Ghost in­ves­ti­ga­tion

Ro­main et Ni­co­las sont des tra­queurs de fan­tômes. Ils aident des per­sonnes « han­tées » et sillonnent des ruines comme celles de afin de dé­mon­trer l’exis­tence de phé­no­mènes pa­ra­nor­maux

Monaco-Matin - - Autour De Monaco - STÉ­PHA­NIE WIÉLÉ swiele@ni­ce­ma­tin.fr

Ca com­mence tou­jours par une « prise de con­tact ». Dans la pé­nombre oua­tée des ruines de l’église de Cas­tillon, Ro­main Gor­lez et Ni­co­las Vo­ra se pré­sentent cha­cun leur tour et dé­taillent leurs in­ten­tions aux éven­tuels fan­tômes qui han­te­raient les lieux. « Nous ne sommes pas là pour vous faire fuir ou pour vous per­sé­cu­ter. Mais sim­ple­ment pour sa­voir si vous sou­hai­tez vous ma­ni­fes­ter… » Des pa­roles douces et mo­no­tones qui coulent comme une mu­sique apai­sante en cette fin de jour­née. Et alors même que le moindre bruit de vent fait tres­saillir le coeur… Âgés tous deux de 24 ans, les amisd’en­fance ont lan­cé l’as­so­cia­tion ERPI pa­ra­nor­mal sur Nice, l’an der­nier. Les aven­tu­riers de l’au-de­là se dé­fi­nissent comme des « tra­queurs de fan­tômes » mais sur­tout pas comme des « chas­seurs » . Exit donc la pour­suite de dé­mons gluants et gras­souillets à l’image du film SOS fan­tômes ( Ghost­bus­ters en an­glais). Dé­jà, la­ques­tion de l’ar­gent, on la range dans le cer­cueil. « À chaque fois que l’on in­ter­vient, c’est gra­cieu­se­ment. Notre but c’est d’ai­der les gens avant tout et pas de nous ré­mu­né­rer avec leur peur. » Et pas ques­tion d’en­quê­ter dans les ci­me­tières. Bien trop glauque. « Et pour le res­pect de nos morts… » pauses. J’ai sen­ti une boule chaude se col­ler contre mon dos puis j’ai été grif­fé avant de sen­tir un gro­gne­ment. Au même mo­ment ma porte – qui se ferme de l’in­té­rieur – s’est ver­rouillée toute seule. Mon père m’a en­ten­du crier et n’a pas pu ren­trer. Puis la porte s’est rou­verte… », ra­conte-t-il. L’an­cien mi­li­tai­rea été to­ta­le­ment bou­le­ver­sé. Pour son ami Ro­main, l’ex­pé­rience in­ex­pli­quée re­monte à l’ado­les­cence. « J’étais dans mon lit lorsque ma chaise de bu­reau s’est mise à tour­ner au-des­sus de ma tête. Le len­de­main ma­tin, elle avait été dé­pla­cée dans le sa­lon » , livre-t-il dans un mou­ve­ment de fris­son. Il y a un an, les « tra­queurs » d’es­prits ont­me­né leur pre­miè­re­mis­sionàCagnes-surMer. « C’est une fa­mille qui nous a ap­pe­lés car leur fille était ré­gu­liè­re­ment ré­veillée en pleine nuit. Un jour, le père a en­ten­du une voix de femme dans la chambre de son en­fant. » Les en­quê­teurs ont ef­fec­tué leur « prise de con­tact » et ont at­ten­du qua­tre­heures avant l’évé­ne­ment sur­na­tu­rel. « Il y a eu des coups bru­taux dans les murs et des yeux clairs sont ap­pa­rus dans le noir sans cil­ler… » À ce mo­ment, la fa­mille au­rait re­con­nu une vieille femme vi­vant dans l’im­meuble. Une femme dé­cé­dée qui s’oc­cu­pait de la pe­tite fille. En dé­fi­ni­tive, plu­tôt le pro­fil d’un gen­til Cas­per que d’une mé­chante Dame blanche. « Les pa­rents ont été ras­su­rés de sa­voir qu’il ne s’agis­sait pas d’une mau­vaise âme. » Des verres qui se dé­placent seuls ou des mou­ve­ments qui font bou­ger des ri­deaux comme des fan­tômes dan­sants… Ni­co­las et Ro­main tentent de prou­ver l’exis­tence spec­trale. « Est-ce des âmes qui ne sou­haitent pas pas­ser “de l’autre cô­té” ou qui ne savent pas qu’elles sont dé­funtes? Il y a beau­coup d’hy­po­thèses. » Des fan­tômes près de nous. Une idée chi­mé­rique? « Com­ment ex­pli­quer que des cen- taines d’an­nées plus tard, les mêmes his­toires vé­cues par des gens qui ne se sont ja­mais vus, qui ne se connaissent pas puissent re­prendre vie? » D’ailleurs Ni­co­las Vo­ra in­vite les plus in­tré­pides lec­teurs à faire le test de la flamme: fe­nêtres fer­mées et dans le noir, il faut veiller au mou­ve­ment de la chan­delle qui dore les murs, tout en in­ter­ro­geant l’es­prit. et notre dé­marche peut faire peur » , concède Ni­co­las en col­lant son ca­mé­scope près de ses che­veux aus­si noirs que le plu­mage d’un cor­beau. Ce jour-là, ils choi­sissent le pay­sage dé­chi­que­té de l’an­cien vil­lage de Cas­tillon. Un lieu qui a connu des guerres et des séismes et pour­rait être han­té. Ca­mé­ra in­fra­rouge, en­re­gis­treur, ap­pa­reil pho­to, ra­dio, cap­teur de fré­quence élec­tro­ma­gné­tique… Le ma­té­riel est dis­po­sé dans l’église éven­trée de toute part. Il fau­dra at­tendre que les tra­queurs vi­sionnent les nom­breuses bandes pour sa­voir si un re­ve­nant s’est prê­té au sel­fie… En at­ten­dant, « les tra­queurs » sont ap­pe­lés pour ce 1er no­vembre à Nice. « Une dame pense que son ma­ri est comme pos­sé­dé par un es­prit… » Qu’on y croit ou pas, leur dé­marche a de quoi re­tour­ner l’es­prit.

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