Pour la gau­cheet la­droite l’ère des in­cer­ti­tudes

« Fa­ceauF­ront­na­tio­na­lu­ni, lui, au­tour­deMa­rine LePen, la­dé­su­niondes Ré­pu­bli­cain­ses­tres­sen­tie com­meun­lourd­han­di­cap. »

Monaco-Matin - - France - Par MI­CHÈLE COTTA

In­cer­ti­tude: àmoins de quinze jours du pre­mier tour de la pri­mai­rede la­droi­teet du­centre, tel est sans doute le­mot qui ré­sume l’état d’es­prit des Fran­çais. In­cer­ti­tude dan­sune gau­che­de­plus en plus écla­tée. In­cer­ti­tu­deà­droite, où les jeuxne sont pas faits. Agauche, Jean-Luc Mé­len­chon lui-même, qui pro­fi­tait jus­qu’ici de la fai­bles­se­duPS, vient de su­bir un cui­sant échec: au­mo­ment où il sem­blait que le Par­ti com­mu­niste, sous la­hou­lette de son se­cré­taire na­tio­nal Pierre Laurent, al­lait ap­pe­ler àvo­ter pour lui à la­pré­si­den­tielle de , la­con­fé­rence na­tio­nale, sorte de Par­le­ment du­par­ti, a dit non au can­di­dat de « LaF­rance in­sou­mise ». Les com­mu­nistes op­te­ront-ils pour Ar­naudMon­te­bourg? Sans­doute le PC ne le sou­tien­dra-t-il pas da­van­tage. Il in­ves­ti­ra peu­têtre son propre can­di­dat, qui s’ajou­te­ra à la longue liste de pré­ten­dants dé­jà ré­per­to­riés, Verts et autres trots­kistes, de ce cô­té-làde l’éven­tail po­li­tique. Tout ce­la avec une in­ter­ro­ga­tion ma­jeure: Fran­çois Hol­lande vou­dra-t-il ou non se suc­cé­der à lui-même? Mal­me­né par les son­dages, qui tous, au­jourd’hui, l’écartent du se­cond tour de l’élec­tion, ce­lui-ci tente de sor­tir de sa mau­vaise passe. Tous les jours sur le ter­rain, en Bre­tagne un jour, enNor­man­die la veille, dans le Nord l’avant-veille, il semble com­men­cer dès main­te­nant sa pré-cam­pagne élec­to­rale. Les trou­blantes confi­dences ré­ser­véesà­deux jour­na­listes du

Monde? La « co­lère » deMa­nuel Valls, la stu­peur de Jean-Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis? Il faut tour­ner la page. Il di­ra en dé­cembre s’il par­ti­cipe ou pas à la­pri­maire de la gauche. Point fi­nal. Ce­la ne suf­fit pas à re­don­ner le mo­ral à ses troupes. Tou­te­fois, comme cha­cun sait Fran­çois Hol­lande ha­bile, et pas tom­bé de la der­nière pluie, per­sonne ne le juge dé­jà dé­fi­ni­ti­ve­ment sor­ti de la course pré­si­den­tielle. In­cer­ti­tude donc sur ce­lui qui condui­ra, pour le meilleur ou pour le pire, le com­bat de la gauche en . Mêmes in­ter­ro­ga­tionsà­droite. Alain Jup­pé mène pour le­mo­ment la course en tête, mais au­près des sym­pa­thi­sants Les Ré­pu­bli­cains, Ni­co­las Sar­ko­zy tient la corde. Fran­çois Fillon ef­fec­tue de­puis quelques jours une im­pres­sion­nante re­mon­tée. Feu­tré sur les pla­teaux de té­lé­vi­sion, le com­bat l’est beau­coup moins en cou­lisses : pho­tos in­ten­tion­nel­le­ment vieillies d’Alain Jup­pé dif­fu­sées par les sup­por­ters de Sar­ko­zy sur les ré­seaux so­ciaux, en­quêtes et contre-en­quêtes sur le fi­nan­ce­ment li­bye­nouautres de la cam­pagne de l’an­cien­pré­sident de la Ré­pu­blique en , nomde Fran­çois Bay­rou bran­di par Ni­co­las Sar­ko­zy com­meu­né­pou­van­tail, tan­dis qu’Alain Jup­pé plaide pour l’union la­plus large de la droite et du centre. Tout ce­la se brouille dans l’es­prit des élec­teurs­qui as­pirent, eux, à la­paix entre les com­bat­tants. Face au Front na­tio­nal, uni, lui, au­tour de Ma­rine LePen, la­dé­su­nion des Ré­pu­bli­cains est res­sen­tie com­meun lourd­han­di­cap. Voi­là pour­quoi cet­te­pé­rio­den’est pas heu­reuse, dans­quelque camp que ce soit. L’in­cer­ti­tude do­mine, et elle sus­ci­te­plus d’an­goisse que de ré­con­fort.

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