Un pe­tit car­net comme Pierre de Ro­sette

Monaco-Matin - - L’événement -

L’in­time convic­tion qui por­tait Franck Baille dans sa quête de vé­ri­té a vi­ré à la cer­ti­tude après lec­ture d’un bref pas­sage de pe­tit car­net jour­na­lier te­nu par les em­ployés du Ca­fé de la gare. À la date du  mai , l’un d’eux note: « M. Le Doc­teur Rey a dé­po­sé pour M. etMme Gi­noux de la part du peintre VanGo­ghe (sic) des boîtes d’olives vides, un pa­quet de tor­chons à car­reaux ain­si qu’un grand car­net de des­sins et s’es­cuse (sic) pour le re­tard. » Une li­vrai­son par­mi tant d’autres pour ces em­ployés, c’est du moins la conclu­sion de Franck Baille. « Il faut se re­mettre dans le contexte d’Arles, avec cette gare à proxi­mi­té et un va- et-vient in­ces­sant au ca­fé. » Cette brève an­no­ta­tion prend im­mé­dia­te­ment la va­leur d’une Pierre de Ro­sette, d’au­tant que Franck Baille la re­coupe avec une cor­res­pon­dance bien connue de Van Gogh au dé­but de l’an­née . « Il existe une lettre de jan­vier qui est connue et ré­fé­ren­cée dans les bou­quins. Une lettre écrite par VanGogh et adres­séeàMa­rie Gi­noux où il écrit “Je ne vous ai pas re­mer­cié pour vos olives, elles étaient ex­cel­lentes je vous ren­ver­rai les boîtes…” Six mois après, on a ça! » , ju­bile Franck Baille. Cet élé­ment de­vien­dra la clé de voûte d’une dé­cou­verte qui n’a dé­ci­dé­ment te­nu qu’à un fil, ré­sume Bo­go­mi­la Welsh-Ov­cha­rov: « Heu­reu­se­ment qu’ils gar­daient tout à l’époque! Même les boîtes d’olives vides. Ça n’ar­ri­ve­rait plus dans notre so­cié­té de consom­ma­tion. »

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