En co­lère

Les agents de la SNCF ont fait va­loir leur droit de re­trait après l’agres­sion de trois des leurs lors d’un contrôle dans un train ex­press ré­gio­nal sur la ligne Cannes-Grasse

Monaco-Matin - - La Une - GRÉ­GO­RY LE­CLERC gle­clerc@ni­ce­ma­tin.fr

Les agents de la SNCF ont fait va­loir, hier, leur droit de re­trait après l’agres­sion de trois des leurs lors d’un contrôle dans un TER cir­cu­lant entre Grasse et Mouans-Sar­toux. Consé­quence : le tra­fi­caé­té très per­tur­béà Mo­na­coet dans les Alpes-Ma­ri­times.

Les agents SNCF ont fait va­loir leur droit de re­trait hier après l’agres­sion, le ma­tin, de trois contrô­leurs à bord d’un TER cir­cu­lant entre Grasse et Mouans- Sar­toux. Consé­quence: sauf à de rares ex­cep­tions, plus un train ex­press ré­gio­nal en cir­cu­la­tion! Les che­mi­nots ont fi­na­le­ment re­pris le tra­vail dans la soi­rée après une ren­contre avec la di­rec­tion. L’agres­sion s’est dé­rou­lée à bord d’un TER par­ti de la ci­té des par­fums à 11h25. Deux jeunes, qui étaient mon­tés dans le train en gare de Grasse, au­raient in­di­qué aux contrô­leurs qu’ils achè­te­raient leur billet dans la rame en carte bleue, faute de temps. Quelques mi­nutes plus tard, lors du contrôle des titres de trans­port, les deux pas­sa­gers au­raient re­fu­sé de payer leurs billets. C’est alors qu’une ba­garre a écla­té. Les agents ont été bles­sés. L’un a re­çu un coup au crâne, l’autre au­rait eu le poi­gnet cas­sé, le troi­sième a été très lé­gè­re­ment bles­sé. Ils ont été conduits à l’hô­pi­tal, puis ont dé­po­sé plainte. Toute la jour­née, le tra­fic a été très per­tur­bé dans le dé­par­te­ment. Les li-

gnes Nice-Vin­ti­mille, Ni­ceTende, Cannes-Grasse et Nice-Les Arcs Dra­gui­gnan ont été im­pac­tées.

Sé­cu­ri­té ren­for­cée

Hier soir, laCGT che­mi­nots,

qui dé­nonce un manque de moyens gé­né­ra­li­sé dans les trains, es­ti­mait avoir ob­te­nu gain de cause après la ren­contre avec la di­rec­tion ré­gio­nale. « La sû­re­té des agents et des voya­geurs ne

doit pas être la va­riable d’ajus­te­ment entre la SNCF et le conseil ré­gio­nal », s’est in­sur­gé Na­jim Ab­del­ka­der, se­cré­taire gé­né­ral de la CGT che­mi­nots. Il af­firme que cette ligne, ou­verte en 2006,

est la proie de pro­blèmes ré­cur­rents de sé­cu­ri­té. Les che­mi­nots au­raient ob­te­nu que la Sû­re­té fer­ro­viaire soit pré­sente le mer­cre­di après-mi­di, ain­si que les sa­me­dis et di­manches. « Jusque-là, ils n’étaient pré­sents qu’aléa­toi­re­ment. » Une qua­trième équipe de­vrait ve­nir prê­ter main-forte de­puis Pa­ris dès le week-end pro­chain. « Quant à la pré­fec­ture, elle nous a in­di­qué qu’elle don­ne­rait une ré­ponse dès ce mar­di sur d’éven­tuelles tour­nées po­li­cières sur cet axe », a conclu le syn­di­ca­liste.

Les deux agres­seurs re­cher­chés

Ch­ris­tian Es­tro­si, pré­sident du Conseil ré­gio­nal, a dé­non­cé cet acte de vio­lence. « Cette agres­sion in­ac­cep­table ne fait que me ren­for­cer dans la dé­ci­sion d’étendre la vi­déo pro­tec­tion dans les gares et de mettre en place des équipes mo­biles d’in­ter­ven­tion dans nos TER. Telle est plus que ja­mais notre prio­ri­té. Je veux dire en­fin toute ma so­li­da­ri­té avec l’en­semble des agents de la SNCF dont je par­tage l’émo­tion. » L’en­quête, confiée à la gen­dar­me­rie, avance ra­pi­de­ment. Après la ba­garre, les deux jeunes ont pu s’échap­per. Mais les élé­ments re­cueillis sur place pour­raient per­met­trede les confondre.

(Pho­to Jean-Fran­çois Ot­to­nel­lo)

Trains à l’ar­rêt, tra­fic for­te­ment per­tur­bé toute la jour­née : les quais se sont vi­dés hier (ici à Nice), les voya­geurs cher­chant une so­lu­tion al­ter­na­tive.

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