Coup de froid

Bat­tue à Caen, l’équipe de Lu­cien Favre a en­chaî­né une deuxième dé­faite de suite. Sa pre­mière en Ligue 1 cette sai­son, qui met fin à son in­croyable sé­rie

Monaco-Matin - - Sports - VINCENT MENICHINI, À CAEN

Il fal­lait bien que ça s’ar­rête un jour et ça s’est, donc, fi­ni à Caen. Ce n’était pas ce qui était pré­vu, mais le Gym avait-il pré­vu d’être là, tout en haut de la Ligue 1, après douze jour­nées ? Pas vrai­ment. Alors, il est in­con­ce­vable, im­pen­sable et même in­ter­dit de tout je­ter, mais on a le droit de pen­ser très fort qu’il ne­peut pas se per­mettre de jouer une mi-temps sur deux et en­core moins de se prendre pour ce qu’il n’est pas en­core, à sa­voir un ca­dor de la Ligue 1. Dans le froid nor­mand, il a ba­fouillé son foot­ball face à une équipe de co­pains, pas co­pine avec le­foot­ball, mais ter­ri­ble­ment so­li­daire et gé­né­reuse. A l’is­sue du match, dans le ves­tiaire caen­nais, c’était même crampes pour tous ! Que les Ni­çois soient re­mon­tés contre l’ar­bitre, cou­pable d’avoir sif­flé un pe­nal­ty in­exis­tant juste avant la mi-temps, ça peut s’en­tendre. Or, ce n’est pas M. Ha­mel quia­mul­ti­plié les mau­vais choix­dans le camp caen­nais, ni M. Ha­mel qui a été in­ca­pable de trou­ver la faille au coeur de l’une des pires dé­fenses de Ligue 1. « Je ne suis pas sur­pris, a lan­cé Lu­cien Favre, dans une for­mule qu’il res­sort chaque soir de dé­faite. On ga­gnait des matchs, tout le monde trou­vait ça fan­tas­tique, mais on n’a pas tou­jours tout maî­tri­sé. C’est mon rôle, mais je ne me suis ja­mais en­flam­mé. » Si le Gy­mest tom­bé en Nor­man­die, il ne le doit qu’à lui et, no­tam­ment, à son in­ca­pa­ci­té à ac­cep­ter et re­le­ver le dé­fi phy­sique lan­cé par une équipe de Caen qui jouait dé­jà une par­tie de sa sai­son. Au mi­lieu, Se­ri, Cy­prien et Bel­han­da se sont fait se­couer et n’ont ja­mais eu la force de re­mettre le col­lec­tif à l’en­droit. De­vant, Ba­lo­tel­li, qui dis­pu­tait son pre­mier match loin de Nice en Ligue 1, et Plea ont fi­ni par perdre pa­tience et les pé­dales. Le pas­sage en 4-4-2 lo­sange en se­conde pé­riode a eu le mé­rite de re­don­ner un peu plus de clar­té à l’en­semble, mais à l’ar­ri­vée, ça n’a pas eu les ef­fets es­comp­tés. « Ça n’a rien à voir avec la fa­tigue » ,a glis­sé Favre, qui a vu son équipe me­née pour la troi­sième fois cette sai­son en L1, après Mont­pel­lier et Mar­seille. « On n’a pas trou­vé les so­lu­tions » , a confié You­nès Bel­han­da. Du coup, on a vudes Ni­çois ner­veux, cou­pables de gestes dé­pla­cés, sym­boles d’un manque de flegme et de re­cul.

Sans Ba­lo­tel­li à Saint- Etienne !

« On a un peu tout confon­du, même si c’était mieux en se­conde pé­riode, a re­con­nu Dante. On doit ap­prendre à gar­der notre calme. » Un constat qui re­joi­gnait la pen­sée de Lu­cien Favre. « Il faut que l’on reste plus clair, a-til ana­ly­sé. On veut par­fois

al­ler trop vite vers l’avant. On a joué de ma­nière pré­ci­pi­tée, ce qui a fa­vo­ri­sé notre désor­ga­ni­sa­tion. » Après six vic­toires de suite en Ligue 1, le Gym a ren­du une co­pie dans la li­gnée de celle bâ­clée en mi­lieu de se­maine contre Salz­bourg. Un pre­mier coup d’ar­rêt sous Favre, qui s’ex­plique aus­si par la nou­velle place du club sur l’échi­quier du foot­ball fran­çais. « Nice est pre­mier, tout le monde veut nous battre » , a ré­su­mé le coach ni­çois. Ce se­ra en­core le cas dans deux se­maines à Saint-Etienne (di­manche 20 no­vembre, 20h45) dans une am­biance que l’on ima­gine dé­jà in­can­des­cente. Un­match au­quel ne par­ti­ci­pe­ra pas Ma­rioBa­lo­tel­li, aver­ti pour la troi­sième fois lors de ses­quatre der­niers matchs de la Ligue 1 et donc sus­pen­du pour le dé­pla­ce­ment chez les Verts. C’est bien dom­mage pour Ca­nal Plus… et pour le Gym.

(Pho­tos AFP)

Me­né à par­tir de la   mi­nute, le Gym de Bod­mer et Ba­lo­tel­li n’a pas réus­si à gar­der son calme.

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