L’heu­redes L’heure des comptes

Mou­rad Boud­jel­lal, le pré­sident du RCT, est en co­lère après le re­vers à Lyon. Il s’ap­prête à ad­mi­nis­trer un re­mède de che­val à son club

Monaco-Matin - - Sports - RA­PHAËL COIFFIER

Sa co­lère est froide. Tel un mis­tral tom­bé brus­que­ment sur la rade. Di­manche, àLyon (27-13), Mou­rad Boud­jel­lal a quit­té la scène à la 60e mi­nute. Anéan­ti par la pièce de bou­le­vard­ser­vie par son équipe. « Je ne suis pas una­ma­teur de cor­ri­da. Perdre comme ça, c’est de la stu­pi­di­té... » Le bos­sa­donc tour­né les ta­lons. Mais pour mieux rayon­ner au sein de l’arène tou­lon­naise. Em­poi­gnant le tau­reau par les cornes dès ce lun­di et dé­si­gnant les fau­tifs de cette pe­tite mort !

Sur le cul de Fan­ny

« Les sé­lec­tion­nés n’étaient là en fait que phy­si­que­ment. Ils avaient dé­jà la tête ailleurs, dans l’avion... » Gor­godze, Chi­la­cha­va ou en­core Ma­noa ne sont pas les seulsàê­tre­poin­tés du doigt pré­si­den­tiel. Tout le tra­la­la en marge du club lui pèse éga­le­ment sur les nerfs... « Cer­tains joueurs pensent que je leur ai fait un contrat plu­ri­ac­tif. C’est ter­mi­né ! » En gros, àeux de s’in­ves­tir pour leRCTet non d’in­ves­tir­grâce au RCT. « Il n’en est plus question. Ce mes­sage, je vais leur faire pas­ser. Car, dans le monde nor­mal, tu es­saies d’être au ni­veau du sa­laire que tu per­çois... » C’est­dires’il n’a pas goû­té la pa­ro­die lyon­naise des Feux de l’amour. « Là-bas, on a ga­gné la guerre des bi­sous. Avec le der­nier fait sur le cul de Fan­ny puis­qu’on est re­ve­nu avec zé­ro point ! Bien sûr, il n’y a rien d’alar­mant. Lyon est une belle équipe. On est troi­sième du Top14. Mais j’ai quand même dé­ci­dé d’in­ter­rompre toutes les­né­go­cia­tions de pro­lon­ga­tion de contrat. Même avec les ba­rons... » Jus­qu’à fin dé­cembre, si­lence ra­dio donc. « Le pas­sé est mort. Je­me­fous de ce qu’a ap­por­té un­tel ou un­tel au club. J’achète le fu­tur ! » Mou­radBoud­jel­lal s’ac­corde ain­si un dé­lai de ré­flexion afin de sa­voir qui il conser­ve­ra. Ou pas. « On a été des bour­geois. Dé­sor­mais, je veux des morts de faim qui mé­ritent leur place. Pré­sents à l’an­née et non des in­ter­mit­tents qu’on paie à l’an­née. »

En pé­riode d’es­sai

Le re­cru­te­ment se­ra donc mixé. Avec peut-être moins d’in­ter­na­tio­naux. « Il y a du beau monde en salle d’at­tente. » No­tam­ment une bombe. « Ce se­ra dif­fi­cile. Je tente un coup... » Un de plus. Dans la droite li­gnée des Uma­ga, Gre­gan, Bo­tha, Mat­field. « C’est en dis­cus­sion... » Le mar­chand­de­rêve ne ven­dra pas da­van­tage la peau de l’ours. Pré­fé­rant re­ve­nir sur le­pré­sent. Les pré­sents. « Tous les joueurs en fin de contrat sont dé­sor­mais en pé­riode d’es­sai. » Les si­mu­lacres de rug­by ont vé­cu. Le peuple deMayol­mé­rite une autre pi­tance. Sur­tout que les temps sont durs. Les re­cettes, à la­baisse en­di­guée, de nou­veau en souf­france. Et le jeu tou­lon­nais, cette fois, n’est pas en cause. « Je pense que laLigue nous en veut en pro­gram­mant no­tam­ment nos­matches le­di­man­cheà21 heures. Sans par­ler des amendes qu’elle nous in­flige. Tout ce­la est ré­flé­chi et on perd ain­si des cen­taines de mil­liers d’eu­ros. Il est donc dif­fi­cile de te­nir un bud­get dans ces condi­tions... »

A l’oreille de Ber­nard La­porte

Peut-êtreque les lignes bou­ge­ront si, d’aven­ture, Ber­nard La­porte rem­por­tait la pré­si­dence de la FFR. UnLa­porte à qui il chu­chote à l’oreille, his­toire de... « Il se­rait ins­truc­tif qu’une com­mis­sion d’en­quête se penche sur le­sac­qué­reurs des ter­rains au­tour du fu­tur grand stade. Qu’elle dé­ter­mine quand ils ont été ache­tés. On sait per­ti­nem­ment que lors de ces pro­jets, des gens ont des fai­blesses... » Une fa­çon de se rap­pe­ler au bon sou­ve­nir de ceux qui lui ont cla­qué la porte au nez à la Ligue en oc­tobre. Sauf que Boud­jel­lal re­vient tou­jours par la fe­nêtre !

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