Ko­ziel­lo doit pa­tien­ter

Ti­tu­la­ri­sé à 32 re­prises sous les ordres de Claude Puel l’an pas­sé, le mi­lieu de ter­rain n’est plus ap­pa­ru dans le onze de dé­part ni­çois en L1 de­puis le 21 sep­tembre. Des ques­tions se posent

Monaco-Matin - - Sports - WILLIAM HUMBERSET

Ça va vite dans le foot­ball. Ça ne tient à rien, par­fois il y a juste un cap à pas­ser. » C’est ain­si que Lu­cien Favre com­mente la si­tua­tio­nac­tuelle de Vincent Ko­ziel­lo. Le joueur et son en­tou­rage se posent da­van­tage de ques­tions, eux. Lé­gi­times à la vue des chiffres: sur les huit der­nières jour­nées­deLigue1, le­mi­lieu de ter­rain ni­çois s’est re­trou­vé sept fois sur le banc. « Ça veut clai­re­ment dire que Lu­cien Favre ne consi­dère pas Vincent comme un ti­tu­laire. Je ne cri­tique pas ses choix, mais c’est un constat », clame l’agent du joueur, Ro­ger Hen­ro­tay. « Et quand à Caen, il ne rentre pas du tout alors que son équipe est me­née, c’est une preuve de plus. » Cet épi­sode au­rait par­ti­cu­liè­re­ment mar­qué l’in­ter­na­tio­nal Es­poirs sur le re­tour du stade Mi­chel d’Or­na­no. Uti­li­séà35 re­prises sous les ordres de Claude Puel, dont 32 fois dans le onze de dé­part, Ko­ziel­lo n’a plus été ti­tu­la­ri­sé en cham­pion­nat de­puis la­vic­toire contreMo­na­co (4-0), le 21 sep­tembre der­nier. Et de­puis, il a joué 18 mi­nutes en Ligue 1. « On ne peut pas plaire à tout le monde » , com­mente l’en­tou­rage du joueur.

Troi­sième temps de jeu gé­né­ral sur les cinq mi­lieux de ter­rain

En sub­stance, ça veut dire que le pro­fil de l’Azu­réen de 21 ans ne convien­drait pas au tech­ni­cien suisse. Mais alors comment ex­pli­quer ses quatre ti­tu­la­ri­sa­tions en quatre matchs en Ligue Eu­ro­pa? Coupe d’Eu­rope et cham­pion­nat confon­dus, Ko­ziel­lo pos­sède le­troi­sième temps de jeu le plus im­por­tant des mi­lieux de ter­rain avec 778 mi­nutes, der­rière Se­ri (1151 mn) et Cy­prien (1043 mn) mais de­vant Bod­mer (675 mn) et Wal­ter (593 mn). « On a ga­gné contre Mar­seille (3-2) etMo­na­co (4-0) avec lui, ajoute Lu­cien Favre. Dans notre sys­tème de jeu, il y a plus de concur­rence pour Ko­ziel­lo. L’an­née pas­sée, il jouait à droite dans un lo­sange, cette sai­son c’est dif­fé­rent. Vincent est plus à l’aise quand il voit le jeu de­vant lui. » Ro­ger Hen­ro­tay va plus loin. « Le sys­tème lui conve­nait mieux, mais il y avait aus­si un Pa­py Mendy qui ra­tis­sait der­rière lui, et don­nait en pre­mière in­ten­tion. Vincent était un peu déso­rien­té par ces chan­ge­ments au­tour de lui. » Du stade de ré­vé­la­tion de la sai­son der­nière, Ko­ziel­lo se re­trouve face au dé­fi de la con­fir­ma­tion. Tou­jours un pas­sage dé­li­cat chez les jeunes joueurs. Mais ça n’ex­pli­que­pas tout pour son agent, quiaé­té di­rec­teur gé­né­ral du Stan­dard de Liège pen­dant près de dix ans. « Il n’est pas moins bon que l’an der­nier, c’est faux de dire le contraire. Il réus­sit même da­van­tage de passes. Mais on ne le met pas dans les meilleures condi­tions, voi­là mon sen­ti­ment. » As­so­cié au pa­pa de Vincent dans la ges­tion des in­té­rêts du joueur, l’agent par­tage un autre constat avec Sta­nis­las Ko­ziel­lo: « Lu­cien Favre n’a ja­mais don­né d’ex­pli­ca­tions à Vincent. On dit que c’est quel­qu’un qui com­mu­nique beau­coup avec ses joueurs, mais je peux vous as­su­rer que ce n’est pas le cas avec Vincent. » Se­lon quelques in­dis­cré­tions, ce de­vrait être­chose faite avant le­dé­pla­ce­ment à Geof­froy-Gui­chard.

« Per­sonne ne parle d’un dé­part »

Mais l’en­tou­rage de l’Ai­glon est clair, il est de toute ma­nière trop­tôt pou­ren­vi­sa­ger un dé­part. Mê­me­si les né­go­cia­tions en­ta­mées en juin au­tour d’une re­va­lo­ri­sa­tion sa­la­riale et d’une pro­lon­ga­tion de contrat traînent en lon­gueur et n’aident en rien dans la crise de confiance d’un joueur lié au Gym jus­qu’en 2018. Mais si les ré­seaux so­ciaux se sont agi­tés au­tour d’une ru­meur de trans­fert au Mi­lan AC, quand ce n’est pas Ar­se­nal, Ro­ger Hen­ro­tay la dé­gonfle tout de suite. « Au­cune équi­pene s’est­ma­ni­fes­tée et per­sonne ne parle d’un dé­part. Con­trai­re­ment à ce que pour­rait pen­ser le pré­sident Ri­vère, je n’ai pros­pec­té au­cun club. J’ai sim­ple­ment di­tàVincent de­pa­tien­ter, de­pro­fi­ter de son ré­cent sé­jour en équipe de Fran­ceEs­poirs pour prendre du plai­sir. Ou­blier un pe­tit peu le contexte ni­çois. » Bu­teur au coeur d’une bonne pres­ta­tion, Ko­ziel­loa­don­né la ré­ponse at­ten­due en ami­cal contre la Côte d’Ivoire (5-1), avant de confir­mer contre l’An­gle­ter­re­dans la fou­lée (32). « Il se sent bien phy­si­que­ment, jure son pa­pa Sta­nis­las. Quand ce n’était pas le cas par le pas­sé, il a tou­jours de­man­dé à sor­tir. Vincent est comme ça, il ne triche pas et le col­lec­tif prime. Le foot­ball n’est pas son mé­tier, c’est un jeu pour lui. Et ac­tuel­le­ment, c’est un joueur ad­dict qui est triste de ne pas jouer. » La suc­ces­sion de dix matchs en un mois qui com­mence de­main pour­rait bien tout chan­ger.

(Pho­tos Jean-Fran­çois Ot­to­nel­lo)

Vincent Ko­ziel­lo était as­sis sur le banc lors de sept des huit der­nières jour­nées de Ligue . C’est en re­vanche le mi­lieu de ter­rain ni­çois le plus uti­li­sé en Ligue Eu­ro­pa, preuve que l’in­ter­na­tio­nal Es­poirs de  ans reste dans les plans du coach Lu­cien Favre.

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