« Il faut chan­ger cette po­lice »

Monaco-Matin - - Côte D’azur - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR C.

Mar­seille lun­di, Nice hier, Tou­lon au­jourd’hui. Puis Nîmes, Mont­pel­lier, le Nord… Et par­tout, la même co­lère po­li­cière. Yves Le­febvre, se­cré­taire gé­né­ral d’Uni­té-SGP FO, pro­cè­deàune vaste tour­née au contact des troupes, agi­tées de­puis plus d’un­mois par un mou­ve­ment de fronde. Le pa­tron du deuxième syn­di­cat de po­lice ap­pelle cette der­nière à une vaste ré­forme.

Les po­li­ciers conti­nuent à se ras­sem­bler le soir hors de tout ap­pel syn­di­cal. Vous sen­tez-vous dé­pas­sés par ce­mou­ve­ment? Ab­so­lu­ment pas. La­preuve: on va à leur contact! La co­lère de nos col­lègues est on­ne­peut plus lé­gi­time. Ce­ci étant, on constate une rup­tu­reentre les po­li­ciers de ter­rain et les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales. C’est pour­quoi je clame haut et fort que nous de­vons faire un syn­di­ca­lis­me­po­li­cier au­tre­ment. Nous de­vons écou­ter la base, sa­voir ap­pré­hen­der les réelles at­tentes du po­li­cier, sans pour au­tant tom­ber dans le po­pu­lisme ou la ré­cu­pé­ra­tion.

Ces at­tentes, vous par­ve­nez à mieux les cer­ner dé­sor­mais? Ce ne sont pas quedes griefs vis-àvis de la jus­tice. Le vé­ri­ta­ble­mal dont souffre la­po­li­ce­na­tio­nale, c’est la rup­tu­reentre la ba­seet la hié­rar­chie. Tant qu’on­ne­met­tra pas un terme à la­mé­ri­to­cra­tie, à la po­li­tique du chiffre, à la cultu­re­du ré­sul­tat et à toutes les primes qui vont avec, on ne trou­ve­ra­pas le bon­re­mède! Il faut tout re­mettre à plat. Mais ça, Ber­nard Ca­ze­neuve ne veut pas l’en­tendre.

Quid des  mil­lions d’eu­ros al­loués au plan pour la sé­cu­ri­té pu­blique, an­non­cé le  oc­tobre? Ce n’est pas un­geste suf­fi­sant. Ce ne sont pas  mil­lions d’eu­ros qui vont cal­mer la co­lère: le­mal est trop­pro­fon­dé­ment an­cré. Il faut une ré­forme com­plè­tede la for­ma­tion et du com­man­de­ment. On ne veut plus des tech­no­crates ob­nu­bi­lés par leur car­rière, mais de vrais pa­trons qui connaissent le mé­tier. Il faut que la po­lice re­trouve sa sé­ré­ni­té, sur­tout grâce à l’amé­lio­ra­tiondes condi­tions de tra­vail des gra­dés et gar­diens de la paix. Les gi­lets pare-balles, les te­nues ig­ni­fu­gées, c’est bien… Mais ces arbres-là ne ca­che­ront pas le mal-êtrede la­po­lice na­tio­nale.

Concrè­te­ment, que ré­clament les po­li­ciers que vous ren­con­trez? Avoir plus de­moyens, des wee­kends de re­pos plus fa­ci­le­ment, des heures sup­plé­men­taires ré­mu­né­rées ou­du­moins com­pen­sées, une hié­rar­chie­plus proche… Glo­ba­le­ment il faut que la po­lice soit re­con­nueet pro­té­gée.

Le désa­veu des syn­di­cats tient-il auxé­ter­nelles que­relles entre vous? Clai­re­ment, de­puis plus de vingt ans, les syn­di­ca­listes n’ont qu’une seule am­bi­tion: leur ré­élec­tion. Dès lors, ils se gardent un fer au chaud; ils font en sor­ted’être­ni trop mal avec la­base, ni trop mal avec la­hié­rar­chie. Pour­ma­part, j’ai étéé­lu il y a  mois pour in­car­ner un syn­di­ca­lisme de com­bat. Ber­nardCa­ze­neu­veme taxede contes­ta­taire? Et bie­noui, je conteste car le comp­ten’y est pas! Il faut chan­ger cette po­lice na­tio­nale.

CIRONE

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