Si­gné Ro­se­lyne

Monaco-Matin - - France/Monde -

Lun­di

La re­mon­tée de Fran­çois Fillon dans les son­dages ex­pri­mant les in­ten­tions de vote à la­pri­mai­rede la­droi­teet du­cen­treest spec­ta­cu­lai­reet in­at­ten­due. Cer­tains ana­lystes glosent sur la flui­di­téd’uné­lec­to­rat qui n’hé­si­te­pasà­chan­ger de­cham­pion­puisque l’on res­teen fa­mille, d’autres re­marquent que son sta­tut de qua­triè­me­homme, long­temps can­ton­né dans des scores au­tour de  %, l’aen quel­que­sorte pro­té­gé, Alain Jup­péetNi­co­las Sar­ko­zy le­mé­na­geant pour ré­col­ter ses voix pour le se­cond tour. Plus in­té­res­san­teest l’ob­ser­va­tion que l’in­flexion s’est pro­duite après L’Émis­sion po­li­tique du  oc­tobre sur France ani­mée­par Da­vidPu­ja­das et Léa Sa­la­mé. Les or­ga­ni­sa­teurs avaient ju­gé bon de conclure le­dé­bat par une chro­nique de l’hu­mo­ris­te­belge Char­line Van­hoe­na­cker avec un but avoué : ri­di­cu­li­ser Fran­çois Fillon. Ce­lui-ci, gla­cial, es­ti­ma qu’il n’était pas ap­pro­prié de conclu­reune émis­sion po­li­tique de cet­te­ma­nière. Dans toutes les dé­mo­cra­ties, il est sain de pou­voir mo­quer les po­li­ti­ciens, les chan­son­niers et les imi­ta­teurs s’en donnent àcoeur joie pour no­tre­plus grand plai­sir. Non, ce qui est pro­blé­ma­tique dans no­tre­so­cié­té est le chan­ge­ment de sta­tut de ces­ba­te­leurs. Dans les­ma­ti­nales ou les débats, ils ne sont plus– ce­qu’ils ou elles au­raient du res­ter– des amu­seurs mais bien des chro­ni­queurs­dont les quo­li­bets et les gui­gno­lades sont mis au­mê­me­plan que les com­men­taires des jour­na­listes les plus che­vron­nés. L’idée de conclure par de la gau­driole un ques­tion­ne­ment sans conces­sions dis­qua­li­fiait, en quelque sorte, la per­ti­nen­ceet l’im­per­ti­nen­cedes deux jour­na­listes. Il est cu­rieux qu’ils ne s’en soient pas ren­du comp­te­mais le pu­blic, lui, ne s’yest pas trom­pé et Fran­çois Fillon a ra­mas­sé la mise.

MMar­di

Fi­na­le­ment, c’est as­sez drôle. Chaque fois que je ren­con­treunF­ran­çais qui se ré­jouit de la vic­toi­re­deDo­nald Trump, je luis fais va­loir les propos in­ad­mis­sibles du­per­son­nage, sa vul­ga­ri­téet ses men­songes. Le dos au mur, mon in­ter­lo­cu­teur s’en sort tou­jours de la même fa­ço­nen as­su­rant que Trump ne tien­draau­cune de ses pro­messes et ajoute, pour faire bon poids, que tous les po­li­tiques en font au­tant. Cu­rieux ar­gu­ment que de sou­te­nir un can­di­dat enes­pé­rant qu’il se re­nie. Con­trai­re­ment à ses sou­tiens, je fais cré­dit au mil­liar­dai­re­de­vou­loir te­nir ses en­ga­ge­ments. D’ailleurs, ren­dons jus­tice àNi­co­las Sar­ko­zyet Fran­çois Hol­lande d’avoir tout ten­té­pour en fai­re­de­même. L’an­cien pré­sident s’est ac­ti­vé sur la loi TEPA, la dé­fis­ca­li­sa­tion des heures sup­plé­men­taires, l’au­to­no­mie des uni­ver­si­tés ou le re­port de l’âge de la re­trai­te­puis s’est fra­cas­sé sur une crise fi­nan­ciè­red’une bru­ta­li­té in­édite. L’ac­tuel Pré­sident ad’abord­vou­lu­met­tree­noeuvre les at­ten­dus du fa­meux dis­cours du Bour­get puis n’a pu que consta­ter l’échec d’une po­li­tique ba­sée sur des ré­gle­men­ta­tions et une fis­ca­li­té­qui se sont re­tour­nées au bout de quelques mois contre ceux qu’elles étaient cen­sées pro­té­ger. Àbien y ré­flé­chir, ce­qu’on peut re­pro­cher aux hommes po­li­tiques, cen’est pas de se dé­dire mais bien de se trom­per et de­per­sé­vé­rer dans l’er­reur ou consta­ter quedes évé­ne­ments im­pré­vus ont ren­du ir­réa­li­sables cer­tains pro­jets. Les pre­mières no­mi­na­tions qui filtrent de la Trump To­wer in­diquent bien que contre tout bon sens, le Do­nald ne va pas nous dé­ce­voir lui non plus : il fe­ra ce qu’il a dit.

MMer­cre­di

Zut, j’ai failli ou­blier la dé­cla­ra­tion de can­di­da­tu­red’Em­ma­nuel Ma­cron. Quelques lignes suf­fi­ront tel­le­ment son dis­cours fut à la fois am­pou­lé et creux. J’y re­vien­drai dans ces co­lonnes quand nous en sau­rons un peu plus sur son pro­gramme. Le­dé­chaî­ne­ment­mé­dia­ti­queau­tour de ce non-évé­ne­ment en dit long sur notre contre-cultu­rede la­va­cui­té.

JJeu­di

Der­nier dé­bat de la pri­maire. Il faut sa­luer la di­gni­tédes candidats qui ont su gé­rer un dé­fi dif­fi­cile dans un­con­tex­ted’or­ga­ni­sa­tion dé­cou­su qui ne per­met­tait guère les dé­ve­lop­pe­ments éla­bo­rés. Les trois lea­ders, Alain Jup­pé, Fran­çois Fillon et Ni­co­las Sar­ko­zyont fait preu­vede sang-froid, les outsiders– àpart Mon­sieur Pois­son qui n’avait rien à fai­re­dans ce pha­lan­stère– ti­rant plus qu’ho­no­ra­ble­ment leur épingle du jeu. Je dé­cer­ne­rais vo­lon­tiers une men­tion spé­cia­leàNa­tha­lieKos­cius­koMo­ri­zet quiaé­té la seule à fai­reen­tendre une mu­si­queo­ri­gi­nale, la seule aus­si à s’ex­traire des échéances po­li­ti­ciennes pour si­tuer son propos dans le ca­dredes bou­le­ver­se­ments di­ri­mants qui nous at­tendent avec le nu­mé­ri- que. Dans cet­teas­sem­blée­pour le­moins condes­cen­dante, la seule fem­me­par­ti­ci­pant à l’échauf­fou­rée a fait preu­ved’hu­mour et de pros­pec­tive. Décidément, la droite fe­rait bien de moins re­nâ­cleràé­ta­blir, en­fin, une ré­pu­blique pa­ri­taire.

SSa­me­di

Après onze jours de dis­cus­sions, laCOP de Mar­ra­kech sur le cli­mat ferme ses portes. Les in­cer­ti­tudes liées à la­nou­velle ad­mi­nis­tra­tion amé­ri­caine ren­daient cette réunio­naf­fli­geante et sur­réa­liste, un peu com­meun ma­riage ou le ma­rié ne se­rait pas ve­nu. Der­rière les masques de sa­tis­fac­tion et les sou­rires for­cés, les in­quié­tudes sont grandes alorsque  est l’an­née la plus chaude de­puisque sont ef­fec­tués des re­le­vés de tem­pé­ra­ture. Seuls une ving­tai­nede pays se sont en­ga­gésàa­dop­ter une éco­no­mie bas car­bone, et en­co­reàl’échéan­cede , la so­cié­té­ci­vi­leà­qui l’on fait mi­roi­ter les bé­né­fices at­ten­dus des nou­veaux­modes de pro­duc­tion peu ou pas émet­teurs de gazàef­fet de ser­ren’y croit pas. De toutes fa­çons, au­cune sanc­tion n’aé­té pré­vue contre les états qui ne res­pec­te­raient pas les en­ga­ge­ments sous­critsàPa­ris en no­vembre . Àcourt terme, Do­nald Trump ne peut res­pec­ter ses en­ga­ge­ments­de­créa­tions d’em­plois­qu’en fai­sant tour­nerà­plein ré­gime une éco­no­mie ba­sée sur le char­bon et les hy­dro­car­bures non conven­tion­nels. Dans cet­te­pers­pec­tive, la Chine sui­vra ces­pra­ti­ques­pré­da­trices pour ne pas être­dé­cro­chée par son prin­ci­pal concur­rent. La lut­te­contre le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique ne peut se conce­voir qu’à l’aune de la pla­nète saufà­met­tre­hors cir­cuit les bons élèves, ain­si l’Unio­neu­ro­péenne qui se fixeen­ce­do­maine des ob­jec­tif­sen­co­re­plus durs et plus coû­teux rui­nant un­peu plus sa com­pé­ti­ti­vi­téet ses em­plois. Mes amis, nous sommes mal bar­rés...

« Le dis­cours d’Em­ma­nuelMa­cron fut àla­fois am­pou­lé et creux »

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