La fo­lieOGC Nice !

Lea­der in­vain­cu après onze jour­nées, le club rouge et noir sus­cite un en­goue­ment his­to­rique

Monaco-Matin - - Sports - VINCENT MENICHINI

Dans les bras de son père, ce mi­not a les yeux qui brillent. Il n’en re­vient tou­jours pas d’avoir pu tou­cher le bi­ceps gauche saillant de Ma­rio Ba­lo­tel­li, alors que l’Ita­lien s’ap­prê­tait à en­trer sur le ter­rain d’en­traî­ne­ment. En ce jour fé­rié, une ma­rée hu­maine s’est ras­sem­blée du cô­té de Charles-Ehr­mann. « Je n’ai ja­mais vu ça » , glisse un membre de la sé­cu­ri­té ha­bi­tué des lieux. Dans un joyeux bor­del, plus de 300 per­sonnes sont là pour en­cou­ra­ger les « In­vin­cibles » avant leur match contre le Red Bull Salz­bourg. « Ils ar­rivent, ils ar­rivent » , lâche un ga­min, tout émous­tillé, en voyant au loin Bel­han­da, Ko­ziel­lo et tous les autres. « S’il vous plaît, on s’écarte, les joueurs sont là » , lance gorge dé­ployé Franck, l’un des M. Sé­cu­ri­té du Gym. Une haie d’hon­neur se­met na­tu­rel­le­ment en place et Lu­cien Favre, la cas­quette (mal) vis­sée sur la tête, est le pre­mier à fendre la foule sous les ac­cla­ma­tions. « Mer­ci Lu­cien, mer­ci ! »

Proxi­mi­té as­su­mée

C’est la fo­lie. Au tour de Ma­rio Ba­lo­tel­li de ten­ter une per­cée. « Ma­rio, tu es un

monstre, al­lez !!! » Une proxi­mi­té as­su­mée par le club qui croule sous les de­mandes des mé­dias du monde en­tier. « La vo­lon­té est de ne sur­tout pas ou­blier d’où l’on vient, as­sure-t-on en haut-lieu. On ne va pas se bar­ri­ca­der et se ren­fer­mer. L’am­bi­tion, c’est d’être le

plus pro­fes­sion­nel pos­sible tout en res­tant ac­ces­sible. » Pour­tant, de­puis le dé­but de sai­son, Nice a chan­gé de vie. Il s’est même in­ter­na­tio­na­li­sé avec les ar­ri­vées de Ba­lo­tel­li, Bel­han­da et Dante. Ré­cem­ment, alors qu’il bu­vait un ca­fé du cô­té de la Pro­me­nade des An- glais, ce der­nier a dû prendre quel­ques­mi­nutes pour si­gner une di­zaine d’au­to­graphes à des tou­ristes... in­do­né­siens. A la bou­tique du club, si­tuée sur la place Mas­sé­na, l’ac­ti­vi­té éco­no­mique a été boos­tée par le phé­no­mène Ba­lo­tel­li, mais éga­le­ment par le dé­but de sai­son ex­cep­tion­nel réa­li­sé par l’équipe de Lu­cien Favre. « On n’avait ja­mais connu un tel en­goue­ment, pose Richard El­kaïm, le di­rec­teur mer­chan­di­sing de l’OGC Nice. On vend plus de maillots et bien sûr beau­coup de maillots de Ba­lo- tel­li. En­vi­ron deux sur trois. »

Des maillots qui se vendent jus­qu’en Aus­tra­lie

Les com­mandes af­fluent du monde en­tier et le maillot de Nice se vend dé­sor­mais en Aus­tra­lie, en Chine et même aux Etats-Unis. En fin de sai­son, le club table sur 15 000 tu­niques ven­dues quand l’an pas­sé, mal­gré les ex­ploits d’Ha­tem Ben Ar­fa, la barre des 8000 avait tout juste été fran­chie. Il reste au Gym à rem­plir plus sou­vent l’Al­lianz Ri­vie­ra pour pas­ser un nou­veau cap. De­puis que Nice marche sur la Ligue 1 et pro­pose le foot­ball le plus sa­vou­reux de l’Hexa­gone, il y a un élan nou­veau et une prise de conscience chez ceux qui hé­si­taient en­core à se rendre jus­qu’à Saint-Isi­dore. Les abon­ne­ments sont à la hausse (de 10 000 à 12 000), la moyenne de spec­ta­teurs grimpe de fa­çon sen­sible (22 695 cette sai­son contre 19 192 la sai­son der­nière) quand, en Ligue 1, la ten­dance reste à la baisse. Or, le Gym fait re­cette. Nor­mal, il pro­pose du spec­tacle, pos­sède des stars, un grand en­traî­neur. On a connu pire, non ?

(Pho­to Jean-Fran­çois Ot­to­nel­lo)

Le par­cours du Gym en­chante pe­tits et grands.

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