Em­ma­nuel Ma­cron en­tre­prend sa longue marche vers l’Ely­sée

Pour son pre­mier dis­cours de can­di­dat à la pré­si­den­tielle, l’an­cien mi­nistre de l’Éco­no­mie a choi­si la « va­leur tra­vail », l’éga­li­té des chances et l’Eu­rope pour dé­fendre sa « ré­vo­lu­tion dé­mo­cra­tique »

Monaco-Matin - - France - K. M. kmi­chel@ni­ce­ma­tin.fr

C’est au­jourd’hui, ici, que les choses com­mencent. Et nous al­lons les faire en­semble. » Pre­miers mots du can­di­dat Ma­cron, qui s’af­firme dé­ci­dé à ne pas fai­re­de­dis­cours, mais « à par­ler avec le coeur » . Dans la salle Ti­no-Ros­si des Pennes-Mi­ra­beau, dans les Bouches-du-Rhône, de­vant prèsde700 per­sonnes, ilaen­ga­gé ses sym­pa­thi­sants à le­ver la voix pour faire en­tendre leur dé­ter­mi­na­tion à faire chan­ger les choses. On rit de son par­ti? On lui as­sène qu’il est seul? « Nous sommes 100000 », as­sure-t-il sous les ap­plau­dis­se­ments. « Je sais que nous sommes prêts, je sais que le pays est prêt », lâche-til, so­len­nel. La tri­bune l’est tout au­tant, et n’échappe pas aux stan­dards du genre: de fi­dèles sym­pa­thi­sants ont pris place sur des chaises, der­rière le pu­pitre, ani­mant le fond bleu… Voi­là po­sé le dé­cor du can­di­dat qui en­tend in­car­ner le pro­grès. Au choix de la haine et du re­pli, il se pose en seul ga­rant du ras­sem­ble­ment… de toutes les forces de pro­grès. Il en­tend por­ter la voix de l’es­pé­rance, en in­car­ner la voie. Re­gar­der en face la si­tua­tion du pays, et tout faire pour chan­ger la si­tua­tion. « Pen­ser haut, vou­loir haut… » : iI pose les bases du cap qu’il veut pour la France. « Nous avons l’obli­ga­tion de construire un monde nou­veau où cha­cun et cha­cune doit trou­ver sa place, où il se­ra per­mis de réus­sir, en ré­in­ven­tant nos propres or­ga­ni­sa­tions, en ne re­non- çant en rien à nos va­leurs, nos prin­cipes, à notre so­li­da­ri­té et notre fra­ter­ni­té, mais en étant cou­ra­geux, am­bi­tieux, neufs, dans notre ca­pa­ci­té à trou­ver un nou­veau­mo­dèle. »

Agir contre les dis­cri­mi­na­tions

Com­meàBo­bi­gny la veille pour sa dé­cla­ra­tion de can­di­da­ture, l’an­cien mi­nistre de l’Éco­no­mie dé­roule les préa­lables de son pro­jet pour la France. Dif­fi­cul­tés du monde du tra­vail, de l’em­ploi, vé­ri­tables freins au dé­ve­lop­pe­ment du pays. Il af­firme vou­loir « agir très con­crè­te­ment contre les dis­cri­mi­na­tions; avoir une vé­ri­table politique d’ou­ver­ture du monde du tra­vail. » Adap­ta­bi­li­té et flexi­bi­li­té du temps de tra­vail, re­né­go­cia­tion du dia­logue social dans l’en­tre­prise… « Vou­loir du tra­vail, c’est aus­si vou­loir des sé­cu­ri­tés [...]. On ne li­bé­re­ra pas notre pays si, en même temps, on ne pro­tège pas tous ceux qui ne peuvent pas y par­ti­ci­per »… Il veut ré­for­mer la pro­tec­tion so­ciale, sans dire com­ment. « Nous de­vons aus­si faire plus pour ceux qui ont moins. » Éga­li­té des chances, éga­li­tés des ter­ri­toires – Em­ma­nuel Ma­cron veut ré­con­ci­lier « les France » –, pro­tec­tion des plus faibles… Homme tout à la fois de droite, de gauche et même du centre dans les idées qu’il dé­cline, Em­ma­nuel Ma­cron aborde très briè­ve­ment la sé­cu­ri­té et la justice qu’il veut pour de­main. En res­tant fi­dèle au rôle de « na­tion gé­né­reuse » que la France a tou­jours eu, confie le can­di­dat qui re­fuse de cé­der à « la si­tua­tion de haine, de di­vi­sion, dans la­quelle le pays est plon­gé ». L’Eu­rope en­fin, « sou­ve­raine et dé­mo­cra­tique » à re­cons­truire. « Une Eu­rope qui construi­ra son pro­jet avec les ci­toyens de ce conti­nent et qui au­ra re­trou­vé le goût de l’ave­nir et de l’in­ves­tis­se­ment. »

Des pro­po­si­tions ? Pas en­core…

Lui qui veut ré­con­ci­lier les forces pro­gres­sistes « de la droite, de la gauche, du centre et des Verts », est par­ve­nu à gal­va­ni­ser son au­di­toire… Même si, loin des me­sures « tech­niques » qu’il dé­nonce, il s’abrite der­rière le ca­len­drier (élec­to­ral) pour ne pas (en­core) pro­po­ser les me­sures qui tra­dui­ront ses lignes di­rec­trices. « Le pro­jet reste à construire. » Il n’em­pêche: « Nous l’em­por­te­rons, et nous pour­rons dire que c’est ici que tout a com­men­cé » avait en pré­am­bule, lan­cé Mi­chel Amiel, sé­na­teur-maire des Pennes-Mi­ra­beau. Les ap­plau­dis­se­ments nour­ris de l’au­di­toire, les « Ma­cron pré­sident » , ten­daient à prou­ver hier soir que la ma­chine Ma­cron est bien en marche. Res­te­ra à ju­ger, dans les se­maines et les mois à ve­nir, si c’est une ma­chine à ga­gner.

(Pho­tos Laurent Mar­ti­nat)

Em­ma­nuel Ma­cron a te­nu son pre­mier mee­ting en tant que can­di­dat of­fi­ciel à la pré­si­den­tielle hier soir, aux Pennes-Mi­ra­beau (Bouches- du-Rhône).

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.