Les agents du fisc re­fusent de payer les pots cas­sés

À l’ap­pel d’un mot d’ordre de grève na­tio­nal, des per­son­nels des fi­nances pu­bliques ont ces­sé le tra­vail hier. No­tam­ment pour dé­non­cer les ré­duc­tions d’ef­fec­tifs an­non­cées

Monaco-Matin - - Côte D’azur - ERIC GALLIANO egal­lia­no@ni­ce­ma­tin.fr

Les contri­buables avaient jus­qu’àhier mi­nuit pour s’ac­quit­ter de leur taxe d’ha­bi­ta­tion. L’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale, ha­bi­tuel­le­ment très à che­val sur les dates, a fi­na­le­ment dé­ci­dé de re­pous­ser l’échéance de 24 heures. Il faut dire que neuf de ses centres d’ac­cueil dans les Alpes-Ma­ri­times sont res­tés portes closes ce mar­di. Consé­quence d’un mot d’ordre de grève lan­cé uni­tai­re­ment par les syn­di­cats FO, CGT et So­li­daires. Un­mot d’ordre très sui­vi dans le dé­par­te­ment où près de 30% des per­son­nels de la di­rec­tion dé­par­te­men­tale des fi­nances pu­bliques étaient en grève hier.

«  postes sup­pri­més de­puis  »

Ils en­ten­daient ain­si pro­tes­ter contre la « dé­gra­da­tion de leurs condi­tions de tra­vail » et les « sup­pres­sions d’em- plois » au sein de ce ser­vice pu­blic. « Nous per­dons en moyenne, chaque an­née, une qua­ran­taine de postes dans les Alpes-Ma­ri­times » , as­sure Pas­cal Du­mas, re­pré­sen­tant FO. Et ce­la ne date pas d’hier. « De­puis 2002 ce sont près de 500 postes qui ont été sup­pri­més dans ce dé­par­te­ment » , ajoute sa consoeur de la CGT, Odile Gi­rard. « Pe­ti­tà­pe­tit la ma­chine rem­place l’homme » , constate cette syn­di­ca­liste qui pointe du doigt la mise en place par l’ad­mi­nis­tra­tion d’ou­tils de dé­cla­ra­tion nu­mé­rique. Pour au­tant, à en croire ces re­pré­sen­tants de l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale, les ré­duc­tions d’ef­fec­tif­svou­lues­par Ber­cy ne se­raient pas sans consé­quences sur les usa­gers. « Les contri­buables n’ar­rivent même plus à nous avoir au té­lé­phone. Et dans un centre comme ce­lui de Ca­déïàNice, qui est le se­cond de France, avec 200000 per­sonnes ac­cueillies chaque an­née, il y a par­fois une queuede cent­mètres sur le trot­toir. » Les syn­di­cats craignent que les condi­tions d’ac­cueil du pu­blic se dé­gradent da­van­tage en­core avec les ré­for­mesà­ve­nir. « Nous ne sa­vons pas en­core de com­bien se­ra la ré­duc­tion d’ef­fec­tif en 2017 » , re­con­naît Pas­cal Du­mas qui ne doute pas pour au­tant que l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale de­vra une nou­velle fois payer son tri­but sur l’au­tel cette fois de « la­mise en place du pré­lève- ment à la source » . « On va en­core nous par­ler de re­struc­tu­ra­tion » , souffle Odile Gi­rard. « On nous a dé­jà an­non­cé la fer­me­ture des centres d’en­re­gis­tre­ment des suc­ces­sions, des do­na­tions et des PV d’as­sem­blées gé­né­ra­lesàAn­tibes, Cagnes et Men- ton. Les usa­gers n’au­ront d’autre choix que de se dé­pla­cer à Grasse ou à Nice… » Du cô­té de la di­rec­tion dé­par­te­men­tale des fi­nances pu­bliques on as­sure tou­te­fois que ce ne se­ra pas le cas. « Les centres d’ac­cueils sub­sis­te­ront. Ils ne se­ront pas fer­més. En re­vanche il y au­ra en fait deux créa­tions de centres dé­par­te­men­taux, au plus près du siège des deux tri­bu­naux de com­merce du dé­par­te­ment, pour ce qui est du trai­te­ment. » Il n’en de­meure pas moins que les agents du fisc sem­blent­de­plus en plu­sexas­pé­rés de de­voir à la fois per­ce­voir les re­cettes fis­cales tout en payant les pots cas­sés des ré­duc­tions de dé­penses pu­bliques an­non­cées par le gou­ver­ne­ment. Cette grève, non re­con­duc­tible, était l’ex­pres­sion de leur ras-le-bol hier.

(Pho­to Frantz Bou­ton)

À l’image du centre des im­pôts de la rue Ca­déï, à Nice, neuf sites des fi­nances pu­bliques sont res­tés porte close hier dans le dé­par­te­ment.

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