Une édi­tion si par­ti­cu­lière

Un an après la tue­rie de Pa­ris et quatre mois après le drame de la pro­me­nade des An­glais, le 9e ma­ra­thon des A.-M., long­temps me­na­cé, pren­dra bien son dé­part de­puis l’Al­lianz Ri­vie­ra

Monaco-Matin - - Sports - RO­MAIN LARONCHE

Pour la pre­mière fois de­puis sa créa­tion en 2008, le ma­ra­thon va de­voir quit­ter sa tra­di­tion­nelle aire de dé­part. Un au re­voir tem­po­raire à la pro­me­nade des An­glais en­deuillée un soir de fo­lie, de­puis “sanc­tua­ri­sée”, et donc évi­tée pour tou­tes­ma­ni­fes­ta­tions spor­tives pen­dant un an. Ce ma­tin, les presque 14000 cou­reurs ont donc ren­dez­vous à l’Al­lianzRi­ve­raàNice pour un dé­part da­van­tage sé­cu­ri­sé. La zone de dé­part aé­té dé­pla­cée un peu plus à l’ouest, les pre­miers ki­lo­mètres ont été lé­gè­re­ment­mo-

di­fiés, mais l’es­sen­tiel a été pré­ser­vé. Ce ma­ra­thon en dan­ger il y a quelques se­maines au­ra bien lieu. « Un an jour pour jour après l’at­taque du Ba­ta­clan et quatre mois après le drame de Nice, il était im­por­tant d’af­fir­mer notre ca­pa­ci­té de ré­sis­tance avec ce grand mo­ment de par­tage » , a po­sé hier Da­vid Lis­nard, le maire de Cannes, qui n’a pas lou­pé un dé­part de­ce­ma­ra­tho­net vise une ar­ri­vée en trois heures au­jourd’hui. Après des se­maines d’an­goisse et de stress, Pas­cal Thi­riot, le pré­sident d’Azur sport or­ga­ni­sa­tion (ASO), va pou­voir vi­vreune neu­vième édi­tion pour son bé­bé.

« Nous n’avions que  % de chance de l’or­ga­ni­ser »

« Il yaun­mois, nous n’avions que 5% de chance de pou­voir l’or­ga­ni­ser, mais on y est al­lé à fond quand même. On s’est en­gouf­fré dans cette pe­tite brèche et on y est par­ve­nu. Il y au­ra for­cé­ment une émo­tion très forte de­main (au­jourd’hui) » , glis­sait hier l’or­ga­ni­sa­teur, qui a pu comp­ter sur un dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té maxi­mal. Les 315 in­ter­sec­tions du par­cours se­ront ain­si blo­quées, avec un bar­rage phy­sique à tous les car­re­fours, les forces de po­lice se­ront ren­for­cées par 150 agents de sé­cu­ri­té. Une dé­ter­mi­na­tion des or­ga­ni­sa­teurs qui a fi­ni par faire pen­cher la ba­lance du bon cô­té au plu­shaut ni­veau de l’Etat. « Une té­na­ci­té », sa­luée par Jo­sé Co­bos, dé­lé­gué aux évé­ne­ments spor­tifs à la mai­rie de Nice. Ce ma­tin, les 13820 cou­reurs qui se lan­ce­ront dans cette aven­ture, le fe­ront au­tant par dé­fi spor­tif que dans une forme de ré­sis­tance. « Nous dé­fen­dons notre art de vivre » re­pre­nait Da­vid Lis­nard. « Il au­rait été in­con­gru que le ma­ra­thon de Pa­ris ait lieu et pas ce­lui de laCôte d’Azur. Il gé­nère 15 mil­lions d’eu­ros de re­tom­bées éco­no­miques. Sa te­nue per­met aus­si de­pro­té­ger nos em­plois et de créer des ri­chesses ». L’en­jeu de cette ma­ti­née­dé­passe lar­ge­ment la ri­va­li­té spor­tive entre les flèches ve­nues du Ke­nya qui ten­te­ront de se rap­pro­cher des 2h08’40’’, le re­cord­vieux de 5 ans. Re­trou­ver les sou­rires et souf­frances qui s’af­fichent ha­bi­tuel­le­ment à l’ar­ri­vée sur la Croi­sette : voi­là ce que tout le monde es­père.

(Pho­tos Richard Ray, Sé­bas­tien Bo­tel­la et Fran­çois Vi­gno­la)

Cette image se­ra rem­pla­cée au­jourd’hui par celle d’un dé­part de­puis le stade de l’Al­lianz Ri­vie­ra.

Pas­cal Thi­riot, l’or­ga­ni­sa­teur, lors de la con­fé­rence de presse hier, aux cô­tés de Jo­sé Co­bos et des par­te­naires.

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