UnMa­cé­do­nien ten­tede dé­ro­ber deux Ro­lex : trois­mois ferme

Monaco-Matin - - Monaco - JEAN-MA­RIE FIORUCCI

Un fi­lou ma­cé­do­nien a été condam­né hier à trois mois de pri­son ferme par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel deMo­na­co pour avoir ten­té d’ache­ter deux montres Ro­lex d’une va­leur glo­bale de 73 000 eu­ros avec une carte ban­caire vo­lée et une pièce d’iden­ti­té fal­si­fiée. Dans le box, me­not­té, le pré­ve­nu semble à la fois ré­si­gné et re­pen­tant. Ac­cu­sé de ten­ta­tive d’es­cro­que­rie, il a re­con­nu les faits et il s’est ex­cu­sé d’avoir agi de la sorte. Mais il ré­fute toute ap­pro­pria­tion frau­du­leuse, ayant aban­don­né ses des­seins au der­nier mo­ment… Pour­tant, cet hom­mede vingt-neuf ans, agent im­mo­bi­lier de pro­fes­sion, s’est bien pré­sen­té le­mer­cre­di 9 no­vembre, vers 13 heures, dans la bou­tique « Zegg & Cer­la­ti ». L’in­di­vi­du est très pres­sé. Comme il au­rait ga­gné une grosse somme d’agent au Ca­si­no, il veut ac­qué­rir deux montres es­tam­pillées Ro­lex sans s’en­qué­rir du prix !

Com­por­te­ment sus­pect

La ven­deuse es­time pa­reil com­por­te­ment sus­pect et in­vite le per­son­nage à re­ve­nir afin d’avoir suf­fi­sam­ment de temps pour pré­pa­rer la com­mande. Elle ne s’exé­cu­te­ra pas ! Une heure plus tard, le « client » est de re­tour. Mais il n’a plus l’in­ten­tion de payer en es­pèces. Il pré­fère ré­gler avec une carte de cré­dit Ame­ri­can Express et tend une pièce d’iden­ti­té dou­teuse. Com­mel’em­ployée fait une pho­to­co­pie des do­cu­ments, il s’échappe du ma­ga­sin. Les ser­vices de la Sû­re­té pu­blique sont aler­tés. Mu­nis des pré­cieux ren­sei­gne­ments col­lec­tés par la com­mer­ciale, les po­li­ciers in­ter­pellent ra­pi­de­ment l’au­teur des faits. Aux mul­tiples in­ter­ro­ga­tions de la pré­si­dente Ma­ga­li Ghe­nas­sia afin de cer­ner le pré­ve­nu, les ré­ponses se­ront éva­sives et sans grand in­té­rêt. Les do­cu­ments pré­sen­tés se pro­cu­re­raient fa­ci- le­ment en Ma­cé­doine. Les pho­tos de vi­trines en­re­gis­trées dans son por­table ? Pour mieux re­pé­rer la montre de ses rêves ! Le­billet SNCF Mo­na­co-Ni­ce­com­pos­té la veille ? Il était juste ve­nu en Prin­ci­pau­té pour voir… « Jem’ex­cuse, conclu­ra-t-il. En va­cances, je suis ren­tré dans la bou­ti­que­pour ache­ter. Mais j’ai changé d’avis, car je n’ai pas l’ha­bi­tude de faire pa­reille chose. Ma com­pagne est en­ceinte et je me ma­rie en dé­cembre… » Trêve de co­que­ci­grues ! La pré­si­dente, aga­cée, tente une der­nière ques­tion : « Vos re­ve­nus sont faibles. Comme ar­ri­vez-vous à fi­nan­cer ses voyages ? » Il fal­lait y pen­ser : « Ma grand-mère a une bonne re­traite et elle m’offre des va­cances… » Le pro­cu­reur gé­né­ral Jacques Do­ré­mieux, tou­jours dans la conci­sion, re­quer­ra deux à trois mois de pri­son ferme pour « ce­lui qui n’est ni le pre­mier ni le der­nier du genre. C’est une belle his­toire qui n’est pas vraie. Elle s’ins­crit dans une my­riade d’hommes et de femmes ré­cu­pé­rés par des or­ga­nismes ma­fieux. Le pré­ve­nu, en bout de chaîne, est gui­dé par des cer­veaux très en re­trait… » La tâche ne se­ra pas fa­cile pour la dé­fense. Mais Me Ar­naud Chey­nut dis­til­le­ra dans sa plai­doi­rie un mé­lange ai­gui­sé de vé­ri­tés et d’abs­trac­tions afin d’ob­te­nir la re­laxe. « Mon client ne ment pas. Il avait peur de com­mettre une in­frac­tion. La ven­deuse a-t-elle mis un terme à la ten­ta­tive d’es­cro­que­rie ? Faux ! Car elle ne lui dit pas que le do­cu­ment est fal­si­fié. Pour­tant, il est tel­le­ment gros­sier qu’il n’au­rait ja­mais pu ser­vir… De plus, l’em­ployée ré­pond po­si­ti­ve­ment à toutes les de­mandes ! En­fin, on n’a au­cu­n­élé­ment qui évoque l’ap­par­te­nance de cet homme à un groupe or­ga­ni­sé… » Le tri­bu­nal sui­vra tou­te­fois les ré­qui­si­tions du mi­nis­tère pu­blic.

(Pho­to J.D.)

L’homme de vingt- neuf ans s’ap­prê­tait à ac­qué­rir deux Ro­lex dans la bou­tique « Zegg & Cer­la­ti » au moyen d’une carte ban­caire vo­lée.

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