Deux ca­fés à Nice en 

Monaco-Matin - - Le Dossier Du Dimanche -

Tout part d’un constat d’échec : Pôle Em­ploi offre trop sou­vent un che­min de croix pour ceux qui veulent re­trou­ver un job. Temps d’at­tente in­ter­mi­nable, en­tre­tiens qui ne dé­bouchent sur rien, so­lu­tions loin d’être per­son­na­li­sées... Se­lon un rap­port de la Cour des comptes de juillet , Pôle Em­ploi n’offre une is­sue qu’à  % des chô­meurs qui passent entre ses mains. Il faut dire qu’un conseiller s’oc­cupe en moyenne de  à  « pro­fils », contre  il y a en­core six ans. Dans le Var et les Alpes-Ma­ri­times, c’est en moyenne un conseiller pour...  chô­meurs ! « Pôle Em­ploi, c’est l’ins­ti­tu­tion », ré­sume Paul Lan­dows­ki, qui ne se voit pas comme un concur­rent, mais comme une so­lu­tion al­ter­na­tive. « Chez nous, les portes et les fe­nêtres sont grandes ou­vertes et le prin­cipe est clair: on fait se ren­con­trer des chefs d’en­tre­prise avec des chô­meurs, en pri­vi­lé­giant le contact ». L’échange a sou­vent lieu­dans un bis­trot, un res­tau­rant, ou plus ré­cem­ment au Hard Rock Ca­fé, àMar­seille, où plu­sieurs cen­taines de per­sonnes ont pas­sé des en­tre­tiens ex­press. « A l’époque, au lieu d’en­voyer des CV sans ré­ponse, j’ai dit aux em­ployeurs de ve­nir me ren­con­trer au ca­fé Brant, à Stras­bourg, rem­bo­bine le bon­homme. Deux ou trois sont ve­nus et se sont dit que c’était ori­gi­nal. » France Bleu com­mence à par­ler de l’ini­tia­tive. Paul re­con­duit l’opé­ra­tion en janvier . Cette fois,  en­tre­prises mordent à l’ha­me­çon.  per­sonnes en re­cherche d’em­ploi se rendent sur les lieux. A tel point qu’après plu­sieurs mois, Paul re­trouve du tra­vail dans une boîte d’in­for­ma­tique em­bar­quée pour les poids lourds. « J’avais une ex­pé­rience de com­mer­cial mais à  ans, je n’étais plus vrai­ment sexy. » Un deuxième CDD après, où il s’oc­cupe de trou­ver des nou­veaux clients pour don­ner des bou­lots aux dé­te­nus de la pri­son de Mul­house, et Paul fait du « Ca­fé­con­tact » son job à plein temps. « C’est ma­thé­ma­tique : c’est dans l’ac­tion et par l’ac­tion que ça marche. » Dé­sor­mais, Son mou­ve­ment s’im­plante dans le Sud avec l’ap­pui d’Alexandre Jar­din, qu’il re­joint dans le mou­ve­ment « Bleu-Blanc-Zèbre ». « On est dé­ta­chés des codes tra­di­tion­nels. Onn’est­pas dans le­coa­ching, re­marque Paul : Ce qui marche, c’est d’être au­then­tique. En Al­le­magne, cer­tains contrô­leurs de train sont des types aux che­veux longs, des punks en cos­tume. Ici, ja­mais de la vie. » ANice, deux Ca­fé contact au­ront lieu en . « Onau­nou­til qui vient du ter­rain et de la so­cié­té ci­vile. Le comble, c’est qu’on est sol­li­ci­tés par les po­li­tiques… »

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