Le monde ban­caire en pleine mu­ta­tion

Le monde de la banque vit une pro­fonde mé­ta­mor­phose. L’exi­gence de trans­pa­rence est om­ni­pré­sente, la ré­pu­ta­tion étant do­ré­na­vant es­sen­tielle. Ré­sul­tat: la place se pro­fes­sion­na­lise

Monaco-Matin - - La Une - JOËLLE DEVIRAS

Si la­trans­pa­rence est de­ve­nue maître mot, en ma­tière de com­mu­ni­ca­tion, la place ban­cai­rea­gar­dé tou­te­sa­dis­cré­tion. Fer­me­tu­resd’éta­blis­se­ments, fu­sion, re­struc­tu­ra­tion… Dans le pe­tit­monde feu­tré de la banque, le si­lence est d’or. Alors pour­par­ler d’ar­gent avec un ban­quier, il faut se conten­ter de ré­ponses écrites. C’est dé­jà mieux que rien… Pour­tant, il s’en passe des choses dans un sec­teur d’une tren­taine d’éta­blis­se­ments, re­pré­sen­tant 4,1 mil­liard­sd’eu­ros de fond­scom­munsde pla­ce­ments. Ces der­nières an­nées sont mar­quées par les ri­deaux­qui se baissent dé­fi­ni­ti­ve­ment. Et si on nous parle tou­jours de «dé­ve­lop­pe­ment stra­té­gique» et de « per­for­mances ac­crues » pour jus­ti­fier des ra- chats d’une banque par une autre, les éta­blis­se­ments­qui ferment sont par­fois dans la tour­mente de troubles af­faires… Quelques exemples. EFG In­ter­na­tio­nal a re­pris BSI - em­pê­tré dans le scan­da­lePe­tro­bras -, etaan­non­cé, le 1er no­vembre, son ac­qui­si­tion­pour un prix d’achat pré­li­mi­naire de près d’un mil­liardd’eu­ros. En mars der­nier, c’était J. Sa­fra Sa­ra­sin qui si­gnait un ac­cord de ra­chat de Cré­dit Suisse. Or l’image du Cré­dit suisse Mo­na­co souffre ces der­nières se­maines avec la mi­seen­dé­ten­tion, à la fin de l’été, pou­ra­bus de confiance, d’une de ses char­gées de clien­tèle… Der­nière in­for­ma­tion en date: le19 oc­tobre, le CFM In­do­suez Wealth Ma­na­ge­ment fai­sait sa­voir qu’il avait si­gné « unac­cordde ré- fé­ren­ce­ment » avecHSBCP­ri­vate Bank, HSBC im­pli­qué dans l’af­fai­redes ta­bleauxde son plus gros client, Dmi­tri Ry­bo­lov­lev et dans le scan­dale des « Pa­na­ma pa­pers ». La banque Au­di, res­tée­vingt mois (en­tre­juin 2011et­mars 2013) au 24 bou­le­vard des Mou­lins s’est trans­for­méeen so­cié­té­de­ges­tion- vingt etun sa­la­riés ayant, dans le trans- fert, per­du leur em­ploi. En 2013, c’estUBP­qui re­prend la Lloyds. À chaque ra­chat ou ac­cord, il est question de li­cen­cie­ments… La place ban­caire mo­né­gas- que doit donc à la fois ré­pon­dreaux exi­gen­ces­de­trans­pa­rence tou­jours plus fortes, suivre les stra­té­gies des grands groupes in­ter­na­tio­naux qui s’orientent vers la concen­tra­tion en grands groupes fi­nan­ciers et faire face aux pe­ti­te­set­grosses af­faires ju­di­ciaires qui en­tachent en­core son image. En bout de chaîne, ce sont éga­le­ment les sa­la­riés qui se trouvent contraints, dans ce grand cham­bou­le­ment, àal­ler cher­cher­du­tra­vail ailleurs… Glo­ba­le­ment­donc, le sec­teur es­ten­plei­ne­mé­ta­mor­phose. Dans un pay­sage in­ter­na­tio­nal où il s’agit d’être « com­pliant », ce sont les éta­blis­se­ments les plus an­ciens, so­lides et sans scan­dales, qui par­viennent à ti­rer leur épingle du jeu.

(Pho­to Jean-Fran­çois Ot­to­nel­lo)

Le  no­vembre, le CFM In­do­suez Wealth ma­na­ge­ment an­non­çait la si­gna­ture d’un ac­cord pour re­prendre la clien­tèle d’HSBC. Une op­por­tu­ni­té de dé­ve­lop­pe­ment pour le ré­pu­té CFM.

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