 maiàMan­de­lieu :

Monaco-Matin - - Le Dossier Du Dimanche -

Le 19 mai der­nier au­soir. L’info a fait le tour des ré­dac­tions après les ré­vé­la­tions de Nice-Ma­tin. Da­vid Ginola est entre la vie et la mort. Il vient d’être vic­time d’une mort su­bite. Un ar­rêt car­diaque, en plei­ne­par­tie de foot en­trea­mis. L’ac­ci­dent est sur­ve­nu sur un mi­ni-ter­rain dans la­pro­prié­té de son ami JeanS­te­phan Ca­me­ri­ni à Man­de­lieu. El Ma­gni­fi­co, comme l’ont sur­nom­mé les pas­sion­nés, ve­nait de dé­jeu­ner avec ses co­équi­piers d’un jour: Oli­vier Gi­rault, l’an­cien in­ter­na­tio­nal de handball tri­co­lore; le chan­teur Matt Po­ko­ra; les an­ciens foo­teux, Frédéric Men­dy, Laurent Ro­bert, Fa­brice Fio­rèse. Et les ac­tuels, Clé­mentG­re­nier ou en­co­reVa­lère Germain. Un match bon en­fant pour l’an­cienne idole du Parcdes Princes. Un pe­tit « neuf contre­neuf » ar­bi­tré par le fê­tardP­hi­lippe Cor­ti. Quand sou­dain, Gi­no s’écroule. Non pas pour cher­cher un pe­nal­ty comme le char­rie le DJ des stars. « Ona tous cru qu’il fai­sait le con » , se sou­vient Fred Men­dy. Heu­reu­se­ment, très vite, ils prennent conscience que l’af­fai­reest grave. Heu­reu­se­ment en­core, Fred Men­dy a été ini­tié, lors­qu’il jouait sous les cou­leurs du Spor­ting à Bas­tia, aux gestes qui sauvent. Pour le coup, il lui a sû­re­ment sau­vé la vie. En oxy­gé­nant le cer­veau à grands coups de paume de la­main pla­cé sur le tho­rax in­ani­mé de Da­vidGi­no­la. S’il ne fai­sait pas l’im­bé­cile sur le ter­rain, en re­vanche, su­bir un « qua­druple pon­tage à 48 ans, c’est qu’il a du jouer au con », ose un proche. Pour le Pr Drey­fus qui l’a opé­ré en ur­gence au Centre car­dio-tho­ra­cique de Mo­na­co: « Ceux qui l’ont vrai­ment sau­vé, ce sont ses co­pains qui jouaient au foot avec lui. Les pre­miers soins qu’ils lui ont pro­di­gués ont été dé­ter­mi­nants. Tout comme la chaîne de se­cours qui s’est par­fai­te­ment com­bi­née à 100 %.» Un en­chaî­ne­ment heu­reux qui com­mence par le mes­sage re­çu sur le bi­peur d’Alexia. Cette in­fir­mière li­bé­rale qui se­ra aler­tée à 16h29 du ma­laise car­diaque d’un in­di­vi­du, in­cons­cient. « Je ne par­le­rais pas d’un sau­ve­tage mi­ra­cu­leux de Da­vid Ginola, mais d’un homme », dé­cla­reau­jourd’hui celle qui a bon­di dans le vé­hi­cule des sa­peurs pom­piers­deCannes en vi­sua­li­sant à la per­fec­tion l’en­droit où elle de­vait se rendre. Fait du ha­sard ou de la pro­vi­dence, le ma­tin­même, elle avait aper­çu le ter­rain de foot lors d’une autre in­ter­ven­tion dans un ap­par­te­ment voi­sin.

Une course contre la mort

« J’ai su as­sez vite qui était la vic­time. Mais dans ma tête, je l’ima­gi­nais avec un ou deux amis. Je n’ai réa­li­sé qu’à la fin de l’in­ter­ven­tion qu’il y avait tant de monde au­tour de nous. C’est ce qu’on ap­pelle “l’ef­fet tun­nel”. On ne voit rien, juste la­vic­time. Je ne me pré­oc­cu­pais ab­so­lu­ment pas du fait que c’était une VIP, mais d’ob­te­nir au plus vite un ren­fort mé­di­cal! », pour­sui­telle. Des potes qui ont su faire ce qu’il fal­lait. « Heu­reu­se­ment » , sou­ligne en­core le pro­fes­seur Drey­fus: « Un cer­veau qui n’est pas ir­ri­gué pen­dant trois mi­nutes peut su­bir des dé­gâts ir­ré­ver­sibles. » Matt Po­ko­ra qui lui sort la langue de la bouche. Fred Men­dy­qui réa­lise le bon mas­sage mal­gré la puis­sante cage tho­ra­cique de l’an­cien in­ter­na­tio­nal tri­co­lore. La course contre la montre, contre la mort, est en­ga­gée. « Étran­ge­ment, j’y suis al­lée enme di­sant: “Ça va le faire.” Alors que sta­tis­ti­que­ment, il y avait neuf chances sur dix qu’il ne s’en sorte pas », sou­pire en­co­reA­lexia. « Mais j’y ai cru. Pas parce que c’était Ginola, mais parce que j’avais l’im­pres­sion que peu de temps s’était écou­lé entre l’ap­pel et mon ar­ri­vée. Quand ils m’ont bi­pée, j’étais à trois mi­nutes de l’in­ter. Je sa­vais que ça se pré­sen­tait bien. Tout au long de l’échan­gea­vec le Centre de trai­te­ment de l’alerte (CTA), je pen­sais: “On gagne. On gagne…” » Les pom­piers sont ar­ri­vés cinq mi­nutes après, quand le dé­lai moyen d’une in­ter­ven­tion est de neuf. « Coup de chance, parce qu’ils étaien­tà­proxi­mi­té. Sur les der­nières cen­taines de mètres, il y avait des gens à tous les coins de rue. Ils ont fait un tra­vail de fou. Dès que mon col­lègue Da­vid a ga­ré le vé­hi­cule et que j’ai ou­vert le coffre, cinq per­sonnes se sont pré­ci­pi­tées pour me dire: “Com­ment peut-on vous ai­der ?” » Alexia en tremble en­co­re­quan­delle se re­mé­more l’in­ter­ven­tion. Pour le chi­rur­gien mo­né­gasque, « ce qui est fou, dans le cas Ginola, c’est que mal­gré l’état d’avan­ce­ment de sa ma­la­die co­ro­na­rienne, il n’avait ja­mais eu d’alerte, ni de symp­tômes. C’est stu­pé­fiant » . Alexia pour­suit: « C’est mi­ra­cu­leux. Au vu de tout ce qu’ilaeu, il fi­gure par­mi les 3 % de gens qui s’en sortent – même si dans le dé­par­te­ment, on est à 5 %, grâce àune bonne den­si­té mé­di­cale. Et sans sé­quelle! Mais j’ai dit à mon conduc­teur: “Si lui ne s’en sort pas, je n’y crois plus.” On s’est tous tel­le­ment don­nés à fond… »

Ceux qui l’ont sau­vé, ce sont les co­pains ”

Opé­ré tout de suite

Et puis il y a aus­si la part de chance. « Même si on se donne tou­jours les moyens d’abou­tir. Même quand on part per­dants. Une fois, avec MarcMa­gro, on a se­cou­ruun ga­min de 16 ans qui sor­tait de boîte de nuit. On l’a mas­sé pen­dant 1h45 et on lui a pro­di­gué 17 chocs. On

Da­vid, ému aux larmes hier, lors­qu’il a re­trou­vé le mé­de­cin et l’in­fir­mère qui sont in­ter­ve­nus à Man­de­lieu le  mai der­nier.

Da­vid Ginola et ses amis le ma­tin de l’ac­ci­dent.

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