Une sub­ven­tion exceptionnelle pour la piscine

Hier soir, la Carf a vo­té à la ma­jo­ri­té une sub­ven­tion exceptionnelle de 25000 Une aide si­gni­fi­ca­tive mais qui ne per­met pas l’ou­ver­ture an­nuelle de cet équi­pe­ment pu­blic coû­teux

Monaco-Matin - - La Une - STÉ­PHA­NIE WIÉLÉ swiele@ni­ce­ma­tin.fr

Après avoir pra­ti­qué la brasse cou­lée ces der­nières an­nées, la nou­velle piscine cou­verte de Breil-sur-Roya re­fait len­te­ment sur­face. Mais, elle nage tou­jours en eaux troubles… Hier soir, laCom­mu­nau­té de la Ri­vie­ra Fran­çaise (Carf) a vo­té à la ma­jo­ri­té (1) une sub­ven­tion exceptionnelle de 25000 € « pour par­ti­ci­per aux coûts d’ou­ver­ture de la piscine cou­verte » , pré­cise Pa­trick Cé­sa­ri, pré­sident de la Carf et mai­re­deRo­que­brune-Cap-Mar­tin. L’at­tri­bu­tion gé­né­reuse a sus­ci­té un brin de ja­lou­sie dans la salle. « À Cas­té­ri­no, il y a un centre de ski de fond qui ac­cueille des sco­laires de la val­lée y com­pris les en­fants de l’école fran­çaise de Vin­ti­mille… Alors pour­quoi, je n’au­rais pas de sub­ven­tion exceptionnelle moi aus­si? » , s’en­quiert Jean-Pierre Vas­sal­lo, maire de Tende. Et Phi­lippe Ou­dot, maire de Fon­tan d’ajou­ter: « Moi, j’ai le der­nier cam­ping mu­ni­ci­pal des com­munes de la Carf. Alors pour­quoi ne pour­rait-il pas être consi­dé­ré in­ter­com­mu­nal et bé­né­fi­cier d’une aide? » Pa­trick Cé­sa­ri a sug­gé­ré d’évo­quer la ques­tion de l’at­tri­bu­tion de ces aides ex­cep­tion­nelles lors d’un pro­chain conseil. Il faut di­reque la piscine cou­verte de Breil-sur-Roya fait des vagues dans la val­lée de­puis son inau­gu­ra­tion en no­vembre 2011. L’équi­pe­ment pu­blic qui en­globe, no­tam­ment, un bas­sin de 25 mètres et un coin cas­cade pour en­fants, avait coû­té au Dé­par­te­ment4 mil­lions d’eu­ros. L’in­fra­struc­ture ob­te­nue grâce au conseiller gé­né­ral de l’époque, Gil­bert Ma­ry, avait en­suite été ven­due à la mai­rie pour un eu­ro sym­bo­lique.

Un Spa pour ai­der au fi­nan­ce­ment?

Puis, c’est la pre­mière douche froide… En no­vembre 2012, les in­tem­pé­ries en­dom­magent for­te­ment la salle des ma­chines ren­dant la piscine hors d’usage. Deux ans plus tard, la piscine boit la tasse avec une crue de la Roya qui ag­grave la si­tua­tion. Puis le maire, An­dré Ipert, a ra­mé pour ob­te­nir une aide glo­bale du dé­par­te­ment pour les tra­vaux de re­mise en état. « La si­tua­tion a été dé­blo­quée. Puis fi­na­le­ment, le Dé­par­te­ment a fi­nan­cé la to­ta­li­té soit 530000 € » , rap­pelle le pre­mier ma­gis­trat. La­bouée de sau­ve­tage. L’an der­nier, les tra­vaux de la piscine ont donc pu être réa­li­sés et l’équi­pe­ment pu­blic a pu ou­vrir du­rant trois mois cet été. Et main­te­nant ? « Évi­dem­ment, cette sub­ven­tion de la Carf est né­ces­sai­re­mais c’est ex­cep­tion­nel et non pé­renne. La piscine a été construite aus­si pour ac­cueillir les élèves du­rant l’an­née sco­laire pour qu’ils ap­prennent à na­ger sauf qu’on se re­trouve avec des éco­liers qui ne savent pas na­ger! Il faut rap­pe­ler que cette piscine est cen­sée être in­ter­com­mu­nale… », pour­suit le maire. Pour que l’équi­pe­ment pu­blic – pré­vu pour une ville de 20000 ha­bi­tants – puisse ou­vrir huit mois, il fau­drait un bud­get an­nuel de 180000 €. « Clai­re­ment, c’est une somme dé­me­su­rée! On est dans une im­passe car main­te­nant la piscine est là et il faut la faire fonc­tion­ner. » Le Dé­par­te­ment se­rait prêt

à fi­nan­cer les trans­ports des sco­laires pour ache­mi­ner les élèves à la piscine. De son cô­té, la mai­rie a bud­gé­té 75000 € et en­vi­sage un com­plé­ment de re­ve­nus par la créa­tion d’un Spa au sein de la piscine. « Il y au­rait peu de tra­vaux car nous avons dé­jà l’eau chaude sur place et le bas­sin… », pré­cise An­dré Ipert. Une idée qui pour­rait en­fin­don­ner de l’eau au mou­lin des fi­nances.

Quatre abs­ten­tions.

(Pho­to Mi­chael Ale­si)

La piscine cou­verte de Breil- sur-Roya a ou­vert trois mois cet été grâce à l’aide du Dé­par­te­ment et de la Carf. Ce­pen­dant, l’équi­pe­ment pu­blic coû­te­rait   € s’il ou­vrait huit mois dans l’an­née. Un mon­tant bien trop éle­vé pour la com­mune qui cherche des fi­nan­ce­ments.

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