Comme dans un rêve

Tou­jours in­vain­cu en cham­pion­nat, l’OGCNice a ba­layé Nantes et pris six points d’avan­ceàMo­na­co

Monaco-Matin - - Sports - VINCENT MENICHINI

On s’est long­temps pin­cé pour y croire, mais à for­ce­de­dé­pous­sié­rer les re­cords et de mar­cher sur la Ligue , l’OGC Nice s’avance vers un des­tin ex­quis. Le Gym lea­der, ça ne choque plus grand-monde, et c’est aus­si la preuve qu’il a chan­gé de monde et qu’il ne peut plus être consi­dé­ré comme le tube de l’été ou de l’au­tomne. Ce­lui­ci per­dure dans le temps. C’est une sym­pho­nie si sa­vou­reuse, concoc­tée par Lu­cien Favre et ses hommes, qu’on ai­me­rait qu’elle ne s’ar­rête ja­mais et qu’elle nous em­porte jus­qu’au bout. Au bout, c’est loin, mais après tout, pour­quoi ne pas pen­ser que le Gym est fait pour du­rer ? Hier, contre Nantes, il a une fois en­core tra­ver­sé quelques trous d’air, mais ilaeu le cran de s’en sor­tir avec brio pour en­chaî­ner une sixième vic­toi­rede suite en Ligue  (sept toutes com­pé­ti­tions confon­dues). Sans for­cer, il a fait le spec­tacle, pris des risques dans ses sor­ties de balle, ser­vant à l’Al­lianz Ri­vie­ra un di­manche de rêve. Voi­ci quelques-unes des clés de­la folle réus­site de l’OGC Nice...

Tous dingues de Favre

Quand on lance les joueurs ni­çois sur le­su­jet de leur en­traî­neur, leurs yeux s’ouvrent en grand et les éloges pleuvent. « C’est un coach à part, une per­sonne rare » , pose You­nès Bel­han­da, comme une forme d’hom­mage. « Il est cha­leu­reux, ex­plique tou­jours ses choix aux rem­pla­çants et même à ceux qui ne sont pas dans le groupe » , dé­ve­loppe l’in­ter­na­tio­nal ma­ro­cain, tom­bé sous le charme du tech­ni­cien dès les pre­miers jours pas­sés sous ses ordres. « C’est un coach pour qui j’ai beau­coup d’es­time, que j’aime beau­coup, ap­puie Jean-Mi­chael Se­ri. On forme une vraie fa­mille au sein de la­quelle l’état d’es­prit est for­mi­dable. Sans ce­la, même avec de grands joueurs, vous ne pou­vez ar­ri­ver à rien. » Sur le plan tac­tique, Lu­cien Favre ne laisse rien au ha­sard, cher­chant constam- men­tà­dé­ve­lop­per le po­ten­tiel de ses joueurs qui ont dé­cou­vert une mé­thode nou­velle. Du­rant l’été, le Suisse n’a pas hé­si­té à concoc­ter des séances de près de trois heures ma­tin et après-mi­di. « On n’avait ja­mais connu ça, mais à l’ar­ri­vée, les ré­sul­tats sont là. C’est que le tra­vail a por­té ses fruits » , dé­crypte Yoan Car­di­nale. Après le match contre Nantes, Dante, qui en a vu d’autres dans sa car­rière, a aeudes mots forts dans l’in­ti­mi­té du ves­tiaire « J’ai 33 ans, et je n’ai ja­mais pris au­tant de plai­sir dans une équipe », a-t-il lan­cé en co­mi­té res­treint. Ve­nant d’un an­cien joueur du Bayern Mu­nich, club avec le­quel il a rem­por­té laLi­guedes cham­pions en 2013, ça veut dire beau­coup.

Le Gym, c’est show

Quatre buts à Metz, quatre hier contre Nantes. C’est le ta­rif du­mo­ment avec le Gym qui en avait éga­le­ment col­lé au­tant à Mo­na­co cou­rant sep­tembre. « On a une telle force de frappe qu’on peut faire mal à n’im­porte quel mo­ment » , confie Ar­naud Sou­quet. Après la réus­site du 3-5-2, Nice s’éclate de­puis deux ren­contres en 4-3-3, un sché­ma qui plaît da­van­tage au groupe et qui met, entre autres, en­va­leur le ta­lent de Cy­prien et Se­ri dans l’en­tre­jeu. « Par mo­ments, j’ai eu l’im­pres­sion de faire un to­ro » ,a même avoué le mi­lieu nan­tais Guillaume Gillet, dé­con­te­nan­cé par l’ai­sance tech­nique de cette équipe ni­çoise qui ré­gale par des sor­ties de balles im­pro­bables, mais aus­si par cette ca­pa­ci­té à pu­nir son ad­ver­saire au moindre re­lâ­che­ment.

Plea- Ba­lo­tel­li- Bel­han­da, ça marche !

Tout au long de la se­maine, Lu­cien Favre a fait pla­ner le doute sur sa vo­lon­té (ou pas) d’ali­gner pour la pre­mière fois de la sai­son le trio Plea-Ba­lo­tel­li-Bel­han­da en at­taque. « On l’a fait, peu­têtre au dé­tri­ment de l’équi­libre de l’équipe par mo­ments » , a-t-il re­con­nu, tou­jours aus­si per­fec­tion­niste, après Nantes. Car, sur ce qu’ils ont mon­tré hier, ces trois-là ne peuvent que bien s’en­tendre. Sur les cô­tés, Plea et Bel­han­da ont cette ca­pa­ci­té à en­chaî­ner les courses de re­pli, qua­li­té es­sen­tiel­le­pour Fa­vre­dans ce sys­tème. Ils savent aus­si créer le dés­équi­libre dans le camp ad­verse, l’un par ses dribbles et l’au­tre­par sa force de per­cus­sion. En pointe, Ba­lo­tel­li n’a pas tout réus­si, mais il est dans le coup sur trois des quatre buts de son équipe.

Et pour­quoi pas le Gym ?

Se po­ser la ques­tion, c’est en par­tie y ré­pondre. Nice

réa­lise une en­tame de cham­pion­nat ex­cep­tion­nelle qui ne doit lui in­ter­dire au­cune fo­lie. Son ef­fec­tif est com­po­sé de gar­çons rom­pus au très haut-ni­veau (Dante, Ba­lo­tel­li, Bel­han­da, Bod­mer…), ses re­crues sont des ren­forts de pre­mier plan et ceux qui étaient là la sai­son der­nière n’ont tou­jours pas fi­ni de sur­prendre. Et puis, pour l’heure, ilyaaus­si ce­brin de réus­site qui fait tour­ner les têtes. « Les vôtres, peut-être, mais nous, on garde les pieds sur terre » , conclut Sou­quet.

(Pho­to Jean-Fran­çois Ot­to­nel­lo)

Se­ri, Plea, Cy­prien et Ri­car­do sont au- des­sus en ce dé­but de sai­son. La France du foot­ball est raide dingue de cet OGC Nice..

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