Le lexique Favre

L’en­traî­neur suisse a dé­jà sé­duit le Gym et la L1 par ses com­pé­tences et sa cha­leu­reuse per­son­na­li­té. Son ac­cent et ses ex­pres­sions hel­vètes font le reste

Monaco-Matin - - Sports - WILLIAM HUMBERSET

Per­fec­tion­niste, pas­sion­né et exi­geant, Lu­cien Favre a dé­jà conquis son monde en me­nant le Gym au som­met de la Ligue 1 après 12 jour­nées. Sa per­son­na­li­té, son franc­par­ler et la per­ti­nence de ses propos pro­longent l’opé­ra­tion sé­duc­tion en conférence de presse. Jus­qu’à fi­ler même le sou­rire à l’as­sem­blée quand le Vau­dois ba­lance une ex­pres­sion de sa Suisse na­tale. L’exemple est ar­ri­vé dès la pre­mière jour­née, après Rennes (1-0). « Plea ? Il est sor­ti à cause d’une to­mate. Ben oui, ça rou­git quand on re­çoit un coup », s’était jus­ti­fié l’en­traî­neur de 59 ans de­vant l’in­cré­du­li­té gé­né­rale.

« Quand il s’énerve, il gueule avec… calme »

Si les jour­na­listes ont éga­le­ment en­ten­du par­ler de « latte » pour la barre trans­ver­sale, de « cor­ri­dor » pour le cou­loir des ves­tiaires ou de « foul » pour une faute, les Ai­glons ont eux aus­si eu droit à quelques éclats de rire grâce au lexique de Lu­cien Favre. Lors des séances vi­déos par exemple. Après avoir de­man­dé au­tour de lui s’il y avait un « bea­mer » dis­po­nible, le coach dé­cor­tique l’ad­ver­saire, les buts en­cais­sés, « au­to-goals » com­pris. « Quand il de­mande à rem­bo­bi­ner la vi­déo, c’est mar­rant aus­si, té­moigne un membre du ves­tiaire. Il dit

“Re­viens, re­viens, re­viens, re­viens, re­viens, re­viens, re­viens, re­viens… Ça joue ! » Même les Suisses qui n’ont rien à voir avec le monde du foot disent « ça joue » pour « c’est ok » avec cet ac­cent par­ti­cu­lier qui met l’in­to­na­tion sur l’avant-der­nière syl­labe. « Quand le coach s’énerve, l’ac­cent ne lui per­met pas d’ex­pri­mer sa co­lère. Tu sens que l’in­to­na­tion est plus dure que d’ha-

bi­tude, mais en fait il gueule avec… calme, » sou­rit un autre sa­la­rié du club.

Il vou­voie tous ses joueurs

Cha­leu­reux et sou­riant dans sa com­mu­ni­ca­tion, Lu­cien Favre ne jongle pas avec les sautes d’hu­meur, ce n’est pas le genre de la mai­son. Dans le pi­redes cas, un évé­ne­ment contraire à ses dé­si­rs peut lais­ser pa­raître un sem­blant de ca­tas­tro­phisme. Mais ja­mais fer­mé au dia­logue, et même plus ou­vert qu’à ses dé­buts dans ce rôle d’en­traî­neur, Lu­cien Favre ap­plique un in­édit prin­cipe de base dans les échanges avec tous ses joueurs : le vou­voie­ment. Vous n’en­ten­drez ja­mais non plus le coach par­ler de « ses gars » ou de « ses hommes », il met­tra tou­jours en évi­dence « les joueurs » , « l’équipe », « le club » . Un cre­do qui lui per­met de gé­rer son groupe dans une par­faite har­mo­nie, coachs ad­joints com­pris. « Adrian Ur­sea aus­si peut uti­li­ser des ex­pres­sions ori­gi­nales comme “ca­saque” au lieu de “cha­suble”, » conclut un autre Ai­glon. Puis­qu’on vous dit que Lu­cien Favre et son staff parlent la même langue.

(Pho­tos Cy­ril Do­der­gny et Sé­bas­tien Bo­tel­la)

Cha­leu­reux et sou­riant, le tech­ni­cien suisse ne tran­sige pas avec le res­pect. Le vou­voie­ment est l’un des prin­cipes de base dans sa com­mu­ni­ca­tion avec les joueurs (ici Se­ri, de dos).

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.