Nice : une star duX et son ma­ri en­pri­son

Après quatre jours de pro­cès à huis clos, Ra­phaël Cor­bi­no et son épouse Jas­mine ont été condam­nés à 15 ans et 6 ans de pri­son, cou­pables de viols et cor­rup­tion d’ado­les­centes

Monaco-Matin - - Côte D’azur - CH­RIS­TOPHE PER­RIN chper­rin@ni­ce­ma­tin.fr

Lui a 45 ans, elle 26. Ils se sont ren­con­trés au Ma­roc alors qu’elle était à peine ma­jeure. Ra­phaël Cor­bi­no et Jas­mine Ara­bia, unis pour le pire, ont été re­con­nus cou­pables cette se­maine à Nice de viols, agres­sions sexuelles et cor­rup­tion de mi­neures. L’ac­cu­sé, an­cien­bra­queur re­con­ver­ti en po­seur de par­quets, s’était lan­cé dans la pro­duc­tion de vi­déos por­no­gra­phiques. Sa femme de­ve­nait une va­leur mon­tante dans le mi­lieu du X. L’as­cen­sion du couple a été stop­pée net par les gra­vis­simes ac­cu­sa­tions de quatre jeunes filles.

Col­lé­giennes en crise

En dé­ten­tion pro­vi­soire de­puis trois ans, l’ac­cu­sé a été condam­né cette se­mai­neà­quinze ans de ré­clu­sion cri­mi­nelle, peine conforme aux ré­qui­si­tions de l’avo­cat gé­né­ral Clo­tilde Ga­ly, qui a évo­qué « un pacte du diable » entre un homme dé­crit comme « violent, ma­ni­pu­la­teur », et la belle et sou­mise Ma­ro­caine. Jas­mine Ara­bia qui, àce jour, n’avait ja­mais été pri­vée de sa li­ber­té, a été me­not­tée au mo­ment du ver­dict. Six ans de pri­son lui ont été in­fli­gés, soit une peine su­pé­rieu­reaux six ans dont qua­trea­vec sur­sis­de­man­dés par l’ac­cu­sa­tion. À l’is­sue de quatre jours de dé­bats à huis clos, « éprou­vants » se­lon les ac­teurs­du­pro­cès, deux jeunes femmes, vic­times d’un couple à la sexua­li­té­dé­bri­dée, étaient en larmes. Elles avaient 14 ans, étaient col­lé­giennes en pleine crise d’ado­les­cence, quand elles se sont re­trou­vées sous la coupe de Ra­phaël Cor­bi­no et de Jas­mine Ara­bia. Me San­drine Re­boul, par­tie ci­vile, s’est bat­tue pour que cette af­faire ne soit pas ren­voyée en cor­rec­tion­nelle, comme le sou­hai­tait le juge d’ins­truc­tion, mais aux assises.

Sur fond d’al­cool et de drogue

Elle se mon­trait sou­la­gée à la sor­tie du pa­lais de jus­tice: « La mère de Sa­bine(*) a dé­po­sé plainte en mars 2011 au com­mis­sa­riat de Nice. L’en­quête a été très longue mais nous sommes en­fin re­con­nues comme vic­times. » Deux jeunes filles sur les quatre de­man­daient des­dom­mages et in­té­rêts à leurs agres­seurs. Si les ado­les­centes ex­pliquent avoir as­sis­té à des tour­nages de scènes por­no­gra­phiques et avoir eu des re­la­tions sexuelles avec les ac­cu­sés sur fond d’al­cool, de can­na­bis et de Pop­pers (drogue ré­pu­tée aphro­di­siaque), au­cune image n’a été re­trou­vée dans les or­di­na­teurs et la ca­mé­ra du couple met­tant en scène les vic­times. D’autre part, Sa­bine est dé­crite par l’un des psy­chiatres comme très per­tur­bée, vic­time d’hal­lu­ci­na­tions... Pas suf­fi­sant, semble-til pour faire dou­ter la cour et les ju­rés. Se­lon Me Yann Cres­pin, avo­cat de la par­tie ci­vile, « mal­gré des élé­ments pro­bants, les ac­cu­sés ont per­sis­té à nier. La re­con­nais­sance de leur culpa­bi­li­té est une grande sa­tis­fac­tion. » Le couple a aus­si­tôt dé­ci­dé de faire ap­pel de sa condam­na­tion (*) Pré­nom d’em­prunt.

(Pho­tos C. P.)

Jas­mine Ara­bia com­pa­rais­sait libre : elle a été écrouée à l’is­sue du pro­cès.

Me San­drine Re­boul et Me Yann Cres­pin ont dé­fen­du les in­té­rêts de deux vic­times dans ce pro­cès.

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