Une fa­mille dé­com­po­sée

Monaco-Matin - - Détente -

Ex­cellent « concept » que cette sa­ga qui se ba­lade de chaîne en chaîne! Le pre­mier épi­sode était un peu guin­dé. Mais en­suite la pe­tite soeur et les faux frères se sont tu­toyés en s’in­ter­pel­lant par leurs pré­noms. On sen­tait qu’avant de se dis­pu­ter l’hé­ri­tage du cou­sin Fran­çois, ils avaient vé­cu en­semble et s’étaient ap­pré­ciés: Alain, le pa­triarche, si calme, si pon­dé­ré; Ni­co­las, qui fut très tôt chef de fa­mille; le beau brun sur­nom­mé Fillon, car ses pa­rents sou­hai­taient une fille; Bru­no, le­blon­di­net in­fa­tué; Jean-Fran­çois, le cou­sin de Meaux, dit « Beau­coup de Brie pour rien » ; Jean-Fré­dé­ric, der­nier bour­geon de la branche ca­tho, et Na­tha­lie, char­gée d’in­car­ner à elle toute seule l’éter­nel fé­mi­nin. J’es­père qu’on re­trou­ve­ra aus­si la se­maine pro­chaine Lau­rence et Ruth. Mais j’ap­pré­hende que des gens qui ont dû vendre tous leurs sièges de salle à man­ger au point de lais­ser leurs in­vi­tés de­bout pen­dant deux heures n’aient pas les moyens de sa­la­rier des auxi­liaires fa­mi­liales. Oui, une vraie pe­tite fa­mille. Avec ses pas­sions éteintes, ses haines re­cuites, ses ja­lou­sies, ses se­crets. On com­prend très vite que cha­cun pense être le meilleur et n’en­vi­sage que la mort dans l’âme la vic­toire du père, du frère ou du neveu. Seule ré­serve: les élec­teurs de la base, qu’on vou­voie en ne les ap­pe­lant que par leurs pa­tro­nymes, re­gret­te­ront peut- être d’être obli­gés de fi­nan­cer le feuilleton sans avoir l’im­pres­sion de

faire vrai­ment par­tie de la fa­mille.

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