43 chefs d’en­tre­prise en mis­sion en Azer­baïd­jan

La nou­velle mis­sion du Mo­na­co Eco­no­mic Board va conduire, du 6 au 9 no­vembre, 43 ac­teurs éco­no­miques de la Prin­ci­pau­té dans la ca­pi­tale de l’Azer­baïd­jan. Ob­jec­tif: faire du bu­si­ness

Monaco-Matin - - La Une - ARNAULT CO­HEN aco­hen@mo­na­co­ma­tin.mc

Di­manche ma­tin, 43 ac­teurs éco­no­miques re­pré­sen­tant une tren­taine d’en­tre­prises de la Prin­ci­pau­té se re­trou­ve­ront au ter­mi­nal « Avia­tion d’af­faires » de l’aé­ro­port de Nice. Un avion spé­cia­le­ment af­fré­té pour eux les at­ten­dra. Il faut dire que la des­ti­na­tion de la nou­velle mis­sion or­ga­ni­sée par le Mo­na­co Eco­no­mic Board n’est pas des plus ac­ces­sibles. Di­manche ma­tin, en ef­fet, ces di­ri­geants mo­né­gasques s’en­vo­le­ront vers Ba­kou, la ca­pi­tale de l’Azer­baïd­jan. Pour­quoi le MEB a-t-il dé­ci­dé de conduire une mis­sion éco­no­mique dans ce pays du Cau­case si­tué au bord de laMer Cas­pienne? Dans cette an­cienne ré­pu­blique so­vié­tique coin­cée entre la Tur­quie, l’Ar­mé­nie, la Géor­gie, la Rus­sie et l’Iran ?

« Un pa­ri »

« C’est un pa­ri, ré­pond Mi­chel Dot­ta, le pré­sident du Mo­na­co Eco­no­mic Board. Il se­rait plus confor­table de conduire des chefs d’en­tre­prise en Bel­gique ou en Ita­lie. Mais ils n’ont pas be­soin de nous pour pros­pec­ter dans ces pays- là. Ils at­tendent de nous une va­leur ajou­tée. Grâce au MEB, ils ont la pos­si­bi­li­té de nouer des contacts dans des pays moins fa­ci­le­ment abor­dables. »

Un exemple sem­blable s’est pro­duit ré­cem­ment lors d’une mis­sion éco­no­mique me­née au Ka­za­khs­tan. Quelques mois plus tard, des di­ri­geants de ce pays sont re­ve­nus à Mo­na­co pour concré­ti­ser des pre­miers contacts. Et faire du bu­si­ness. La dé­lé­ga­tion mo­né­gasque part en Azer­baïd­jan dans ce but. Et si l’on en croit

Lu­do­vic Su­bran, ex­pert en éco­no­mie in­ter­na­tio­nale, « ça vaut le coup. Tis­ser des liens avec un pays en dif­fi­cul­té por­te­ra ses fruits à moyen et long terme » . Ce spé­cia­liste était ve­nu, en sep­tembre der­nier, ex­pli­quer à des di­ri­geants mo­né­gasques tout l’in­té­rêt qu’il y avait à pros­pec­ter dans ce coin du monde. D’après lui, coin­cés entre la

Rus­sie, la Tur­quie et l’Iran, « le tri­angle des Ber­mudes du bu­si­ness » , « les pays du Cau­case es­saient de ti­rer leur épingle du jeu » . No­tam­ment en di­ver­si­fiant leur ac­ti­vi­té éco­no­mique. L’Azer­baïd­jan vit es­sen­tiel­le­ment du pé­trole. L’or noir re­pré­sente 50 % du bud­get de l’État et 70 % de ses ex­por­ta­tions. La baisse des cours fra­gi­lise ain­si l’éco- no­mie azer­baïd­ja­naise qui cherche donc à se di­ver­si­fier. « Il y a ac­tuel­le­ment des op­por­tu­ni­tés de bu­si­ness dans cette ré­gion » , conclut Mi­chel Dot­ta.

Le suc­cès du bi­tume a-t- il ou­vert la voie?

C’est là que Mo­na­co a une carte à jouer. Une pa­lette de secteurs d’ac­ti­vi­tés sus­cep­tibles d’in­té­res­ser des en­tre­prises d’Azer­baïd­jan sont re­pré­sen­tés dans la dé­lé­ga­tion du MEB: les té­lé­com­mu­ni­ca­tions, la fi­nance, le tou­risme, les éner­gies re­nou­ve­lables, la lo­gis­tique ou en­core l’agroa­li­men­taire. La pre­mière ma­ti­née de ce sé­jour de deux jours à Ba­kou se­ra consa­crée aux ren­contres entre chefs d’en­tre­prise, en es­pé­rant que les contacts pour­ront s’ap­pro­fon­dir le len­de­main. Et puis, au cours de cette mis­sion éco­no­mique, la dé­lé­ga­tion mo­né­gasque de­vrait ren­con­trer les or­ga­ni­sa­teurs du Grand Prix de For­mule 1 de Ba­kou, dont la pre­mière édi­tion s’est dé­rou­lée le 19 juin der­nier, sur un cir­cuit tra­cé en pleine ville. Comme à Mo­na­co. Après ce suc­cès automobile sur le bi­tume, y au­ra-t-il une vic­toire sur le plan du bu­si­ness? Pre­miers élé­ments de ré­ponse la se­maine pro­chaine.

(DR)

« Il y a ac­tuel­le­ment des op­por­tu­ni­tés de bu­si­ness dans cette ré­gion », es­time Mi­chel Dot­ta, le pré­sident duMo­na­co Eco­no­mic Board.

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