PORTRAIT Car­lin, une vieau ser­vice du bal­lon rond

Monaco-Matin - - Sports - LEANDRA IACONO

S’ilyaune cho­seque Georges Car­lin n’ap­pré­cie guère, c’est bien de par­ler de lui. Dans son bureau où rien ne traîne sauf quelques photos de sa pe­tite-fille Ly­na, sa pu­deu­rest tou­chante. Pour­tant l’homme de 68 ans au phy­sique de nou­nours a des choses à ra­con­ter. Ce­la fait plus de qua­rante ans qu’il fait par­tie du pay­sage foot­bal­lis­ti­quea­zu­réen. « Piètre joueur » , se­lon ses dires, lors­qu’il évo­luait au club au­jourd’hui dis­pa­rude l’Étoile SaintBar­thé­le­my, le dis­cret Ni­çois n’en est pas moins un so­lide dé­fen­seur du bal­lon rond et du sport en gé­né­ral. « Jem’y suis vrai­ment in­té­res­sé par le biais de mon mé­tier d’ins­ti­tu­teur » , confie Car­lin. En 1975, son di­rec­teur d’école, qui, heu­reux ha­sard, s’avère être membre du dis­trict de la Côte d’Azur, lui pro­pose de re­joindre l’équipe de bé­né­voles. Il se sou­vient : « Je n’y pas­sais que quelques heures par se­maine quand j’avais le temps. C’est à ce mo­ment-là qu’un demes fils a com­men­cé à faire du foot. J’al­lais le voir au borddes terrains. On­va­dire que j’ai été re­cru­té une fois de plus (rires) ».

« Un homme de l’ombre »

Car Georges Car­lin de­vient en même temps di­ri­geant au CSC Vieux-Nice. Se­cré­taire, tré­so­rier puis vice-pré­sident, le Ni­çois de­puis tou­jour­sy­par­fait ses connais­sances du foot­ball dé­par­te­men­tal et ré­gio­nal. « J’ai tou­jours ai­mé l’am­biance, l’es­prit de ca­ma­ra­de­rie du sport ama­teur. Être au­près des jeunes, les en­ca­drer, les ca­na­li­ser ». Il y res­te­ra jus­qu’en 2009 et la fu­sion du club avec Saint-Roch. Ce dé­part conju­guéàune re­trai­te­bien mé­ri­tée lui per­mettent de s’in­ves­tir d’avan­tage au dis­trict. Lui qui se dé­crit comme « un bon pe­tit sol­dat et un homme de l’ombre » gagne sa place au bureau di­rec­teur et oc­cupe la fonc­tion de se­cré­tai­re­gé­né­ral-ad­joint pen­dant quatre ans (2012-2016). « Et puis ça a été un peu le jeu des chaises mu­si­cales, conti­nue-t-il, quand Eric Bor­ghi­ni (le pré­sident sor­tant-ndlr) est par­ti à la Ligue Mé­di­ter­ra­née et qu’Edouard De­la­motte a été pro­mu à la tête du dis­trict dé­but sep­tembre, on m’a dé­si­gné se­cré­taire gé­né­ral ». Une dé­ci­sion lo­gique se­lon Ch­ris­tine Tas­ta­vin, an­cienne di­rec­trice de l’ins­ti­tu­tion, qui l’a cô­toyé de 1977 à 2014.

Une per­son­na­li­té sa­luée

« Le­poste lui convient par­fai­te­ment. C’est un homme très com­pé­tent et tou­jours très dis­po­nible. Son mé­tier d’ins­ti­tu­teur lui a don­né une cer­taine ap­proche des gens. Il est très psy­cho­logue. Tou­jours à la re­cher- che du sa­voir, il connaît tous les rè­gle­ments à la per­fec­tion. » L’an­cien se­cré­taire gé­né­ral Edouard De­la­motte confirme : « C’est quel­qu’un en qui on peut avoir ex­trê­me­ment confiance. Les hommes ont par­fois la pré­ten­tion de croire qu’après eux, ce se­ra le dé­luge. Avec Georges, il est im­pos­sible d’avoir ce sen­ti­ment. Il a su­bi des épi­sodes très éprou­vants dans sa vie. Il fait preuve d’une grande sa­gesse. » Les pertes de l’un de ses trois fils en 1983 et plus ré­cem­ment de sa femme Hé­lène, le pu­dique Georges Car­lin, re­gard fuyant, ne les évoque qu’à de­mi-mot. Mais il de­vient vite évident qu’elles l’ont ame­néàse ré­fu­gier­dans le tra­vail, « pour s’oc­cu­per l’es­prit » . « Ap­par­te­nir à la grande fa­mille du foot lui a per­mis de se­main­te­nir en vie. C’est un homme très cou­ra­geux » , té­moigne Ch­ris­tine Tas­ta­vin. Dif­fi­cile alorsd’ima­gi­ner l’après pour Car­lin : « J’ai­me­rais que ça ar­rive le plus tard pos­sible. Quand on se trouve bien quelque part, on n’a pas en­vie de par­tir. »

Le nou­veau se­cré­taire gé­né­ral du dis­trict cultive la dis­cré­tion.

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