Dis­tri­bu­teurs de billets tra­fi­qués : un an ferme

Monaco-Matin - - La Une - JEAN- MA­RIE FIORUCCI

Ce dos­sier, ju­gé par dé­faut à l’au­dience de mar­di, met­tait en cause deux Rou­mains, en­core dé­te­nus à la mai­son d’ar­rêt de Grasse. Le duo avait mis en place un sys­tème d’es­cro­que­rie à la carte ban­caire, les 7 et 8 mars 2015, sur des dis­tri­bu­teurs au­to­ma­tiques de billets ( DAB) de la BNP Pa­ri­bas. Le mode opé­ra­toire, pour­tant bien ro­dé et sans faille, is­su de la tech­nique du « col­let mar­seillais » , au­ra rap­por­té au mi­ni­mum 300 € à leurs au­teurs et... un an de pri­son ferme pro­non­cé par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel.

Carte faus­se­ment ava­lée

Tout part d’une plainte dé­po­sée par le di­rec­teur de l’éta­blis­se­ment ban­caire le 11 mars 2015. Grâce aux en­re­gis­tre­ments de vi­déo­sur­veillance des au­to­mates des bou­le­vards d’Ita­lie et Al­bert- Ier, les cré­neaux de cette es­cro­que­rie sont re­pé­rés en fin d’après­mi­di. Dans un pre­mier temps, les dis­tri­bu­teurs sont tra­fi­qués, de ma­nière à ce que billets de banque et cartes res­tent ac­cro­chés dans les fentes ré­frac­taires res­pec­tives de la ma­chine. Quand une per­sonne se pré­sente pour re­ti­rer de l’ar­gent, le DAB, évi­dem­ment, ne res­ti­tue pas la mon­naie de­man­dée. Comme l’uti­li­sa­teur s’ima­gine que sa carte a été confis­quée par le dis­tri­bu­teur, il se rend ra­pi­de­ment dans la banque pour la ré­cla­mer. Alors, pos­tés près des ap­pa­reils mo­di­fiés, les mal­frats se hâtent de ré­cu­pé­rer les cou­pures pié­gées par le col­let une fois le client par­ti.

Ar­rê­tés à Cannes

« Par chance, in­dique le pré­sident Jé­rôme Fou­ge­ras La­ver­gnolle, l’étude des cartes ava­lées per­met d’iden­ti­fier un pre­mier es­croc, âgé d’une tren­taine d’an­nées. Puis, au mois d’avril der­nier, des po­li­ciers de la ville de Cannes in­forment leurs ho­mo­logues de la Prin­ci­pau­té de l’ar­res­ta­tion de deux in­di­vi­dus qui ont avoué avoir vo­lé à Mo­na­co. L’ex­cel­lente co­opé­ra­tion in­ter­ré- gio­nale per­met de mettre un vi­sage sur les au­teurs de l’es­cro­que­rie. L’en­quête per­met­tra éga­le­ment d’ap­prendre qu’il y avait quatre per­sonnes qui agis­saient en bi­nôme. Les deux mal­fai­teurs purgent ac­tuel­le­ment deux ans d’em­pri­son­ne­ment à Grasse. Ils ne se­ront pas li­bé­rés avant le 17 avril 2017. » Il y au­ra même une pro­lon­ga­tion à écou­ter le pre­mier sub­sti­tut Oli­vier Zam­phi­roff aux cours de ses ré­qui­si­tions. « Des peines lourdes doivent en­voyer des mes­sages clairs ! Ne voyez pas ce dos­sier par les pe­tites sommes ré­cu­pé­rées. C’est l’oeuvre de vé­ri­tables ré­seaux qui agissent frau­du­leu­se­ment et dont les consé­quences sont loin d’être né­gli­geables. Car les sommes ad­di­tion­nées re­pré­sentent un gros pré­ju­dice. Comme le pre­mier nie main­te­nant tout en bloc, vous le condam­ne­rez à deux ans ferme. Le se­cond à douze mois. Et man­dat d’ar­rêt pour tous les deux. » Le tri­bu­nal ne fe­ra au­cune dif­fé­rence sur le quan­tum de la peine.

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