Tour Odéon : odeur de ga­soil dé­non­cée au 

Un ha­bi­tant de la tour vi­trée s’in­quiète de la mise en marche du groupe élec­tro­gène si­tué quelques di­zaines de mètres plus bas. Et de la pré­sence, craint-il, de « di­oxyde de car­bone »

Monaco-Matin - - La Une - NI­CO­LAS HASSON- FAU­RÉ nhas­son@ni­ce­ma­tin.fr

Par­fois, une odeur de ga­soil s’élève jus­qu’au 13e étage de la tour Odéon. « Comme une voi­ture die­sel, sauf qu’il n’y a pas de filtre », lâche un ré­sident du gratte-ciel mo­né­gasque. De­puis son bal­con, l’ha­bi­tant de ce lo­ge­ment do­ma­nial pointe une bouche noire. La cause de beau­coup de ses sou­cis est là, quelques di­zaines de mètres en des­sous. C’est l’échap­pe­ment d’un groupe élec­tro­gène de la tour Odéon, qui doit per­mettre de ré­ali­men­ter les équi­pe­ments de sé­cu­ri­té, au be­soin. Le groupe élec­tro­gène à mo­teurs die­sel se met en marche deux fois par mois, pour des es­sais ré­gle­men­taires de vingt ou qua­ran­te­cinq mi­nutes. Vers 6 heures, le ma­tin. C’est le pro­blème : le re­trai­té du 13e étage craint la pré­sence de « di­oxyde de car­bone » et ses consé­quences sur la san­té.

Vi­site sur place

Au dé­but du moins de no­vembre 2015, il s’as­soit de­vant son or­di­na­teur et écrit à Ma­rie-Pierre Gra­ma­glia, conseiller de gou­ver­ne­ment - mi­nistre de l’Équi­pe­ment, l’En­vi­ron­ne­ment et l’Ur­ba­nisme. « L’ori­fice d’ex­trac­tion d’échap­pe­ments, po­si­tion­né trop près des ap­par­te­ments, li­bère une odeur et une fu­mée nau­séa­bondes ac­com­pa­gnées, sans au­cun doute, d’un gaz ex­trê­me­ment toxique ap­pe­lé di­oxyde de car­bone, pol­luant les ter­rasses et s’in­fil­trant même dans les ap­par­te­ments, confie- t- il. Nous nous trou­vons dans un en­vi­ron­ne­ment can­cé­ro­gène, ce qui n’est pas de bon au­gure quant à la san­té des lo­ca­taires de la tour. » Le 25, Ma­rie-Pierre Gra­ma­glia ré­pond dans une lettre d’une poi­gnée de pa­ra­graphes. Elle y ac­cuse ré­cep­tion du cour­rier et in­dique avoir de­man­dé à ses ser­vices « qu’une vi­site sur site soit ef­fec­tuée et qu’une étude tech­nique soit conduite afin, d’une part, de dé­ter­mi­ner les causes de ces désa­gré­ments et, d’autre part, d’étu­dier les so­lu­tions afin d’y re- mé­dier » . L’équipe vient en jan­vier 2016. Et puis, plus rien. Le ré­sident re­lance Ma­riePierre Gra­ma­glia des mois plus tard, fin août. Nou­velle ré­ponse un mois après, le 29 sep­tembre. Cette fois, c’est l’ad­joint au di­rec­teur de la di­rec­tionde l’En­vi­ron­ne­ment qui signe. « La di­rec­tion de la pros­pec­tive, de l’ur­ba­nisme et de la mo­bi­li­té a pro­po­sé d’en­vi­sa­ger d’ef­fec­tuer une cam­pagne de me­sures sur le temps d’ex­po­si­tion des usa­gers de cet im­meuble », peu­ton y lire.

Un filtre ?

Le pro­blème, c’est que le cour­rier n’évoque pas de pos­sibles consé­quences pour la san­té. C’est ce qui agace le re­trai­té. Se­lon lui, « il fau­drait un filtre ca­ta­lep­tique, qui est obli­ga­toire sur une voi­ture, même si ça ne veut pas dire que c’est sûr à 100 % » . Der­nier acte le 27 oc­tobre der­nier: la mé­de­cine du tra­vail pro­cède à des me­sures, de­puis un ap­par­te­ment de la tour. Ré­sul­tat: « En sor­tie du conduit, il y a un pic de mo­noxyde de car­bone au dé­mar­rage puis une baisse très ra­pide. » Mais « chez le ré­sident, rien de re­mar­quable n’a été en­re­gis­tré » . Et « les me­sures ne font pas ap­pa­raître de ni­veau de pol­lu­tion im­por­tant pour l’en­semble des com­po­sés or­ga­niques vo­la­tils ni pour le mo­noxyde de car­bone » . Donc, « il n’est pas né­ces­saire d’ins­tal­ler de filtre » . Même si, par­fois, l’odeur de ga­soil re­monte tou­jours jus­qu’à l’ap­par­te­ment du trei­zième étage.

(Pho­to Jean-Fran­çois Ottonello)

La mé­de­cine du tra­vail re­con­naît « un pic de mo­noxyde de car­bone au dé­mar­rage [du groupe élec­tro­gène] puis une baisse très ra­pide ».

(Pho­to N.H.-F.)

Le ré­sident de la tour dé­signe, du bout du doigt, le groupe élec­tro­gène du bâ­ti­ment.

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.