Le pré­fet Adolphe Col­rat sur le dé­part

En poste de­puis juin 2013, le re­pré­sen­tant de l’État dans les Alpes-Ma­ri­times va quit­ter le dé­par­te­ment. Georges-Fran­çois Le­clerc, ac­tuel pré­fet de Haute-Sa­voie, lui suc­cé­de­ra

Monaco-Matin - - La Une -

Le pré­fet des Alpes-Ma­ri­times va quit­ter son poste dans les pro­chains jours pour re­joindre l’ins­pec­tion gé­né­rale des fi­nances à Bercy. Son suc­ces­seur, Geor­gesF­ran­çois Le­clerc, 50 ans, ac­tuel pré­fet de Haute-Sa­voie, nom­mé­mer­cre­di en conseil des mi­nistres, pren­dra ses fonc­tions le 21 no­vembre pro­chain. Sor­ti de l’ENA en 1991 (pro­mo­tion Gam­bet­ta), Geor­gesF­ran­çois Le­clerc a oc­cu­pé de nom­breux pos­tes­de­con­seiller tech­nique ou char­gé de mis­sion dans plu­sieurs mi­nis­tères et se­cré­ta­riats d’État (Éco­no­mie, Éco­lo­gie, Éga­li­té des chances, In­té­rieur...) Il a no­tam­ment été chef, puis­di­rec­teur-ad­joint du­ca­bi­net de la mi­nis­trede l’Éco- lo­gie Ro­se­lyne Ba­che­lot en 2002, puis di­rec­teur-ad­joint du ca­bi­net du mi­nistre de l’In­té­rieur Claude Guéant (2011-2012). Nom­mé pré­fet de l’Aude en 2010, il au­rait dûof­fi­cier en­suite dans le Gard, où Ni­co­las Sar­ko­zy l’avait nom­mé juste avant de quit­ter l’Ély­sée. Mais son suc­ces­seur en avait dé­ci­dé au­tre­ment, et l’avait ré­af­fec­té dès son ar­ri­vée au pou­voir, en juillet 2012, en qua­li­té de pré­fet de Haute-Sa­voie. Il suc­cé­de­ra donc à Adolphe Col­rat dans un dé­par­te­ment où les re­la­tions entre le re­pré­sen­tant de l’État et les « grands élus » du ter­ri­toire au­ront été plus que tu­mul­tueuses. Avec en point d’orgue un bras de fer mus­clé entre Ch­ris­tian Es­tro­si et Adolphe Col­rat au­tour de la créa­tion et l’ou­ver­ture fi­na­le­ment au­to­ri­sée par le pré­fet de la mos­quée EnNour, mais aus­si et sur­tout la po­lé­mique sur les forces de sé­cu­ri­té dé­ployées lors du tra­gique 14-Juillet der- nier.

Re­la­tions tu­mul­tueuses

Le pré­sident de la Mé­tro­po­leNice-Côte d’Azur ne ca­chait d’ailleurs pas, hier soir, sa sa­tis­fac­tion à l’an­nonce du dé­part du pré­fet Col­rat. « Dans toutes mes res­pon­sa­bi­li­tés pu­bliques en tant que mi­nistre ou pré­si­dents d’exé­cu­tifs lo­caux, je n’au­rai eu à faire qu’à des re­pré­sen­tants de l’État de grande qua­li­té. Le pas­sage d’Adolphe Col­rat dans le dé­par­te­ment au­ra été mal­heu­reu­se­ment une dou­lou­reuse ex­cep­tion, écrit sans mé­na­ge­ment Ch­ris­tian Es­tro­si dans un com­mu­ni­qué. Le Pré­fet des Alpes-Ma­ri­times sor­tant au­ra mar­qué l’his­toire du dé­par­te­ment en ne cher­chant pas le dia­logue avec les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales mais il au­ra été tou­jours prompt à créer des conflits et des ten­sions » pour­suit-il. Ce n’est évi­dem­ment pas l’avis du mi­nistre de l’In­té­rieur, Ber­nard Ca­ze­neuve, qui sa­lue en Adolphe Col­rat « un très grand pré­fet, in­fa­ti­gable ser­vi­teur de l’État et de l’in­té­rêt gé­né­ral. Dans les Alpes-Ma­ri­times, comme dans tous les ter­ri­toires où il a eu à ser­vir au cours de sa brillante car­rière, il a sus­ci­té le res­pect et la grande consi­dé­ra­tion de tous ceux qui par­tagent son sens éle­vé de l’État, et a fait hon­neur à la confiance que les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs lui ont à juste titre té­moi­gnée. C’est cette confiance et la haute concep­tion de l’État du pré­fet Col­rat qui ont conduit le Pré­sident de la Ré­pu­blique à le nom­mer à des fonc­tions émi­nentes et conformes à ses sou­haits ». De quoi cou­per l’herbe sous le pied de ceux qui voient dans le dé­part du pré­fet Col­rat, un li­mo­geage en règle.

(Pho­to Fran­çois Vi­gno­la/PQR/L’Est-Eclair/Jé­rôme Bru­ley)

Adolphe Col­rat quitte les Alpes-Ma­ri­times, son suc­ces­seur Georges- Fran­çois Le­clerc pren­dra ses fonc­tions le  no­vembre pro­chain.

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