Pierre-Paul Léo­nel­li (LR) re­vi­site la­fonc­tion pu­blique

Monaco-Matin - - Côte D’azur - TH. P.

Qu’on se ras­sure. Chez Les Ré­pu­bli­cains, les ques­tions d’iden­ti­té, d’im­mi­gra­tion et de sé­cu­ri­té n’oc­cultent pas tout. Voi­ci quelques mois, Ni­co­las Sar­ko­zy a confié à Pierre-Paul Léo­nel­li, se­cré­taire na­tio­nal du par­ti, une mis­sion de ré­flexion sur la fonc­tion pu­blique. Le conseiller ré­gio­nal et ad­joint au maire ni­çois vient de rendre ses conclu­sions, les­quelles ne sont pas tou­jours dans le droit fil des dis­cours des can­di­dats à la pri­maire de la droite… Car la fonc­tion pu­blique, soit cinq mil­lions de per­sonnes au­jourd’hui en France, Pierre- Paul Léo­nel­li, lui­même cadre de la fonc­tion pu­blique ter­ri­to­riale, y croit vis­cé­ra­le­ment. Il ne veut sur­tout pas la voir se dé­li­ter. « Sans ser­vice pu­blic, ré­sume-t-il, il n’y a pas de Ré­pu­blique. Il est l’un des fon­de­ments du mo­dèle fran­çais. » Prô­nant une adap­ta­tion plus prag­ma­tique qu’idéo­lo­gique, il ba­laie d’en­trée les op­tions telles que le non­rem­pla­ce­ment d’un fonc­tion­naire sur deux par­tant en re­traite – « dont on connaît les ef­fets dé­vas­ta­teurs dans la po­lice et l’en­sei­gne­ment » – ou la sup­pres­sion pure et simple de la fonc­tion pu­blique ter­ri­to­riale. Pour au­tant, Pierre-Paul Léo­nel­li­ne­pré­co­nise pa­suns­ta­tu quo. Il sug­gè­red’abord, pour ré­duire les coûts, un ajus­te­ment plus pré­ci­saux be­soins réels des col­lec­ti­vi­tés lo­cales, par l’ins­tau­ra­tion de seuils­de­po­pu­la­tion et de ser­vices in­dis­pen­sables, ain­si que d’une aide fi­nan­cière de l’état vouéeàen­cou­ra­ger les com­por­te­ments ver­tueux. Il pro­pose en­suite un dé­cloi­son­ne­ment des sta­tuts pour des car­rières qui puissent être da­van­tage plu­rielles. À tra­vers, no­tam­ment, la créa­tion d’un CDI fonc­tion pu­blique pour les agents de la ca­té­go­rie C (soit de ni­veau in­fé­rieur au bac), « qui leur offre une ga­ran­tie d’em­ploi mais sans le sta­tut de fonc­tion­naire, pour plus de sou­plesse dans les mis­sions ».

Ali­gne­ment

Pierre-Paul Léo­nel­li, en­fin, ne pra­tique pas la po­li­tique de l’au­truche. « Les agents du sec­teur pu­blic ter­ri­to­rial tra­vaillent en moyenne 200 heures de moins que leurs ho­mo­logues du pri­vé » , re­con­naît-il vo­lon­tiers. Il conseille, en consé­quence, l’ali­gne­ment du tempsde tra­vail du pu­blic et du pri­vé. Idem pour les jours de ca­rence et les re­traites, avec la fin des ré­gimes spé­ciaux mais en in­cluant les primes prin­ci­pales dans le cal­cul des re­traites des agents pu­blics. « Ac­tuel­le­ment, il n’y a pas une col­lec­ti­vi­té où on tra­vaille le même nombre d’heures. Il faut uni­for­mi­ser et pas­ser à 37 ou 39h par se­maine, payées 37 ou 39 h bien sûr. » Reste dé­sor­mais à sa­voir l’usage qui se­ra fait de ces pré­co­ni­sa­tions par le fu­tur vain­queur de la pri­maire.

(Pho­to N.-M.)

Pierre-Paul Léo­nel­li a été char­gé par Ni­co­las Sar­ko­zy de ré­flé­chir sur la fonc­tion pu­blique.

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.