La Ré­pu­blique am stram gram

Monaco-Matin - - Détente -

L’autre mer­cre­di, le mo­ment où Em­ma­nuel Ma­cron s’est dé­cla­ré prêt, sans que per­sonne ne l’y ait in­vi­té, à de­ve­nir chef de l’État, m’a fait pen­ser – toutes pro­por­tions gar­dées – à Na­po­léon se po­sant lui-même, le jour du Sacre, la cou­ronne im­pé­riale sur le front. Avec dé­jà la qua­li­té de ben­ja­min si­non le titre de dau­phin. Mais est- ce un atout d’être plus jeune que les autres ? N’a-t- on pas eu da­van­tage le temps de se faire des en­ne­mis que des amis ? Ne lais­set- on pas sur le bord de la route des ca­ma­rades de pro­mo­tion aus­si brillants mais plus pru­dents que soi ? Ne se prive-t- on pas d’avoir ré­flé­chi suf­fi­sam­ment avant de se lan­cer dans cette course au pou­voir qui brise plus d’exis­tences qu’elle ne fa­brique de des­tins ? En n’ayant as­sis­té à au­cun ban­quet ré­pu­bli­cain, n’a-t- on pas re­non­cé au dé­but d’em­bon­point au­quel, chez nous, on re­con­naît un vrai no­table ? Dans le pro­gramme dis­tri­bué gra­tui­te­ment par l’ar­tiste (la fac­ture vien­dra plus tard), j’ai no­té « la com­mis­sion de ci­toyens ti­rés au sort et char­gés d’exa­mi­ner chaque an­née le bi­lan pré­si­den­tiel », sans doute or­ga­ni­sée à la té­lé par la Fran­çaise des jeux. Ain­si fonc­tion­ne­rait en­fin, dans une vraie éga­li­té des chances et une franche ri­go­lade, la « Ré­pu­blique am stram gram » gou­ver­née par Pic et Pic et Co­le­gram dont les fonc­tions ne se­raient plus at­tri­buées au mé­rite mais au ha­sard.

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