Do­nald Trump vu par la ba­ronne Brand­stet­ter

Pour Ma­rianne Brand­stet­ter, ré­si­dente mo­né­gasque , Trump pré­sident n’a rien à voir avec l’homme d’af­faires qu’elle a connu. En creux, le por­trait d’un homme pres­sé. Pas un monstre

Monaco-Matin - - La Une - PROPOS RE­CUEILLIS PAR LAURENT AMAL­RIC la­mal­ric@ni­ce­ma­tin.fr

Ex­tra­va­gante, ex­cen­trique, fi­gure haute en cou­leur de la jet-set... À Mo­na­co où elle ré­side de­puis 32 ans, la ba­ronne Ma­rianne Brand­stet­ter est plus connue pour ses ex­ploits à ski nau­tique dans la pis­ci­ne­duBeach Club ou sur les greens du Mont Agel, que ses po­si­tions po­li­tiques. Oui mais voi­là, la ri­chis­sime hé­ri­tière suisse qui s’est illus­trée dans La Ferme Cé­lé­bri­tés 2 est éga­le­ment une proche du clan Trump. Iva­na, reste la bonne co­pine. Quant à son ex, Do­nald, avant de de­ve­nir le 45e pré­sident des ÉtatsU­nis, c’est au­tour d’un ham­bur­ger dans sa ré­si­dence de Mar-A-La­go qu’ils re­fai­saient le monde avec Ma­rianne Brand­stet­ter qui lui a cé­dé les parts de son dé­funt­ma­ri, ja­dis roi des ca­si­nos, James M. Cros­by. La ba­ronne sa­cri­fie au ri­tuel du ham­bur­ger - mo­né­gasque cette fois - pour en par­ler le temps d’un après-mi­di. Des confi­dences tein­tées d’un ac­cent al­le­mand mar­qué, qui ne laissent pla­ner au­cun doute sur son sta­tut de fer­vente sup­por­trice du fu­tur «homme le plus puis­sant de la pla­nète».

Quel ef­fet de voir un ami ac­cé­der à la Mai­son Blanche ? Je suis ra­vie de sa vic­toire. Je viens d’ailleurs de lui adres­ser un mot de fé­li­ci­ta­tions (elle nous tend co­pie d’une lettre en­flam­mée en­voyée mar­di à la Trump To­wer de New York). Àquelle oc­ca­sion vous êtes-vous liés ? Je l’ai connu à Mar-A-La­go en Flo­ride dans sa villa. C’était en , à l’oc­ca­sion d’un grand dé­jeu­ner pour Pâques. Il était alors­ma­rié à Iva­na Trump. Par la suite, il avait l’ha­bi­tude de mettre à dis­po­si­tion son jet pri­vé au dé­part de NewYork pour qu’on passe le week- end à Palm Beach. J’étais même

là lors­qu’Iva­na s’est re­ma­riée chez lui ! (avec l’Ita­lien Ros­sa­no Ru­bi­con­di en , Ndlr). Do­nald est ve­nu faire un speech plein d’hu­mour pour dire que l’évé­ne­ment ne pou­vait se pas­ser nulle part ailleurs !

Com­ment en êtes-vous ve­nu à faire du bu­si­ness avec lui ? Mon troi­sième ma­ri, James Mor­ris Cros­by, un vrai gent­le­man ren­con­tré lors d’une soi­rée Back­gam­monàMo­na­co, était pro­prié­taire du groupe Re­sorts In­ter­na­tio­nal. Il pos­sé­dait des hô­tels et ca­si­nos à At­lan­tic Ci­ty et aux Ba­ha­mas, sur Pa­ra­dise Is­land.

Fin , Do­nald Trump, alors jeune homme très am­bi­tieux, est ar­ri­vé à At­lan­tic Ci­ty. Il a ache­té son pre­mier ca­si­no. Un concur­rent pour nous donc... Mais à cette époque, At­lan­tic Ci­ty fonc­tion­nait très bien. C’était le su­per­mar­ché des ca­si­nos ! Au dé­cès de mon ma­ri, en , je me suis re­trou­vée avec des parts du groupe Re­sorts In­ter­na­tio­nal. Lorsque nous nous sommes connus, Do­nald n’a pas ca­ché son in­té­rêt pour me les ra­che­ter puis­qu’il vou­lait le pa­ckage to­tal. Il com­pre­nait le fa­meux hôtel ca­si­no Taj Ma­hal. Il n’avait que douze étages à l’époque (il en au­ra fi­na­le­ment une qua­ran­taine sous l’ère Trump avant de connaître une faillite re­ten­tis­sante et fer­mer ses portes en oc­tobre der­nier, Ndlr). Do­nald me di­sait que sans lui le groupe cou­rait à la faillite. Iva­na aus­si s’en est mê­lée en jouant sur la corde sen­sible de notre ami­tié. Il au­ra fal­lu un an de né­go­cia­tions... J’ai fi­ni par cé­der et je ne le re­grette pas. Je ne vous di­rai pas le mon­tant ! (rire).

Une fois les af­faires faites, il ne vous a pas ou­bliée ? Nous avons tou­jours gar­dé con­tact. Une fois, alors que mon ap­par­te­ment new-yor­kais était tout noir­ci par la pol­lu­tion - une fe­nêtre était res­tée ou­verte huit mois !- , il m’a même lo­gé dans une suite de son Pla­za Ho­tel. Je suis aus­si proche de ses en­fants. Ivan­ka est ado­rable (elle porte des boucles de sa col­lec­tion pen­dant l’en­tre­tien, Ndlr) et Eric est mon voi­sin dans le Trump Parc, à Cen­tral Park.

Quel homme est-il loin des pla­teaux té­lé et des mee­tings en roue libre ? L’homme politique que j’ai dé­cou­vert n’a rien à voir avec ce­lui que j’ai connu. Un homme très tran­quille, à l’écoute, cour­tois, ja­mais un mot plus haut que l’autre... Pas sexiste. Il m’a tou­jours res­pec­té.

Me­la­nia peut- elle exis­ter au­près de son ogre de­ma­ri ? Me­la­niam’a été pré­sen­té au tout dé­but de leur re­la­tion, à Palm Beach. Elle n’avait rien d’une beau­té exu­bé­rante. Une fille plu­tôt com­mune pour moi. Po­lie mais pas vrai­ment ba­varde... tran­quille... zen, di­sons. Ce qui convient par­fai­te­ment au ca­rac­tère de Do­nald ! C’est une fille qui veut plaire à son­ma­ri, ça se voit. Elle trou­ve­ra sa place de pre­mière dame dans le re­gistre oeuvres ca­ri­ta­tives, etc. Elle fi­ni­ra par être ai­mée.

La Côte d’Azur a-t- elle aus­si été un ter­rain de jeu pour Do­nald Trump ? Non. Il est ve­nu ici à Mo­na­co au Bal de la Croix-Rouge à deux re­prises dont une fois en  avec Me­la­nia, s’est pro­me­né à Saint-Tro­pez..., mais rien de plus. Il n’a pas non plus de biens ici à ma connais­sance. Il aime avant tout les États-Unis qu’il s’est don­né pour mis­sion de sau­ver. Make Ame­ri­ca great again !

Quels autres pré­si­dents avez-vous cô­toyé ? Mon se­cond ma­ri le ba­ron Brand­stet­ter était très ami avec Nixon. Il ve­nait dans notre mai­son à Aca­pul­co. Dé­fi­laient éga­le­ment Hen­ry Kis­sin­ger, le gé­né­ral Ridg­way... Et puis Ro­nald Rea­gan. J’étais d’ailleurs àWa­shing­ton D.C. pour son in­ves­ti­ture.

Trump est-il de leur trempe ? Ab­so­lu­ment. Re­par­lons-nous dans trois ans et vous ver­rez qu’il va chan­ger les choses en bien. Je lui trouve beau­coup de si­mi­li­tudes avec Rea­gan. Comme lui, un show­man qui a pris tout le monde par sur­prise.

Le Prince Al­bert vient de l’in­ter­pel­ler sur l’en­vi­ron­ne­ment, à rai­son ? Cent pour cent d’ac­cord ! Sur ce su­jet des chan­ge­ments cli­ma­tiques qu’il ne veut pas re­con­naître, je trouve qu’il a com­plè­te­ment tort. Mais vous ver­rez, dans les trois mois Trump va chan­ger d’opi­nion !

À At­lan­tic Ci­ty il était notre concur­rent” Sur le cli­mat Trump se trompe ! ”

(Photo Jean-Fran­çois Ot­to­nel­lo)

La ba­ronne pose avec une photo d’elle et de son amie Iva­na Trump au Bal de la Croix-Rouge.

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