 € d’amende pour unoeil au­beur­re­noir

Monaco-Matin - - Monaco - JEAN- MA­RIE FIORUCCI

Être condam­né à payer 800 d’amende et le ver­se­ment de 500 au plai­gnant pour un oeil au beurre noir! De quoi faire ré­flé­chir l’au­teur des faits à la moindre in­ten­tion pro­chaine d’avoir des rap­ports mus­clés pour un ba­nal dif­fé­rend. Cette af­faire de­vait conduire à la barre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel un Men­ton­nais de 66 ans pour vio­lences ayant en­traî­né une in­ca­pa­ci­té to­tale de tra­vail de trois jours. Mais le pré­ve­nu est ab­sent. En re­vanche, la vic­time est de­vant les juges pour ob­te­nir ré­pa­ra­tion d’un pré­ju­dice qu’elle à grand-peine à éva­luer. L’af­faire montre qu’il y a sou­vent des claques qui se perdent… Comme ce 25 fé­vrier der­nier. Un ca­mion de li­vrai­son gène la cir­cu­la­tion dans une ar­tère prin­ci­pale de Monte-Car­lo. Un au­to­mo­bi­liste dé­porte son vé­hi­cule sur la voie de gauche pour évi­ter de blo­quer le tra­fic. À cet ins­tant, ar­rive un scoo­ter conduit par la vic­time. Le choc est évi­té de jus­tesse. Au­cun ac­ci­dent ni bles­sé. Mais les choses n’en res­tent pas là : le ton monte, les in­sultes suivent, la vio­lence em­boîte les gestes! Une gifle part quand le pré­ve­nu est en­core au vo­lant. Le souf­flet dé­clenche aus­si­tôt une sorte d’aver­sion ins­tinc­tive: l’au­to­mo­bi­liste ri- poste par un coup de poing en pleine fi­gure…

« Pa­role contre pa­role »

Le pré­sident in­vite le plai­gnant à ve­nir à la barre pour don­ner sa ver­sion des faits. « Dé­jà trau­ma­ti­sé par un chauf­fard lors d’un pré­cé­dent ac­ci­dent, ra­conte-t-il, et avec de lourdes sé­quelles, d’être frap­pé de la sorte m’a cho­qué. Je suis han­di­ca­pé… L’homme s’est en­suite échap­pé. D’autre part, comme je tra­vaille dans le monde du luxe, je ne pou­vais pas me pré­sen­ter à mon poste avec un oeil au beurre noir… » Quand le ma­gis­trat lui de­mande la somme ré­cla­mée en tant que par­tie ci­vile, la vic­time avoue ne pas sa­voir « quan­ti­fier le pré­ju­dice » et an­nonce « au ha­sard le­mon­tant de 1000 » . Pour le pre­mier sub­sti­tut Oli­vier Zam­phi­roff, « cette af­faire n’au­rait ja­mais dû abou­tir de­vant ce tri­bu­nal. Avec trois ap­pré­cia­tions dif­fé­rentes, on en vient à des in­sultes, à une al­ga­rade ! Une gifle? Une pi­che­nette ? On ne sait pas vrai­ment. C’est pa­role contre pa­role… Comme il n’y a pas de pré­ju­dice im­por­tant, vous sanc­tion­ne­rez par une amende de 400 ». Le tri­bu­nal dé­pas­se­ra lar­ge­ment les ré­qui­si­tions du­mi­nis­tère pu­blic.

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