Jean et Da­nièle Lo­ren­zi: l’his­toi­red’una­mour

Une ré­tros­pec­tive du tra­vail de ce couple d’ar­tistes mo­né­gasques met en lu­mière une créa­tion pro­li­fique por­tée par un amour to­tal qui les a nour­ris pen­dant trente ans

Monaco-Matin - - Monaco | Culture - CE­DRIC VERANY cve­ra­ny@mo­na­co­ma­tin.mc

Elle le glisse en finde vi­site, « on s’est beau­coup ai­més avec Jean » , mais l’ex­po­si­tion par­led’elle-même. Après un an et de­mi de pré­pa­ra­tion, Da­nièle Lo­ren­zi-Scot­to pré­sente jus­qu’au 16 no­vembre une ré­tros­pec­tive de son tra­vail et de ce­lui de son ma­ri, Jean Lo­ren­zi, dis­pa­ru en 1989. Elle a ré­pon­du fa­vo­ra­ble­ment à la pro­po­si­tion de la di­rec­tion des Af­faires cultu­rel­les­pour cet­te­pré­sen­ta­tion en 240 oeuvres du tra­vail pic­tu­ral de ce couple mo­né­gasque. En fi­li­grane, la fu­sion­nelle his­toire d’amour de deux ar­tistes. Elle, pro­fes­seur de des­sin for­mée aux Beaux-Arts à Flo­rence et qui di­ri­gea l’école d’arts plas­tiques de la Prin­ci­pau­té. Lui, avo­cat et bâ­ton­nier. Ils se ren­contrent en 1963. Les vingt ans d’écart ne comptent pas. « On ne s’est pas connus, on s’est re­con­nus, comme si l’on se connais­sait d’ailleurs » . Leur pre­miè­re­des­ti­na­tion fut Ve­nise. « On de­vait faire une fugue de deux jours. Nous sommes res­tés un mois, Ve­nise nous a ins­pi­rés », glisse Da­nièle Lo­ren­zi-Scot­to dans un rire. Cette es­ca­pade fon­da­trice de leur amour l’est aus­si pour leur tra­vail. En­semble, ils passent deux heures à noir­cir des car­nets, at­ta­blés au Ca­fé Flo­rian à cro­quer les pas­sants. Un tra­vail qui oc­cupe la pre­mière salle dans la scé­no­gra­phie pen­sée par Li­dia Car­rion.

« Nous étions com­plé­men­taires »

Elle avait choi­si la pein­ture à l’huile. Lui, le des­sin. « Jean avait une ima­gi­na­tion dé­bor­dante et tou­chait à tout. Moi, je suis res­té dans la pein­ture » . Chaque ma­tin, « même quand il a été à la re­traite » , il tra­vaillait dans son ate­lier à l’aube. Pro­li­fiques à ou­trance. Toiles, des­sins, poèmes. Quand il écrit, elle illustre et vice-ver­sa. En­semble, le couple Lo­ren­zi a si­gné des di­zaines d’ou­vrages. Des poèmes d’amour à un livre de re­cet- tes de cui­si­ne­mo­né­gasque illus­tré. Ils ont même tra­vaillé à la concep­tion d’un opé­ra. Leur tra­vail, entre por­traits, cro­quis et des­sins oni­riques, parle aus­si au­pa­tri­moine de la Prin­ci­pau­té. Àson his­toire, à son re­lief et la par­ti­cu­la­ri­téde la lu­mière de Mé­di­ter­ra­née. « Nous avons tou­jours par­ta­gé notre ate­lier, nous étions com­plé­men­taires » . La­vie les sé­pare à la fin de l’an­née 1989. Da­niè­leLo­ren­zi-Scot­to a gar­dé leur ate­lier d’Os­pe­da­let­ti. Et à conti­nuerà­pro­duire. Des toiles plus éva­nes­centes, épu­rées. Et le sou­ve­nir d’un amour in­dé­lé­bile, comme elle le livre aux vi­si­teurs en fin de par­cours, « il n’y a ja­mais de fin à une his­toire d’amour. Elle se rap­pelle à nous et re­vient comme le res­sac de la mer, sans fin. Je l’en­tends chaque jour et je conti­nue de créer parce que c’est conti­nuer à ai­mer Jean » . Sa­voir + Jean et Da­nièle Lo­ren­zi-Scot­to. Ex­po­si­tion Une ren­contre, jus­qu’au 16 no­vembre à la salle du quai An­toine-1er. En­trée libre.

(Pho­tos C.V.)

Da­nièle Lo­ren­zi-Scot­to de­vant le por­trait qu’elle avait fait de son ma­ri, Jean et le por­trait qu’il avait fait d’elle.

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