Ligne Nice-Tende-Cu­néo : la ré­no­va­tio­nen­bonne voie

Lors d’une réunion or­ga­ni­sée hier à Breil-sur-Roya, en pré­sence des as­so­cia­tions de dé­fense de la ligne fer­ro­viaire et d’élus lo­caux, la Ré­gion et la SNCF ont pré­sen­té leurs pro­jets pour le rail

Monaco-Matin - - Côte D’azur - ALICE ROUS­SE­LOT arous­se­lot@ni­ce­ma­tin.fr

Sou­cieuses de ne pas se re­trou­ver dans une voie sans is­sue, les as­so­cia­tions de dé­fense de la ligne fer­ro­viaire Nice-Ten­deCu­néo at­ten­daient beau­coup de la réunion or­ga­ni­sée hier à Breil-surRoya. En pré­sence d’élus de la Ré­gion, des­com­munes im­pac­tées par le tra­cé (Ita­lie com­prise) et d’un re­pré­sen­tant de la SNCF. « Nous avons en­ten­du beau­coup de choses fausses, comme quoi nous al­lions fer­mer la ligne ou des gui­chets. Mais le train des Mer­veilles va conti­nuer », in­tro­duit le­vice-pré­sident en char­gedes trans­ports à laRé­gion, Phi­lippe Ta­ba­rot. Pré­ci­sant que des tra­vaux de sé­cu­ri­sa­tion de la ligne se­ront néan­moins­né­ces­saires, de sep­tembre 2017àmai 2018. Même si « les pé­riodes de tra­vaux sont for­cé­ment pé­na­li­santes » . S’il fau­dra se ra­battre sur des bus de sub­sti­tu­tion du­rant cette pé­riode.

« Train de tous les jours »

« Le train des Mer­veilles c’est su­per, souffle Re­né Da­hon du Co­mi­té de dé­fense de la ligne de vie. Mais nous, c’est le train de tous les jours qui nous im­porte. Quand nous ne pou- vons pas em­me­ner les en­fants à l’école, al­ler voir des proches ou que nous res­tons six mois sans com­mu­ni­ca­tion de la Ré­gion, ce n’est pas fa­ci­leà­vivre. » Et de po­ser la­ques­tion brû­lant les lèvres de cha­cun des au­di­teurs: quid de la vitesse de la ligne, ré­duite à 40 km/h sur la por­tion Breil-Tende? Le mai­re­deB­reil, An­dré Ipert, dé­ve­loppe: « La vitesse à 80 km/h jus­ti­fie­rait plus que ja­mais le train. » In­sis­tant, aus­si, sur la lé­gi­ti­mi­té d’un re­tour à la li­gneB­reil-Vin­ti­mille. « Sans elle, il manque une jambe: le prin­ci­pal bas­sin d’em­ploi es­tàMo­na­co, il faut pou­voir re­lier Sos­pel en 12 mi­nutes ou Breil en 20 mi­nutes. » De­ma­nière, se­lon lui, à faire re­ve­nir les gens contraints à dé­mé­na­ger faute de ro­ta­tions suf­fi­santes. « On sait que c’est vi­tal, ré­pond le conseiller ré­gio­nal. Notre ob­jec­tif, c’est de conti­nuer à ex­ploi­ter les lignes ac­tuelles et d’es­sayer de les dé­ve­lop­per. No­tam­ment en aug­men­tant la vitesse, pour­quoi pasà60km/h dans un pre­mier temps… » A la question de la fia­bi­li­té du ser­vice, Phi­lip­peTa­ba­rot ri­poste… contre laSNCF. « Nos re­la­tions sont très ten­dues ces temps-ci. Nous ne vou­lons pas re-si­gner la con- ven­tion qui nous lie jus­qu’à dé­cembre. Nous es­ti­mons que nous payons trop cher - 300 mil­lions d’eu­ros par an - pour le ser­vice ren­du. » Si le contrat est rompu, qu’ad­vien­dra-t-il de la ligne? de­mande-t-on dans la salle. « Nous avons de­man­déà­nos ser­vices de trou­ver d’autres pistes sur l’en­semble des trans­ports dans le cadre de la mise en concur­rence, pré­vue entre 2019 et 2023. Ce­la ne vou­dra pas dire que nous sup­pri­me­rons des lignes, ni que Thel­lo ex­ploi­te­ra tout. Mais on peut en­vi­sa­ger une re­prise en ré­gie, comme pour le Traindes Pignes, ou un ac­cord avec un autre par­te­naire, voire un par­te­na­riat re­con­ven­tion­né avec la SNCF ». Face aux in­ter­ro­ga­tions qui de­meurent dans la salle, aux­quelques es­poirs res­té­sen­sus­pens, la conseillère ré­gio­nale Lau­rence Boet­ti-Fo­res­tier, élue au conseil mu­ni­ci­pal de Breil, ré­af­firme sa vo­lon­té de dé­fendre coûte que coûte la ligne. « C’est un axe de vie qui tra­verse trois val­lées, une dor­sale fon­da­men­tale qui re­lie deux États et deux mé­tro­poles, Nice et Tu­rin. », conclut-elle.

(Pho­tos Jean-Fran­çois Ot­to­nel­lo)

Le conseiller ré­gio­nal Phi­lippe Ta­ba­rot en­tou­ré de Lau­rence Boet­ti-Fo­res­tier, conseillère ré­gio­nale et An­dré Ipert, maire de Breil­sur-Roya.

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