« La Fran­ce­meurt de la tech­no­cra­tie »

Monaco-Matin - - Face À La Rédaction -

Avec le « Small Bu­si­ness act », vous es­pé­rez que  % des mar­chés pu­blics se­ront at­tri­bués à des en­tre­prises lo­cales. Sauf que cette « pré­fé­rence ré­gio­nale » est contraire aux règles de l’Union eu­ro­péenne… La pré­fé­rence ré­gio­nale, ce n’est pas un gros mot. C’est une exi­gence. J’ai dé­jà­mis en place cette me­sure il y a trois ans au sein de la Mé­tro­pole. A l’époque,  % des mar­chés pu­blics étaient at­tri­bués à des en­tre­prises de la ré­gion. Au­jourd’hui, nous sommes pas­sés à  %. Je n’ai pas vu de re­cours de la part des ins­ti­tu­tions eu­ro­péennes par rap­port aux cri­tères que nous avions­mis en place.

Le cri­tère de « l’im­plan­ta­tion géo­gra­phique » de l’en­tre­prise est ju­gé « dis­cri­mi­na­toire » par les ins­tances eu­ro­péennes. Ce­la ne ré­duit-il pas votre ac­tion à un ob­jec­tif pieux? Pour les ul­tra-li­bé­raux et les eu­ros­cep­tiques, les règles eu­ro­péennes, ce n’est ja­mais qu’un pré­texte pour ne rien faire. Nous, nous sommes dé­ci­dés à agir. Il faut prendre en compte la to­ta­li­té des cri­tères qui sont les dé­lais de paie­ment, l’environnement, la ca­pa­ci­té des sa­la­riés à par­ler la langue fran­çaise…

Vous avez pro­mis de bais­ser le taux de chô­mage de  % à  % dans la ré­gion, no­tam­ment en créant une banque ré­gio­nale d’ap­pren­tis­sage. Les ob­jec­tifs ont-ils été at­teints? Cette banque ré­gio­nale est créée et elle fonc­tionne. Tous les ac­teurs se re­trouvent au­tour de la même table. Par ailleurs, nous sommes en train de créer un ob­ser­va­toire qui ne soit pas uni­que­ment ba­sé sur le taux de chô­mage, qui est lar­ge­ment faus­sé. Je sou­haite qu’il soit opé­ra­tion­nel pour le  er jan­vier . Cer­tains sont li­cen­ciés à Lille et viennent s’ins­crire à Pôle Em­ploi chez nous, ce qui vient gros­sir les sta­tis­tiques de la ré­gion. Ce qui m’in­té­resse, c’est de sa­voir com­bien de sa­la­riés sortent du mar­ché de l’em­ploi dans la ré­gion et com­bien y rentrent. Mois par mois, nous au­rons ain­si une pho­to­gra­phie de la réa­li­té des em­plois créés chez nous.

Vous étiezàMar­seille ré­cem­ment pour ti­rer un pre­mier bi­lan du par­te­na­riat si­gné avec l’écri­vain et Alexandre Jar­din, à la tête d’un mou­ve­ment ci­toyen. Les ci­toyens sont-ils plus doués que les po­li­tiques pour ré­gler le pro­blème? Ré­cem­ment, nous avons fait re­cru­ter par la banque LCL douze jeunes qui ont bé­né­fi­cié d’un coaching per­son­na­li­sé grâce à ce dis­po­si­tif. C’est un vé­ri­table es­poir et une so­lu­tion concrète. Nous sou­te­nons éga­le­ment le « Ca­fé contact de l’em­ploi », qui met en re­la­tion chefs d’en­tre­prise et de­man­deurs d’em­ploi dans un ca­fé. Cer­tains dans la haute ad­mi­nis­tra­tion consi­dèrent qu’on a tout es­sayé contre le chô­mage. Ce n’est pas vrai. Moi, je dis que c’est aux po­li­tiques de re­prendre le des­sus au nom des ci­toyens. Sur l’em­ploi, je veux bous­cu­ler les ta­bous. La Fran­ce­meurt de la tech­no­cra­tie.

  em­plois ne sont pas pour­vus en ré­gion Pa­ca. En six­mois, ils le se­ront, aviez-vous pro­mis. Où en est-on? On peut es­ti­mer à près de  % le che­min par­cou­ru. Un site in­ter­net pré­vu à cet ef­fet se­ra d’ailleurs opé­ra­tion­nel le  jan­vier pro­chain.

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.