LesB­leus, ces fortes têtes

Vain­queurs des Sué­dois (2-1), les hommes de Di­dier Des­champs ont cru en leurs forces et leur des­tin pour se sor­tir d’une si­tua­tion dé­li­cate et prendre seuls la tête du groupe A

Monaco-Matin - - Sports -

C’est aus­si ça la force des grandes équipes : la France a dé­sor­mais ac­cu­mu­lé suf­fi­sam­ment de cer­ti­tudes et d’ex­pé­rience pour pou­voir se sor­tir sans trop de sou­ci de si­tua­tions pé­rilleuses, à l’image de son suc­cès la­bo­rieux contre la Suède (2-1), ven­dre­di soir au Stade de France, dans la course au Mon­dial-2018. Les Bleus ont le cuir bien épais. Et il le fal­lait pour ren­ver­ser la va­peur face aux Nor­diques. L’ad­ver­saire, or­phe­linde son icô­neZ­la­tan Ibra­hi­mo­vic, néo-re­trai­té in­ter­na­tio­nal, n’avait rien d’un foudre de guerre mais les Fran­çais n’étaient vi­si­ble­ment pas dans un grand soir. Qu’à ce­la ne tienne : il a suf­fi de deux coups d’éclats si­gnés Paul Pog­ba et Di­mi­tri Payet pour an­nu­ler en 11 mi­nutes l’ou­ver­ture du score sué­doise et bas­cu­ler ain­si seul en tête du grou­peAdes qua­li­fi­ca­tions de la zone Eu­rope, ce qui dé­gage in­dé­nia­ble­ment l’ho­ri­zon pour la Coupe du­monde en Rus­sie. Quand rien ne va, les vice-cham­pions d’Eu­rope peuvent se fier à leur men­tal à toute épreuve et à leur force de ca­rac­tère. Cette équipe, née un cer­tain 19 no­vembre 2013 en bar­rages re­tour du Mon­dial-2014 contre l’Ukraine (3-0), a de­puis vé­cu mille vies, avec en point d’orgue un for­mi­dable par­cours à l’Eu­ro-2016 qui n’a fait que ren­for­cer sa co­hé­sion.

Un men­tal de fer

La pré­pa­ra­tion chao­ti­que­duC­ham­pion­nat d’Eu­rope (for­faits en cas­cade, af­faire Ben­ze­ma, ac­cu­sa­tions de ra­cisme contre Di­dier Des­champs, sus­pen­sionde Sa­kho­pour in­frac­tion au code an­ti­do­page avant d’être blan­chi), puis les aléas de la phase fi­nale ont in­dé­nia­ble­ment ci­men­té le groupe et il en faut beau­coup plus pour le dé­sta­bi­li­ser. La Bul­ga­rie, qui a elle aus­si me­né au Sta­dede France le7oc­tobre, l’avait dé­jà ap­pris à ses dé­pens en étant ba­layée 4-1. « C’est bien d’avoir ce pe­tit plus, cette force de ca­rac­tère qui nous per­met de sa­voir ré­agir » , a ain­si ju­gé l’at­ta­quant Oli­vier Gi­roud, alors que le mi­lieu Blaise Ma­tui­di a in­sis­té sur « le­men­tal » quia­per­mis aux Bleus « d’al­ler de l’avant » et de se sor­tir d’un sa­cré pé­trin. « Heu­reu­se­ment qu’à chaque fois qu’on est me­né, on n’est pas dé­fai­tiste » , a de son cô­té re­le­vé Di­mi­tri Payet, au­teur du but de la vic­toire après avoir été pas­seur sur ce­lui de Pog­ba. Prag­ma­tique à sou­hait, le sé­lec­tion­neur a ré­su­mé la si­tua­tion à sa fa­çon : « Il n’y a que le ré­sul­tat qui compte. »

Payet en sau­veur, Pog­ba en pa­tron

Quand le col­lec­tif va­cille, une grande équipe doit éga­le­ment pou­voir être sau­vée par ses in­di­vi­dua­li­tés. De ce point de vue, Des­champ­sa­de­quoi dor­mir tran­quille. Quand An­toine Griez­mann, sa star of­fen­sive, a un coup de mou, comme contre les Sué­dois, il peut tou­jours­mi­ser sur le coup de patte de Payet (7 buts et 5 passes dé­ci­sives sur ses 15 der­nières sé­lec­tions) ou sur Pog­ba, dont les der­nières pres­ta­tions en bleu sont en­fin à la hau­teur de son stan­ding. A23 ans, le joueur le plus cher de la pla­nète (105 mil­lions d’eu­ros) a sim- pli­fié son jeu pour en­dos­ser le cos­tume du pa­tron du mi­lieu. Et en plus il marque : lui qui avait dé­jà of­fert une vic­toi­re­pré­cieuse aux siens aux Pays-Bas (1-0), le 10 oc­tobre, en est main­te­nant à 8 réa­li­sa­tions en 43 capes. « Ce n’est pas un bu­teur. Je n’at­tends pas spé­cia­le­ment ça de lui. Je suis beau­coup plus content du conte­nu, qui est à l’image de ce qu’il a fait aux Pays-Bas. Il a mis beau­coup de flui­di­té et de vo­lume dans le jeu et a ré­cu­pé­ré beau­coup de bal­lons » , a ap­pré­cié Des­champs. Avec un Pog­ba de ce ni­veau, il ne peut pas ar­ri­ver grand chose aux Bleus. La­pé­pite de Man­ches­ter Uni­ted man­que­ra ce­pen­dant, pour cause de sus­pen­sion, le pro­chain ren­dez-vous des qua­li­fi­ca­tions du Mon­dial-2018, un dé­pla­ce­ment au Luxem­bourg, le 25 mars 2017. Mais les Fran­çais de­vraient cette fois-là pou­voir se pas­ser sans sou­ci de leur as du mi­lieu.

(Pho­to AFP)

Pog­ba, Payet ( les bu­teurs du soir) et les Bleus peuvent avoir le sou­rire : ils vont pas­ser l’hi­ver au chaud.

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