Les dé­fen­seurs des mi­grants dans la Roya passent à l’of­fen­sive

Monaco-Matin - - Côte D’azur - CAROLINE ANSART can­sart@ni­ce­ma­tin.fr

Du ja­mais-vu. La salle mu­ni­ci­pale de Breil-sur-Roya dans la­quelle s’est dé­rou­léun­dé­bat sur les mi­grants hier, à l’ap­pel de l’as­so­cia­tion « Roya ci­toyenne », était ar­chi-comble. « 150 voire 160 per­sonnes, c’est énorme pour la val­lée » , s’est ré­joui Jacques Cot­ta, jour­na­liste membre de l’as­so­cia­tion. Preuve que le su­jet mo­bi­lise for­te­ment la po­pu­la­tion, à dé­faut des élus, tous ab­sents à l’ex­cep­tion de la conseillère dé­par­te­men­tale d’op­po­si­tion Va­lé­rie To­ma­si­ni. Dans le pu­blic, des jeunes, des vieux, tous concer­nés par ces « fan­tômes » qui hantent les routes et les vil­lages de­puis la fer­me­tu­rede la fron­tiè­reàVin­ti­mille en 2015, af­fa­més et af­fai­blis par « des mois voire des an­nées de marche » , rap­pelle en pré­am­bule Na­tha­lie Mas­se­glia, de « Roya ci­toyenne ».

« Preuves for­melles »

Im­puis­sants face à l’am­pleur des moyens qu’il fau­drait dé­ployer pour gé­rer l’af­flux, ces ci­toyens ont ap­plau­di l’as­so­cia­tion­quand elle a an­non­cé son in­ten­tion de mettre à contri­bu­tion les maires des com­munes avoi­si­nantes. « Il faut qu’ils prennent en charge à notre place les gens sur la route. Et comme ils n’y ar­ri­ve­ront pas, là, ils exi­ge­ront une prise en charge à un ni­veau plus éle­vé » , ex­plique Jacques Cot­ta. Jus­qu’à l’État. Ils ont ap­plau­di aus­si le dé­pôt de plainte pré­vu­de­main par l’as­so­cia­tion contre le pré­fet, le Dé­par­te­ment et la Ré­gion pour dé­lais­se­ment de mi­neurs en dan­ger. « Pour la pre­mière fois, on a des preuves for­melles, dé­voile Mar­tine Lan­dry, d’Am­nes­ty in­ter­na­tio­nal. Des pho­tos qui prouvent que la po­lice dé­pose des­mi­neurs à la gare de Men­ton pour qu’ils prennent le train pour l’Ita­lie, alors même qu’ils ont rem­pli des re­quêtes pour de­man­der l’aide de l’État. C’est illé­gal. »

La déso­béis­sance ci­vile en­cou­ra­gée

« Ça veut dire que ces mi­neurs sont tout sim­ple­ment ren­voyés à Vin­ti­mille sans plus de pro­cé­dure », pré­ci­sait hier ma­tinMe Da­mia­no, lors d’une confé­rence de presse dé­diée aux mi­neurs exi­lés. « Or, qu’on soit ou non dans la bande des 20 ki­lo­mètres au­tour de la fron­tière, Schen­gen ou pas Schen­gen, et même si le par­quet fait cette confu­sion vo­lon­taire, on ne ren­voie pas un­mi­neur comme ça, pas en France », s’of­fus­quait Me Co­hen-Séat. En at­ten­dant que la si­tua­tion s’amé­liore, Mé­de­cins du monde, re­pré­sen­té par Phi­lippe de Bot­ton hieràB­reil, en­cou­rage la déso­béis­sance ci­vile et l’aide aux ré­fu­giés. « Il le faut : ici, les mi­grants n’ont au­cun droit. » Mais c’est ce qui vau­tà deux ha­bi­tants de la val­lée, Cé­dric Her­rou et Pierre Alain, de com­pa­raître de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Nice mer­cre­di.

(Pho­to Michaël Ale­si)

La po­pu­la­tion était conviée hier à un dé­bat d’in­for­ma­tion sur le su­jet à Breil.

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