­çais: ce­lui d’une droite qui a choi­si d’em­bras­ser le pro­grès et d’ac­com­pa­gner la nou­velle so­cié­té qui avance.

Vous pen­sez qu’il vous est pos­sible de rat­tra­per le re­tard?

Compte te­nu de ce han­di­cap de dé­part, je ne me fo­ca­lise pas sur les son­dages! Mon pre­mier ob­jec­tif dans cette pri­maire est d’im­po­ser un agen­da dif­fé­rent. Le dé­bat po­li­tique s’est suc­ces­si­ve­ment en­fer­ré dans la dé­chéance de na­tio­na­li­té, le droit du sang, le bur­ki­ni, les Gau­lois puis le lob­by sio­niste! Je veux au contraire que dans la pri­maire, on parle édu­ca­tion, san­té, éco­lo­gie, trans­for­ma­tion nu­mé­rique dans le monde du tra­vail, re­traites… Bref, des at­tentes ma­jeures du quo­ti­dien des Fran­çais. Et je trouve d’ailleurs que l’on marque des points en ce sens. Mon deuxième ob­jec­tif est de faire en­tendre une voix dif­fé­rente. Il y a deux droites dans cette pri­maire. Et je ne veux pas qu’une seule puisse se faire en­tendre, sim­ple­ment parce qu’elle a par­lé plus fort jus­qu’à pré­sent.

Cette droite-là est de plus en plus à droite?

Il y a une droite de conser­va­tion, une droite qui joue sur les peurs, cultive le confort des ra­cines… Une droite qui pro­nonce vo­lon­tiers des ex­clu­sions et cultive les cli­vages. Moi, je dé­fends une droite de pro­grès, et je m’ins­cris dans une lo­gique de ras­sem­ble­ment pour construire l’al­ter­na­tive à Fran­çois Hol­lande etàMa­rine Le Pen.

Quand Ni­co­las Sar­ko­zy se dé­clare prêt à vo­ter à gauche pour bar­rer la route du FN, ça vous ras­sure?

Je pré­fère quand il re­vient à cet­te­po­si­tion-là, qui fut la sienne par le pas­sé et qu’il avait com­plè­te­ment aban­don­née. Je trouve en­même temps ce­la sur­pre­nant puisque j’ai dû quit­ter la di­rec­tion du par­ti, pré­ci­sé­ment parce que je dé­fen­dais cette po­si­tion. En ef­fet, pour ma part, j’ai tou­jours été d’une grande constance sur cette va­leur car­di­nale de mon en­ga­ge­ment po­li­tique!

Vous avez eu des contacts avec lui de­puis votre ex­clu­sion?

La der­nière fois que j’ai vu Ni­co­las Sar­ko­zy en pri­vé, c’était au­tour d’un ca­fé en juillet der­nier, à son in­vi­ta­tion. Nous avions pris acte de cer­tains désac­cords, au­tour de cette ques­tion du « ni-ni » no­tam­ment.

Est-ce que vous vous ins­cri­vez dé­jà dans la dé­marche de sou­te­nir l’un des deux can­di­dats du se­cond tour?

C’est une ques­tion à la­quelle je ré­pon­drai au len­de­main du pre­mier tour. J’ai pas­sé six mois dans cette cam­pagne à par­ler des par­rai­nages. J’en­tends mettre à pro­fit les der­nières se­maines de cam­pagne pour va­lo­ri­ser les dif­fé­rences de mon pro­jet et leur don­ner le maxi­mum de poids dans les équi­libres po­li­tiques qui se construi­ront en­suite.

Est-ce que vous par­ta­gez l’opi­nion d’Alain Jup­pé qui dé­fend, contre l’avis de Ni­co­las Sar­ko­zy, une pri­maire ou­verte éga­le­ment à la gauche?

La pri­maire est ou­verte! C’est même son nom! Tous ceux qui veulent l’al­ter­nance peuvent ve­nir vo­ter. Ce n’est pas aux can­di­dats de trier les élec­teurs. C’est aux élec­teurs de choi­sir leur can­di­dat. Pour moi, ce scru­tin est ou­vert à tous ceux qui ne veulent plus de Fran­çois Hol­lande et qui ne veulent pas de Ma­rine Le Pen. Je veux faire émer­ger une droite ré­pu­bli­caine, forte, qui ras­semble la droite et le centre…

Une droite qui res­semble à celle d’Alain Jup­pé...

Per­sonne n’a de­mo­no­pole. En­suite, il y a une évi­dence: pour ga­gner, il faut ras­sem­bler.

Par­ti­ci­pe­rez-vous à la cam­pagne de Ni­co­las Sar­ko­zy s’il rem­porte la pri­maire?

Nous nous sommes tous en­ga­gés à nous réunir der­rière le vain­queur. Il n’y a donc au­cun dé­bat de loyau­té. Mais ce­la ne m’em­pêche pas de dé­fendre au­jourd’hui mes convic­tions.

Les cercles bien in­for­més vous pré­sentent dé­jà comme mi­nistre d’Alain Jup­pé. Avez-vous eu des échanges avec lui à ce su­jet?

Non, ça ne semble pas être sa ma­nière de faire, ce n’est pas ma fa­çon d’être. Je mets tou­te­mon éner­gie dans cette cam­pagne. Si ce­la avait été pour né­go­cier un poste ou une place, ç’au­rait été plus fa­cile de le faire tout de suite.

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