CopHol­lande

Monaco-Matin - - Monde - Par DE­NIS JEAMBAR

Que res­te­ra-t-il du quin­quen­nat de Fran­çois Hol­lande? Au­cune trace ar­chi­tec­tu­rale puis­qu’il n’apas été, contrai­re­ment à ses pré­dé­ces­seurs, un­pré­sident bâ­tis­seur. Peu de ré­formes sus­cep­tibles de ré­sis­ter à l’épreuve du temps, à l’ex­cep­tion de la loi sur le ma­riage pour tous. Pas de suc­cès éco­no­miques avec un chô­mage de masse et une crois­sance trop pous­sive. Tout de même, un bi­lan plus flat­teur se­ra­mis à son cré­dit en po­li­tique étran­gère. Pas sur l’Eu­rope dont il n’apas fait bou­ger les ligne. Pro­ba­ble­ment re­tien­dra-t-on sa lutte ré­so­lue contre le ter­ro­risme enA­frique et au Moyen-Orient. Mais, sans au­cun doute, de­meu­re­ra­dans l’His­toire l’Ac­cord­dePa­ris si­gné en dé­cembre  par  pays à l’is­sue de la COP, la con­fé­ren­cedes Na­tions unies sur le cli­mat, et ra­ti­fié de­puis par  Etats re­pré­sen­tant  % des émis­sions mon­diales de gaz à ef­fet de serre. On com­prend, donc, que Fran­çois Hol­lande soit in­ter­ve­nu, hieràMar­ra­kech, lors de l’ou­ver­tu­rede laCOP pour sou­li­gner l’ac­tion conti­nue de la di­plo­ma­tie fran­çaise dans ce dos­sier ca­pi­tal. Et, bien en­ten­du, pour rap­pe­ler son propre rôle. Dans un bi­lan peau de cha­gri­net cri­ti­quéde toutes parts, onne peut lui re­pro­cher de cher­cherà­gla­ner ces

lau­riers-là. Sur ce su­jet, l’élec­tion­deDo­nald Trump à la fois lui com­plique la tâche et lui offre un nou­veau rôle. Com­pli­ca­tion parce que le fu­tur oc­cu­pant de la Mai­son-Blanche a an­non­cé­dans sa cam­pagne élec­to­rale qu’il re­vien­drait sur la ra­ti­fi­ca­tionde l’ac­cordde Pa­ris par les Etats-Unis. De fait, si Trump te­nait son en­ga­ge­ment, ce se­rait un sé­rieux coup de ca­nif dans cet ac­cord: les Etats-Unis ne sont-ils pas l’un des plus gros pol­lueurs du monde avec laC­hine ! Do­nald Trump pro­met même de re­lan­cer les éner­gies fos­siles, pé­trole et char­bon. Mais, en s’op­po­sant au nou­veau Pré­sident amé­ri­cain, en lui de­man­dant « de res­pec­ter les en­ga­ge­ments qui ont

été pris » , Fran­çois Hol­lande trouve aus­si un che­val deba­taille bien utile pour se lan­cer dans la com­pé­ti­tion ély­séenne. Ena-t-il un autre, d’ailleurs ? Pas vrai­ment. Suf­fi­ra-t-il à en­traî­ner la gauche et les éco­lo­gistes der­rière lui? Pas sûr. Mais nul doute qu’il se serve de la lutte contre le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique et de ce com­bat an­ti-Trump com­mea­touts dans sa cam­pagne. Les der­niers don­nées sur l’état de la pla­nète jus­ti­fient, en­outre, son com­bat et le rôle qu’il s’at­tri­bue. L’an­née  se­ra­pro­ba­ble­ment plus chaude que . Mais, pour la troi­sième an­née consé­cu­tive, les émis­sions de di­oxyde de car­bone pro­gressent peu, voire stag­nent. C’est un pre­mier ré­sul­tat. In­suf­fi­sant et en­core trop fra­gile, il jus­ti­fie le cre­doé­co­lo­gique de Fran­çois Hol­lande, le seul vrai­ment au­dible lors­qu’il s’ex­prime même si la France, mal­gré ses dis­cours, n’avan­ce­qu’à pas me­su­rés dans la tran­si­tion éner­gé­tique.

« Do­nald Trump pro­met de re­lan­cer les éner­gies fos­siles, pé­trole et char­bon. »

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.