« Grâce à l’es­prit d’équipe »

Brillant vain­queur du tro­phée FIA de la ca­té­go­rie LM P2, avec ses com­pères La­pierre et Me­nezes, Sté­phane Ri­chel­mi, le ser­vi­teur mo­né­gasque d’Al­pine, sa­voure cette réus­site col­lec­tive

Monaco-Matin - - Sports - RE­CUEILLI PAR GIL LÉON

Sté­phane Ri­chel­mi, si on vous avait dit juste avant l’ou­ver­ture de la sai­son que vous ga­gne­riez les  Heures du Mans et le titre mon­dial LM P, quelle au­rait été votre ré­ac­tion? Clai­re­ment, c’était une double cible que l’on rê­vait d’at­teindre. Même si Gus­ta­vo (Me­nezes) et moi, nous dé­cou­vrions la dis­ci­pline, la voi­ture, l’équipe et le cham­pion­nat, chez Si­gna­tech-Al­pine, il y avait tout pour réus­sir sur le pa­pier : moyens hu­mains et ma­té­riels, com­pé­tence, ex­pé­rience, vo­lon­té. Tou­te­fois, la con­cur­rence s’an­non­çait rude et le che­min long, avec neuf courses, la plu­part en terre in­con­nue pour moi. Bref, de mon cô­té, ayant connu quelques dés­illu­sions par le pas­sé en mo­no­place, je pré­fé­rais m’abs­te­nir de ti­rer des plans sur la co­mète. Mais, bien sûr que j’au­rais si­gné tout de suite pour un tel bi­lan (sou­rire).

Six po­diums, dont quatre vic­toires, et zé­ro aban­don en  heures de course jus­qu’à pré­sent : c’est le scé­na­rio idéal, non? Ah oui! Des sai­sons énormes comme celle-là, je veux bien en vivre plu­sieurs d’af­fi­lée dans le fu­tur... Ce que je re­tiens d’abord, c’est notre pro­gres­sion. Hor­mis les deux der­nières étapes asia­tiques, un peu plus com­pli­quées, c’est al­lé cres­cen­do, jus­qu’à Aus­tin, où nous ga­gnons avec un tour d’avance.

Le tour­nant nu­mé­ro , vous le si­tuez plu­tôt à Spa ou au Mans? À Spa, c’est vrai que notre pre­mière vic­toire ar­rive comme un sou­la­ge­ment après la pe­tite douche froide de Sil­vers­tone ( En­fon­cer le clou en­suite sur la scène des  Heures du Mans, qui plus est avec la ma­nière, ça donne un très gros coup de boost à la confiance. Le tour­nant, il se trouve là.

Quelle a été la clé de la réus­site? (Du tac au tac) Le team spi­rit! L’entente, la co­hé­sion, l’os­mose. Dès le dé­but, la mayon­naise a pris. Gus­ta­vo s’est d’em­blée mon­tré à la hau­teur du dé­fi. Ni­co (La­pierre), lui, a joué son rôle de grand frère, de guide, de pi­lier, à la per­fec­tion. De quoi en­clen­cher un cercle ver­tueux, une spi­rale po­si­tive. Oui, si on a réus­si à en­chaî­ner des « perf’ » comme ça, c’est sur­tout grâce à l’es­prit d’équipe.

On vous sent par­ti pour un long bout de che­min en En­du­rance. Vrai ou faux? Si vous par­lez avec­mon Sté­phane Ri­chel­mi (à gauche, cé­lé­brant ici la conquête du tro­phée FIA LM P avec son co­équi­pier amé­ri­cain Gus­ta­vo Me­nezes, di­manche  no­vembre, après l’ar­ri­vée des  Heures de Shan­ghai) : « Des sai­sons énormes comme celle-là, je veux bien en vivre plu­sieurs d’af­fi­lée dans le fu­tur. »

in­gé­nieur, ou avec Phi­lippe Si­nault (le Team Prin­ci­pal de Si­gna­tech-Al­pine, ndlr), ils vous di­ront en ef­fet que je pos­sède le pro­fil. Même si j’ai en­core une cer­taine marge de pro­gres­sion, je me sens à l’aise. On me de­mande d’ailleurs sou­vent pour­quoi ne pas avoir changé d’orien­ta­tion plus tôt. Cette dis­ci­pline me cor­res­pond bien, donc j’es­père que plu­sieurs belles an­nées se pro­filent de­vant moi.

Deux pi­lotes Al­pine, Gus­ta­vo Me­nezes et Paul-

Loup Cha­tin, fi­gurent par­mi les trois es­poirs sé­lec­tion­nés par les or­ga­ni­sa­teurs du WEC pour pi­lo­ter des LM P hy­brides lors du « roo­kie test » or­ga­ni­sé à Bah­reïn après la fi­nale. Pas vous... Ce choix m’a un peu dé­çu au dé­but, je ne vous le cache pas. Bon, Gus­ta­vo mé­rite sa sé­lec­tion, car, ve­nant de la­mo­no­place, comme moi, il a par­fai­te­ment réus­si son in­té­gra­tion. Bou­cler une tren­taine de tours au vo­lant d’un pro­to de la ca­té­go­rie reine, Porsche,

Toyota ou Au­di, bien sûr, c’est une su­per ex­pé­rience. Main­te­nant, il faut aus­si re­la­ti­vi­ser l’im­por­tance de cette séance d’es­sais. Elle n’a au­cune chance de dé­bou­cher sur une place de ti­tu­laire en , vu le nombre de pi­lotes de pointe sans vo­lant suite au re­trait d’Au­di.

L’an pro­chain, jus­te­ment, quid de la dream­team Al­pine? La seule cer­ti­tude ac­tuelle, c’est que quel­qu’un va par­tir. Notre trio ne pour­ra pas re­dé­mar­rer en l’état puisque Gus­ta­vo se­ra un pi­lote clas­sé « gold » et non plus « sil­ver ». Moi, j’ai­me­rais bien prolonger l’aven­ture, his­toire de dé­fendre ce titre. Mais la dé­ci­sion ap­par­tient d’abord à Al­pine, donc à Re­nault.

En at­ten­dant, il y a Bah­reïn ce week-end. Une der­nière course à ga­gner? Je dé­colle de­main (au­jourd’hui). Après Fu­ji ( et Shan­ghai ( où il fal­lait pri­vi­lé­gier la conquête du titre, on a hâte de rou­ler à nou­veau sans pres­sion, avec l’unique am­bi­tion de fi­nir en beau­té. L’Ore­ca  du team russe G-Drive Ra­cing vient de dé­cro­cher deux suc­cès. Alors fai­sons en sorte de cas­ser sa sé­rie. Et comme je vais m’oc­cu­per des qua­li­fi­ca­tions, là-bas, com­men­çons par es­sayer d’ob­te­nir une deuxième pole po­si­tion...

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