On se bous­cule !

Monaco-Matin - - Détente - Phi­lippe Bou­vard

De Gaulle avait pré­dit : « Après moi, ce se­ra le chaos ou le trop-plein » . Nous avons les deux. À droite, les cham­pions du ras­sem­ble­ment ont ces­sé de don­ner le bon exemple en s’étri­pant. Fillon crée la sur­prise bien qu’il l’ait an­non­cée. Le Maire, qui a traî­né du­rant dix an­nées dans les ca­bi­nets mi­nis­té­riels, af­firme être l’homme nou­veau qu’at­tendent les Fran­çais. À gauche, les deux têtes de l’exé­cu­tif se pré­parent à un choc fron­tal. Le po­pu­laire Ni­co­las Hu­lot a lais­sé la place à deux par­faits in­con­nus au ba­taillon éco­lo. La chan­son va­rie mais le re­frain est tou­jours le même: « Re­te­nez-moi ou je fais un mal­heur! » . Quant au pe­tit der­nier, ré­per­to­rié comme l’ins­pi­ra­teur éco­no­mique du quin­quen­nat, il a dû re­prendre à son compte la for­mule de Gis­card di­sant « L’in­gra­ti­tude est la pre­mière qua­li­té de l’homme d’État » puis­qu’il a plan­té suc­ces­si­ve­ment ses bien­fai­teurs de la banque Roth­schild et du Pa­lais de l’Ély­sée. Au fait, qu’est- ce qui, en de­hors d’une am­bi­tion per­son­nelle dé­me­su­rée, donne le droit à ce vieil ado, ja­mais adou­bé par le suf­frage uni­ver­sel, de re­joindre la co­horte des té­nors qui sou­haitent faire notre bon­heur ? Dif­fi­cile, pour l’heure, de consi­dé­rer comme un me­nu de fête son bouillon de  heures ré­chauf­fé et sa pu­rée tech­no­cra­tique hé­ris­sée de gru­meaux syn­di­caux. Sans doute en fau­dra-t-il da­van­tage pour que le corps élec­to­ral re­noue avec l’or­gasme.

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