Chers dis­pa­rus...

Monaco-Matin - - Détente | Mèdias -

Avez-vous re­mar­qué que, si la vie est de plus en plus chère, la mort coûte les yeux de la tête? Au point que le fais­ceau de « dou­lou­reuses » à payer après un dé­cès est de­ve­nu le troi­sième poste de la dé­pense fa­mi­liale tout de suite après l’achat d’une de­meure qui n’est pas la der­nière et l’em­plette d’une voi­ture plus ra­pide qu’un cor­billard. Car il im­porte de ré­gler – quelques fois à l’avance – le de­vis des pompes fu­nèbres, la fac­ture du fleu­riste, les frais d’im­pri­meur, le pe­tit ca­deau au cu­ré, le goû­ter des en­fants de choeur, l’obole aux pauvres, les ca­chets de l’or­ga­niste et des cho­ristes, l’en­ve­loppe du né­cro­logue, l’af­frè­te­ment des vé­hi­cules consti­tuant le convoi, le re­pas de deuil au­quel il ne man­que­ra que le de cu­jus, le pour­boire au fos­soyeur, la prime aux pleu­reuses si on est en Corse et, sur­tout, la ré­ser­va­tion d’une conces­sion. Au­jourd’hui, alors que, faute de place, on a sup­pri­mé les conces­sions à per­pé­tui­té, les sur­vi­vants doivent re­mettre la main à la poche tous les ,  ou  ans s’ils ne veulent pas qu’on prive de sé­pul­ture le cher dis­pa­ru. Qui di­ra, pa­ral­lè­le­ment au cha­grin de la pa­ren­tèle, le déses­poir des four­nis­seurs contraints d’en­ter­rer un pou­voir d’achat alors que le client ne leur a lais­sé au­cun hé­ri­tage ? Bref, tout se passe comme si dé­sor­mais il fal­lait que la mort, qui éteint l’ac­tion pu­blique et met fin aux dettes, de­vienne

un luxe au même titre que la vie.

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