ÀCannes, un agent d’en­tre­tien de la ville par­ta­geait le mode d’em­ploi d’ex­plo­sifs

Monaco-Matin - - Côte D’azur - G. L.

D. O. aé­té condam­né, hier, àu­nan­dont six mois fer­me­par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Grasse pré­si­dé par MarcJoan­do. Cet agent d’en­tre­tien de la ville de Cannes, em­ployé­com­mein­té­ri­maire, te­nait un compte Fa­ce­book et sur­tout une page in­ti­tu­lée « La­me­nace » sur la­quelle il re­layait deux vi­déo­sun­peu spé­ciales. Des « tu­tos », de courtes sé­quences ex­pli­ca­tives, dans les­quels étaient no­tam­ment ex­pli­qués le mode de fa­bri­ca­tion d’une­bom­bear­ti­sa­nale, àbase de C4, un puis­sant ex­plo­sif. Le ty­pe­de­vi­déo qu’on trouve mal­heu­reu­se­ment as­sez fa­ci­le­ment sur le Net. Il n’en estd’ailleurs­pas l’au­teur. C’est un cour­rier d’alerte du maire de Cannes qui per­met­tra de l’in­ter­pel­ler. Sur son­compte, les en­quê­teurs le trou­ve­ront po­sant en pho­to avec des armes, dont on ne sau­ra ja­mais si elles étaient fac­tices ou non. D. O., 40 ans, re­layait éga­le­ment une vi­déo ex­pli­quant la ma­niè­re­de­fa­bri­quer un dé­to­na­teurà l’aide d’un té­lé­phone por­table.

« C’était idiot de ma part »

S’il dit s’in­té­res­ser au fait re­li­gieux, ce pas­sion­né d’armes d’ori­gine al­gé­rienne dé­ment être un ex­tré­miste. « Je n’ai au­cun lien avec les Frères mu­sul­mans. » Pour­quoi avoir par­ta­gé ces élé­ments sur une page à la dé­no­mi­na­tion aus­si claire ? « C’était idiot de ma part de faire ce­la dans une pé­riode comme celle-ci. Ce sont des vi­déos d’une mi­nute que j’ai vues sur YouTube. J’étais tel­le­ment éton­né qu’on puisse trou­ver ce­la sur le Net que j’ai par­ta­gé. » À l’au­dience, se des­sine un autre dos­sier. Les en­quê­teurs n’ont en ef­fet rien­mis à jour d’autre que ces par­tages, très li­mi­tés du fait du peu d’au­dience de la pa­ge­du pré­ve­nu. Rien dans la té­lé­pho­nie. Rien dans l’en­tou­rage. Pas d’an­té­cé­dents en­ma­tière de ter­ro­risme. D. O. dit d’ailleurs « condam­ner fer­me­ment les actes ter­ro­ristes ». Lors de son em­bau­che­vi­si­ble­ment heu­reux, il avait mê­me­pu­blié un mes­sage « Vive la mai­rie de Cannes, vive la France! » La plai­doi­rie de son avo­cate, Me Émilie Lo­pez, joue­ra sur ces élé­ments. Le por­trait d’un in­di­vi­du per­tur­bé, en proie à des pro­blèmes per­son­nels se des­si­ne­ra. Le tri­bu­nal a al­lé­gé les ré­qui­si­tions du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique qui ré­cla­mait­dix-huit mois de pri­son dont­douze avec sur­sis mise à l’épreuve.

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