Une jour­née pour ne ja­mais ou­blier

Hier ma­tin, sur la col­line du Châ­teau, la Ville, le Dé­par­te­ment, la Ré­gion et l’État ont ren­du hom­mage aux vic­times des at­ten­tats de Pa­ris, un an après... Le coeur en­core si lourd

Monaco-Matin - - La Une - STÉ­PHA­NIE GASIGLIA sga­si­glia@ni­ce­ma­tin.fr

C’est un­bloc de gra­nit­presque brut. Deux mètres de haut, trois tonnes. Mas­sif et sobre. C’est une sculp­ture à deux faces, ins­tal­lée au coeur du Châ­teau de Nice... La face où se des­sine le vi­sage d’Her­vé Gour­del, le­gui­de­de­haute mon­tagne, en­fant du pays, as­sas­si­né en sep­tembre 2014 par les Sol­dats du Ca­li­fat. Et l’autre, celle où la Ville rend­hom­mage aux­mar­tyrs de la bar­ba­rie et du ter­ro­risme. Sans au­cune dis­tinc­tion: la stèle de la col­line du Châ­teau porte toutes les souf­frances. Celles d’ici. Celles d’ailleurs. Et celles du bout du monde. Nice a dé­ci­dé de se sou­ve­nir, peu im­porte où l’hor­reur a frap­pé. Hier­ma­tin, ce sont­vers les vic­times as­sas­si­nées et vers les­bles­sés des at­ten­tats de Pa­ris du 13 no­vembre que les coeurs se sont tour­nés. Pour le pè­rede fa­mil­le­duS­tade de France, pour les amou­reux de rock du Ba­ta­clan. Pour ceux en­core, cou­pables d’avoir ai­mé la vie pa­ri­sienne à la ter­rasse d’un ca­fé. C’était il y a un an... C’est tout d’abord laVille­qui s’est in­cli­née, avec le maire, Phi­lippe Pra­dal, qui a dé­po­sé une gerbe de fleurs au pied du gra­nit gris. Puis, l’hom­mage du dé­par­te­ment por­té par Eric Ciot­ti. Ce­lui de la Ré­gion, en­suite, avec Ch­ris­tian Es­tro­si. Et des fleurs blanches, en­core, pla­cées, cette fois, par le pré­fet des Alpes-Ma­ri­times, Adolphe Col­rat.

Des fleurs blanches au pied du gra­nit

Aux morts. Et le rou­le­ment de tam­bour... Au­tour, ceux qui étaient ve­nus pro­fi­ter pai­si­ble­ment d’un di­manche en fa­mille s’ap­prochent. Re­cueille­ment ins­tan­ta­né pen­dant la son­ne­rie aux morts. Le temps s’ar­rête. C’était le 13 no­vembre 2015, se sou­viennent les Ni­çois à l’unis­son de la France en­tière. C’était hier. C’était la sau­va­ge­riede Daesh. Comme sur leur Prom’ en­san­glan­tée. La Mar­seillaise en­suite, que l’on chu­cho­teà­peine, mais qui part­du fin fond des en­trailles. Puis le si­lence, une nou­velle fois. Plus per­son­nen’ose­bou­ger, les yeux ri­vés sur cette stèle.

La Mar­seillaise et Nis­sa La Bel­la

Avant-hier, Sting a re­fait chan­ter le Ba­ta­clan. Hier, c’est Nis­sa La Bel­la qui a fait re­pren­dre­vie au Châ­teau, après l’hom­mage. Les Ni­çois se sont dis­per­sés, sur la col­line, un peu moins joyeux qu’à leur ar­ri­vée. Ac­cou­dée contre un arbre, il y a cette femme qui pleure en­core. Non, elle n’était pasàPa­ris le 13 no­vembre 2015. Pas plus qu’elle n’était au feud’ar­ti­fice du 14-Juillet àNice. Pour au­tant, oui, elle pleure. « J’ai des en­fants et voi­là le monde qu’on leur laisse. Cette stèle n’a pas fi­ni, je le crains, d’en sup­por­ter ».

(Pho­tos Fran­çois Vi­gno­la)

De nom­breux of­fi­ciels et élus ont par­ti­ci­pé à l’hom­mage aux vic­times des at­ten­tats de Pa­ris sur­ve­nus le  no­vembre .

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