Sar­ko­zy dé­fend une al­ter­nance franche

En mee­ting hier soir à Nice, l’an­cien chef de l’Etat a dres­sé un ta­bleau alar­mant du pays, se pré­sen­tant en hé­raut du peuple pour res­tau­rer l’au­to­ri­té et in­car­ner une al­ter­nance ra­di­cale

Monaco-Matin - - La Une - THIER­RY PRUDHON tprud­hon@ni­ce­ma­tin.fr

J’en­tends dé­jà les com­men­ta­teurs m’ac­cu­ser d’être pes­si­miste, né­ga­tif, pas­séiste, conser­va­teur… » Ni­co­las Sar­ko­zy a pris soin de dé­mi­ner lui-même les cri­tiques, hier soir à Nice. En mee­ting au Pa­lais Ni­kaïa, l’an­cien chef de l’Etat s’est mon­tré éton­nam­ment po­sé dans le ton, mal­gré le sou­tien de trois mille sup­por­ters, dra­peaux en go­guette. Le can­di­da­tà­la­pri­mai­re­de­la droite et du cen­tren’en­apas moins dra­ma­ti­sé l’échéance, dres­sant de­la Fran­cede Fran­çois Hol­lande un ta­bleau d’une rare noir­ceur. « La France est tra­vaillée sou­ter­rai­ne­ment par des di­vi­sions vio­lentes qui me­nacent chaque jour d’écla­ter en dé­chi­re­ments. Je sens ces di­vi­sions, je les re­doute, car je suis convain­cu qu’elles ne tar­de­ront pas à s’ex­pri­mer au grand jour si nous ne fai­sons rien. La France est gra­ve­ment me­na­cée de toutes parts… »

Ac­com­mo­de­ments ir­rai­son­nables

Face à ce pays qu’il juge en trainde foutre le­camp, qua­si­ment en per­di­tion, Ni­co­las Sar­ko­zys’est po­sé en por­te­pa­role de la co­lère du peuple et en cham­pionde la res­tau­ra­tion de l’au­to­ri­té. « Ici, c’est la France ! » , a-t-il re­ven­di- qué, « on n’en peut plus du droit à la dif­fé­rence. Je se­rai le Pré­sident qui ré­af­fir­me­ra l’uni­té de la com­mu­nau­té na­tio­nale, la dé­fense de l’iden­ti­té fran­çaise et le re­fus du com­mu­nau­ta­risme… J’as­sume vou­loir pas­ser de l’in­té­gra­tion à l’as­si­mi­la­tion. » Et de pro­mettre pour de­main, si les Fran­çais font le choix d’une « al­ter­nance forte et non pas molle » , la fin des « ac­com­mo­de­ments pré­ten- du­ment rai­son­nables » . Il a re­dé­cli­néà­cet ef­fet quelques-unes de ses prin­ci­pales pro­po­si­tions : maî­trise de l’im­mi­gra­tion, ré­ta­blis­se­ment du contrôle à toutes nos fron­tières, lutte im­pla­cable contre l’is­lam po­li­tique, in­ter­dic­tion du port du voi­leàl’uni­ver­si­té, sup­pres­sion du mo­no­pole syn­di­cal au pre­mier tour des élec­tions pro­fes­sion­nelles, ré­fé­ren­dum dès le 18 juin 2017 sur l’in­ter­ne­ment des fi­chésS et la sus­pen­sion du re­grou­pe­ment fa­mi­lial. « Je ne se­rai pas le Pré­sident qui to­lé­re­ra que la Ré­pu­blique se trans­forme en une gi­gan­tesque zone de non-droit. Je se­rai le Pré­sident du ré­ta­blis­se­ment de l’au­to­ri­té. Le 7 mai 2017, je sif­fle­rai la fin de la ré­créa­tion. » Pour ce faire, sans ja­mais ci­ter AlainJup­pé, Ni­co­las Sar­ko­zy a une nou­velle fois ba- layé tou­teal­liance avec Fran­çois Bay­rou: « Onne fe­ra pas l’al­ter­nance avec quel­qu’un qui nous a fait en­trer dans le so­cia­lisme en 2012. Je veux une al­ter­nance forte, concrète, vi­sible et im­mé­diate. »

Une part de rêve

Au-de­là d’un­diag­nos­tic très alar­miste et des me­sures sé­cu­ri­taires al­lant de pair, l’an­cien Pré­sident s’est aus­si ef­for­cé de ré­en­chan­ter un rêve fran­çais. Ce­lui d’un pays qui re­noue­rait avec les va­leurs du tra­vail, du mé­rite, de la fa­mille. Il dis­pose pour ce­la dans son ar­se­nal de me­sures comme le re­tour des heures sup­plé­men­taires dé­fis­ca­li­sées, la baisse de 10 % des im­pôts pour tous dès 2018, l’ali­gne­ment des ré­gi­mesde re­traite du pu­blic et du pri­vé, ou en­core la­vo­lon­téde re­vi­ta­li­ser le sys­tème édu­ca­tif en fai­sant tra­vailler da­van­tage les en­sei­gnants. « Ce se­ra 2017 ou ja­mais » ,a concluNi­co­las Sar­ko­zy, mar­te­lant la né­ces­si­té d’une al­ter­nance franche, conduite par un ca­pi­taine aguer­ri.

Les traîtres et les amis

Une salve d’ap­plau­dis­se­ments plus tard, il re­pre­nait le mi­cro pour une in­ter­ven­tion non ré­di­gée au par­fum doux-amer, un peu bi­zarre pour tout dire, étrange en­tre­lacs de pes­si­misme et d’op­ti­misme : « J’ai connu des tra­hi­sons, mais ce­lui qui est tra­hi garde des amis so­lides » , dé­cla­rait-il en por­tant l’ac­co­lade à Ch­ris­tian Es­tro­si et Eric Ciot­ti qui, cha­cun à sa­ma­nière, avaient un peu­plus tôt pla­cé en lui leur « es­pé­rance pour re­dres­ser la France » .

(Pho­to Sé­bas­tien Bo­tel­la)

Ni­co­las Sar­ko­zy sou­te­nu par Ch­ris­tian Es­tro­si, Eric Ciot­ti, la dé­pu­tée de la cir­cons­crip­tion Ma­rine Bre­nier et de nom­breux autres élus azu­réens, hier soir au Pa­lais Ni­kaïa.

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