Pas­cal Obis­po : « La scène est es­sen­tiel­le­pour moi »

Monaco-Matin - - Détente - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR ES­TELLE PE­REI­RA

Sur­pre­nant re­tour de Pas­cal Obis­po sur scène. Ac­com­pa­gné d’un or­chestre sym­pho­nique, le chan­teur offre une pres­ta­tion in­no­vante pour son der­nier al­bum Billet de femme. Un disque aux to­na­li­tés plus clas­siques qui adapte mu­si­ca­le­ment les textes de la poé­tesse du XIXe siècle, Mar­ce­line Des­bordes-Val­more. Des com­po­si­tions mu­si­cales qui laissent en­tre­voir une fa­cette plus douce du chan­teur. A dé­cou­vrir au­jourd’huiàTou­lon et ven­dre­di à Nice.

Qu’avez- vous res­sen­ti la pre­mière fois que vous avez dé­cou­vert les textes de Mar­ce­line? Il y a quelque chose de très mo­derne dans ses textes. On re­trouve des émo­tions si­mi­laires chez nos contem­po­rains. Mais, j’ai avant tout été sé­duit par la beau­té des mots et du verbe. J’ai re­çu sa prose comme une mélodie. Je me suis mis au pia­no et l’ins­pi­ra­tion est ve­nue.

Ses textes parlent beau­coup d’amour, mais aus­si de souf­france, vous iden­ti­fiez­vous à ses sen­ti­ments? Je ne pense pas qu’on puisse chan­ter des chan­sons avec des mots qui ne cor­res­pondent pas à notre réa­li­té. Les poèmes de Mar­ce­line ré­vèlent des sen­ti­ments que j’ai dé­jà vé­cus per­son­nel­le­ment ou que d’autres ont pu vivre au­tour de moi.

Les textes ont-ils été mo­di­fiés? Non, c’était im­por­tant pour moi de ne rien tou­cher.

Comment vous est ve­nue l’idée de faire cet al­bum? Je fais d’abord les choses par plai­sir. Si­non, ça ne fonc­tionne pas. Sans émo­tion ni sen­ti­ment, on ne se sou­vient pas des chan­sons et elles ne touchent per­sonne. Au dé­part, com­po­ser avec les textes de Mar­ce­line était un exu­toire. C’est par la suite, en dis­cu­tant avec Jean-Claude Pe­tit que nous avons en­tre­pris de faire l’al­bum.

Jouer sur scène avec un or­chestre sym­pho­nique, c’est tout nou­veau pour vous ? C’est la pre­mière fois et c’est ex­cep­tion­nel. Le pu­blic dé­couvre un or­chestre qu’il ne pour­rait voir seule­ment dans des concerts de mu­sique clas­sique. En re­pre­nant quelques-unes de mes chan­sons, le spec­tacle offre une nou­velle ver­sion de mon ré­per­toi­re­mu­si­cal. Avec les su­blimes ar­ran­ge­ments que m’a faits Jean-Claude Pe­tit, ça donne un concert avec beau­coup d’éner­gie. En étant plus clas­sique, je res­sens une qua­li­té d’écoute in­croyable de la part de mon pu­blic.

Vous vous sen­tez à l’aise dans ce style ? Je change de cos­tume sou­vent, j’ex­plore. J’es­saie tou­jours de dé­cou­vrir d’autres fa­cettes. Au­jourd’hui je suis là, de­main je se­rai ailleurs, mais tou­jours en train d’es­sayer de faire des chan­sons. Au­jourd’hui c’est avec Mar­ce­line, la pro­chaine fois ça se­ra sans doute ra­di­ca­le­ment op­po­sé. J’ai be­soin de chan­ger sans ar­rêt pour ne pas m’en­nuyer et ne pas en­nuyer les gens.

Vous n’êtes pas prêt à lais­ser tom­ber la scène? La scène est le mo­ment où je par­tage les émo­tions que j’ai res­sen­ties en créant mes mu­siques. C’est un des seuls en­droits où les gens se cor­res­pondent réel­le­ment. C’est un mo­ment fan­tas­tique de com­mu­nion, tout le monde est à l’unis­son, ce qui n’est pas for­cé­ment le cas dans des bars ou en­core les boîtes de nuit. Pour ma part, la com­po­si­tion ne me suf­fit pas La scène est pour moi l’es­sen­tiel de mon mé­tier et de ma pas­sion.

(DR)

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