« Le hé­ros, c’est vous! »

LL’ap­pel des pom­piers:

Monaco-Matin - - Le Dossier Du Dimanche -

Le ca­pi­taine Phi­lippe Cec­co­ni, in­fir­mie­r­anes­thé­siste sa­peur-pom­pier, est char­gé de la pro­mo­tion de l’usage des dé­fi­bril­la­teurs et du mas­sage car­diaque dans les Alpes-Ma­ri­times. Il en ap­pelle à un ré­veil ci­toyen.

Quel mes­sage adres­ser au grand pu­blic?

Le hé­ros, c’est vous! N’hé­si­tez sur­tout pas à in­ter­ve­nir. Le­hé­ros, c’est le grand pu­blic, et on ne le lui dit pas as­sez sou­vent. Or s’il n’in­ter­vient pas, les chances de sau­ve­tage sont très ré­duites. Dans  % des in­ter­ven­tions re­cen­sées dans les Alpe-sMa­ri­times, ce sont ces té­moins qui vont pou­voir re-ré­gler ce coeur dé­ré­glé. La seule er­reur que les gens puissent com­mettre, c’est de ne pas agir!

Ma­ni­pu­ler un­dé­fi­bril­la­teur, est-ce vrai­ment à la por­tée de tous?

Tou­taé­té conçu pour que n’im­porte qui puisse le faire. Le dé­fi­bril­la­teur sur la voie pu­blique, c’est la pe­ti­te­boî­te­ma­gique qui per­met de sau­ver une vie, mê­meàune per­sonne néo­phy­teou­béo­tienne. Quand vous la met­tez en route, la ma­chine « prend la main » sur l’hu­main, vous ex­plique où col­ler les élec­trodes, s’il faut sé­cher la poi­trine, mas­ser... Son job, c’est d’ana­ly­ser un état de­dé­rè­gle­ment du coeur. Or, il reste peu de temps avant son ar­rêt to­tal. Voi­là pour­quoi qu’on ins­talle les dé­fi­bril­la­teurs sur la voie pu­blique, près des en­droits très fré­quen­tés ou des struc­tures spor­tives.

Quels sont les symp­tômes per­met­tant de diag­nos­ti­quer un ar­rêt car­diaque?

S’il s’agit d’une per­sonne in­cons­ciente, qui ne ré­agit pas et res­pi­rede fa­çon nor­male. Dans le doute, mieux vaut mas­ser plu­tôt que de pas­ser à cô­té!

Quel est le pre­mier ré­flexeàa­voir?

Ap­pe­lez le . Pas le  ou le , mais le  ! En cas d’ar­rêt car­diaque, c’est pa­nique àbord. On perd­du temps. Or les se­condes comptent. Vous avez qua­treà­cinq mi­nutes pour in­ter­ve­nir; au-de­là, on perd  % de cer­veau à chaque mi­nute. Alors, dans les pays scan­di­naves, on en­seigne aux en­fants de der­nière sec­tion de ma­ter­nelle un moyen mé­mo-tech­nique: « S’il n’ya­pas d’adulte avec toi, ap­pelle le . Par­ceque tu as  bouche,  nez et  yeux. » C’est ain­si qu’on in­vite les gens à culti­ver un es­prit fra­ter­nel et à sau­ver des vies...

Quels fac­teurs fa­vo­risent l’ar­rêt car­diaque? Le sport, le stress... ?

Tout le monde est concer­né par l’ar­rêt car­diaque. ÀVence, Maxime Can­dau, le ca­pi­taine de l’équipe de Fran­ce­de­hand­ball, a fait un ar­rêt car­diaque fa­tal à l’âge de  ans. Bien sûr, la­pra­tique spor­tive aug­mente le risque, mais ce­la peut tou­cher d’autres si­tua­tions: la­qua­li­téa­li­men­taire, le fac­teur stress, la­pol­lu­tion, la com­bi­nai­son de la ci­ga­ret­teet de la contra­cep­tion... Dans les Alpes-Ma­ri­times, on re­cense près de trois ar­rêts car­diaques par jour,  à  par an. Ça ne concerne pas que les at­ten­tats!

Com­bien de vies pour­rait-on sau­ver?

En France, se­lon la So­cié­té fran­çaise de car­dio­lo­gie, on­perd   à   vies par an du fait de la mort su­bi­tede l’adulte. Ce­la tient no­tam­ment au fait que les gens ne passent pas as­sez à l’ac­teet n’uti­lisent pas les dé­fi­bril­la­teursà­bon es­cient.

La France ac­cu­seun re­tard cer­tain dans la for­ma­tion aux pre­miers se­cours?

Soyons clairs, on est mau­vais. Moins de  % de la po­pu­la­tion est for­mée au se­cou­risme. Aux États-Unis, c’est plus de  % et dans les pays scan­di­naves,  % ! L’Édu­ca­tion na­tio­na­leaun­peu rat­tra­pé son re­tard, mais c’est en­core très insuffisant. Pour­quoi ne pas rendre cette for­ma­tion obli­ga­toi­reau mo­ment de pas­ser le per­mis de conduire? En plus, ça crée­rait de l’em­ploi...

Le sau­ve­tage mi­ra­cu­leux de Da­vid-Ginola re­lè­ve­du cas d’école?

On peut di­reque Gi­no­laaeude la chance parce qu’ila­bé­né­fi­cié de la chaîne de se­cours idéale. Pas parce qu’il s’ap­pelle Ginola, mais parce qu’il était en­tou­ré de gens for­més au mas­sage car­diaque. En juin  aus­si, àNice, un homme qui jouait du pia­no lors d’une fê­teaé­té vic­time d’un ar­rêt car­diaque. Ila­bé­né­fi­cié exac­te­ment de la même chaîne de se­cours. Les gens ont agi très vi­teet le­dé­fi­bril­la­teur était sur le site. D’ailleurs, de­puis cet épi­sode, j’ai fait mo­di­fier les boî­tiers pour qu’ils soient plus ac­ces­sibles, et que les gens adoptent une at­ti­tude plus sim­pli­fiéeet in­tui­tive.

(Pho­to M. D.)

Le ca­pi­taine Phi­lippe Cec­co­ni, char­gé de la pro­mo­tion des gestes qui sauvent.

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