Af­faire Vey­rac : écroué il nie être l’undes ra­vis­seurs

Trois se­maines après le rapt de la sep­tua­gé­naire à Nice, un seul des mis en exa­men est sus­pec­té d’avoir été pré­sent le jour J. L’in­té­res­sé le ré­fute, mais ad­met avoir sur­veillé le Kan­goo en­suite

Monaco-Matin - - Côte D’azur - CH­RIS­TOPHE CIRONE cci­rone@ni­ce­ma­tin.fr

Ils étaient au­moins trois le jour J. Trois in­di­vi­dus di­rec­te­ment im­pli­qués dans le rapt de Jac­que­line Vey­rac, le 24 oc­to­breàNice. Ce lun­di mi­di, dans la dis­crète ave­nue Emi­lia, deux in­di­vi­dus au vi­sage mas­qué en­traînent de force la sep­tua­gé­naire dans le coffre d’un Re­nault Kan­goo blanc, sous le regard de leur­com­pli­ce­res­té au vo­lant. La mil­lion­naire ne ré­ap­pa­raî­tra que 48 heures plus tard, grâce à l’oeil et la pré­sence d’es­prit d’un ri­ve­rain in­tri­gué par ce vé­hi­cule, dont la fausse plaque d’im­ma­tri­cu­la­tion s’est dé­ta­chée. 48 heures de cal­vaire. Ils étaient donc trois mais, à ce jour, par­mi les sept hommes mis en exa­men, un seul est sus­pec­té d’avoir été pré­sent lors du rapt. Or ce der­nier, Ali Guef­faz, 30 ans, conteste ap­par­te­nir à la « cel­lule des ra­vis­seurs ». Tout juste re­con­naît-il avoir sur­veillé le Kan­goo... sans sa­voir, as­sure-t-il, que Jac­que­line Vey­rac y était re­te­nue pri­son­nière.

« Il igno­rait le­but »

Cet ha­bi­tant de la ci­té des Mou­lins est le pas­sa­ger du Nis­san Qa­sh­qai stop­pé par la po­lice aux abords de la RM 6202, le 26 oc­tobre, peu après la dé­cou­verte for­tuite de la riche hé­ri­tière. Les équi­pages de la sé­cu­ri­té pu­blique et les en­quê­teurs de la po­lice ju­di­ciaire, tout juste ac­cou­rus, sont in­tri­gués par le pe­tit ma­nège du vé­hi­cule dans le pai­sible che­min de Sa­quier. Si­tôt son si­gna­le­ment dif­fu­sé, le cros­so­ver est stop­pé avec Ali Guef­faz à son bord, et Ibra­him Q., 30 ans lui aus­si, au vo­lant. Le beau-frère d’Ibra­him Q., qui passe à cet ins­tant pré­cis, in­ter­vient pour de­man­der des ex­pli­ca­tions. In­ter- pel­lé à son tour, ce chef de rang se­ra mis hors de cause et li­bé­ré. La thèse se­lon la­quelle « il pas­sait là au mau­vais en­droit au mau­vais mo­ment » s’est confir­mée. Le conduc­teur du Qa­sh­qai, quant à lui, est lais­sé libre sous contrôle ju­di­ciaire. Ibra­him Q. au­rait ser­vi de chauf­feurà­son ami Ali Guef­faz. Et c’est ce der­nier qui in­té­resse tout par­ti­cu­liè­re­ment la PJ. « Il ne conteste pas être im­pli­qué. Mais il igno­rait la fi­na­li­té de l’opé­ra­tion, in­siste son avo­cate, Me Sté­pha­nie Bra­gan­ti. Il igno­rait qu’une dame de 76 ans de­vait être en­le­vée, li­go­tée et sé­ques­trée. On lui a sim­ple­ment de­man­dé de sur­veiller une ca­mion­nette, sans lui pré­ci­ser ce qui se trou- vait à l’in­té­rieur. Je ne suis même pas cer­taine qu’il l’ait fait en contre­par­tie d’une ré­mu­né­ra­tion! Plu­tôt pour “dé­pan­ner”, entre “col­lègues”... »

Maillon de la chaîne

Con­nude la jus­ti­ce­pour des faits de vols et de stups, Ali Guef­faz a, se­lonMe Bra­gan­ti, « le pro­fil type du jeune désoeu­vré, pas in­sé­ré dans la so- cié­té, avec des pro­blèmes so­ciaux et tous les pro­blèmes que ce­la im­plique. » Le voi­là de­ve­nu « l’un des hommes de main, un maillon de la chaîne, à cause de per­sonnes qui ont abu­sé de sa cré­du­li­té. Il est très im­ma­ture. Il ne me­su­rait pas les consé­quences aux­quelles il s’ex­po­sait. » Pour la PJ, Ali Guef­faz ne se trou­vait pas sim­ple­ment à bord du Qua­sh­qai. Il au­rait aus­si conduit, deux jours plus tôt, le Kan­goo à bord du­quel a dis­pa­ru Jac­que­line Vey­rac. Voi­red’être l’un des deux in­di­vi­dus mas­qués qui ont exé­cu­té la sale be­sogne. Ces faits-là, Ali Guef­faz les ré­fute en bloc. « Il a un pro­fil at­ta­chant, même si ce­la pa­raît pa­ra­doxal, dit de luiMe Bra­gan­ti. Il a fait preuve d’un mo­ral d’acier du dé­but à la fin. Il ne vit pas sa dé­ten­tion comme un drame. Il consi­dère plu­tôt que ce­la­va lui of­frir un cadre, une struc­ture. Il va ain­si pou­voir ar­rê­ter sa consom­ma­tion de can­na­bis... » L’avo­cate pré­cise que son client s’est mon­tré « très dis­cret sur les autres per­sonnes » . Quel que soit le rôle exact d’Ali Guef­faz dans le cal­vaire de Jac­que­line Vey­rac, une cer­ti­tude : à ce jour, au moins deux ra­vis­seurs sont tou­jours re­cher­chés. La bri­gade cri­mi­nelle pour­suit ses in­ves­ti­ga­tions en ce sens.

(Pho­to Sé­bas­tien Bo­tel­la)

Le  oc­tobre à Nice, che­min de Sa­quier, la po­lice pro­cède aux consta­ta­tions au­tour du Kan­goo où était dé­te­nue Jac­que­line Vey­rac. Deux sus­pects ont été re­pé­rés et in­ter­pel­lés à proxi­mi­té.

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