Li­ban: le ch­ré­tien Mi­chel Aoun de­vient pré­sident

Monaco-Matin - - Monde -

L’ex-gé­né­ral ch­ré­tien Mi­chel Aoun est de­ve­nu, hier, le nou­veau pré­sident li­ba­nais, met­tant fin à un vide ins­ti­tu­tion­nel de deux ans et de­mi cau­sé par de pro­fondes di­vi­sions liées no­tam­ment à la guerre en Sy­rie.

Pré­ser­ver le pays de la guerre en Sy­rie

Cette forte per­son­na­li­té de 81 ans a in­sis­té dans son dis­cours d’in­tro­ni­sa­tion sur l’im­pé­rieuse né­ces­si­té de pré­ser­ver son pe­tit pays du conflit qui dé­vaste la Sy­rie voi­sine. « Le Li­ban est épar­gné jus­qu’à pré­sent par les in­cen­dies qui consument la ré­gion, et notre prio­ri­té est d’em­pê­cher qu’une étin­celle at­teigne (le Li­ban). Il est donc né­ces­saire d’éloi­gner le Li­ban des conflits ré­gio­naux », a-t-il dé­cla­ré. Ila ain­si af­fi­ché son dé­sir de se dis­tan­cierde la­guerre en Sy­rie alors que son prin­ci­pal al­lié, le­mou­ve­ment­chiite du Hez­bol­lah, com­bat­de­puis trois ans dans le pays voi­sin aux cô­tés des forces du ré­gime de Ba­char al-As­sad. Mi­chel Aoun a été élu au se­cond­tour par 83 voix sur les 127 dé­pu­tés pré­sents, une vic­toi­re­qui est le fruit d’un la­bo­rieux­com­pro­mis entre les prin­ci­pales fac­tions po­li­tiques, ha­bi­tuel­le­ment promptes à s’af­fron­ter sur tous les dos­siers. Outre le Hez­bol­lah, il a été élu grâce à l’ap­pui de deux de ses ad­ver­saires po­li­tiques: le chef ch­ré­tien ma­ro­nite des Forces li­ba­naises (FL), Sa­mir Gea­gea et l’an­cien Pre­mier mi­nis­tre­mu­sul­man sun­nite, Saad Ha­ri­ri. Tous deux sont hos­tiles au Hez­bol­lah et au pré­sident As­sad. Au Li­ban, les trois prin­ci­paux postes de l’État sont dé­vo­lus aux trois plus im­por­tantes com­mu­nau­tés re­li­gieuses: la pré­si­dence de la Ré­pu­blique à un ch­ré­tien ma­ro­nite, celle du Par­le­ment à un mu­sul­man chiite et le poste de Pre­mier­mi­nistre à un mu­sul­man sun­nite. M. Aoun, qui de­vient le troi­siè­me­gé­né­ral à ac­cé­der à la pré­si­dence, re­joint, pour un man­dat de six ans non-re­nou­ve­lable, le pa­lais pré­si­den­tiel de Baab­da, d’où il avait été chas­sé il y a 26 ans par l’ar­mée sy­rienne. « Je jure de­vant Dieu, que je res­pec­te­rai la Consti­tu­tion et ses lois et que je pré­ser­ve­rai l’in­dé­pen­dance de la na­tion li­ba­naise et l’in­té­gri­té ter­ri­to­riale », a-t-il af­fir­mé­de­vant les dé­pu­tés.

Ha­ri­ri de re­tour?

L’élec­tion de M. Aoun de­vrait per­mettre à M. Ha­ri­ri de re­de­ve­nir Pre­mier­mi­nistre, un pos­te­qu’il avait dé­jà oc­cu­pé entre 2009 et 2011. La vic­toi­re­deMi­chel Aoun a été cé­lé­brée par des feux d’ar­ti­fice dans le quar­tier ch­ré­tien d’Achra­fié de Bey­routh. A Jdei­dé, près de la ca­pi­tale où il ha­bite, des mil­liers de voi­tures klaxon­naient, ses par­ti­sans bran­dis­saient son por­trait et d’autres sa­blaient le cham­pagne. L’Iran a « fé­li­ci­té » le peuple li­ba­nais, voyant dans l’élec­tion d’Aoun « un pas im­por­tant pour en­ra­ci­ner la dé­mo­cra­tie et as­su­rer la sta­bi­li­té du Li­ban » . En sa­luant l’élec­tion, la chef de la di­plo­ma­tieeu­ro­péenne, Fe­de­ri­ca Mo­ghe­ri­ni, a sou­li­gné que les nou­velles au­to­ri­tés de­vraient « ga­ran­tir la sta­bi­li­té du pays » tout en adop­tant « les me­sures so­ciales et éco­no­miques pour le bien de tous les Li­ba­nais ».

(Pho­to EPA/MaxPPP)

L’ex- gé­né­ral ch­ré­tien de  ans, Mi­chel Aoun, a été élu, hier, pour un man­dat de six ans.

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